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	<title>Sang et chlorophylle</title>
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	<description>J'ai rêvé d'un autre monde...</description>
	<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 17:49:15 +0000</pubDate>
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		<title>Home, est-ce bien sérieux?</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 17:47:58 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[et sur AgoraVox : lien sur l&#8217;article
Home, Yann Arthus-Bertrand : est-ce bien sérieux ?

Home, un film avec des images remarquables qui montrent tout le talent du très grand photographe qu’est Yann Arthus-Bertrand. Positif dans son introduction comme dans sa conclusion, dommage que son développement soit émaillé d’erreurs grossières et de commentaires à la limite du spécieux, très [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>et sur AgoraVox : <a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/home-yann-arthus-bertrand-est-ce-57125">lien sur l&#8217;article</a></p>
<h1><span style="color: #ff0000">Home, Yann Arthus-Bertrand : est-ce bien sérieux ?</span></h1>
<div class="chapo">
<p>Home, un film avec des images remarquables qui montrent tout le talent du très grand photographe qu’est Yann Arthus-Bertrand. Positif dans son introduction comme dans sa conclusion, dommage que son développement soit émaillé d’erreurs grossières et de commentaires à la limite du spécieux, très sûrement volontaires, compte tenu de l’expérience de communicateur qu’est aussi devenu Arthus-Bertrand. Exemples :</p></div>
<p style="text-align: center"><img class="topimage aligncenter" src="http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L225xH300/homa-2b184-0af11.jpg" alt="" /></p>
<div>—&gt; <a href="http://www.youtube.com/homeprojectfr">Si la glace du Groenland fondait les mers et les océans monteraient de 7 mètres </a> !</div>
<div>Faux ! En effet, les mers et les océans occupent 72 % de la surface de notre planète. Si l’eau montait de 7 mètres cela ferait, au minimum et sans tenir compte que beaucoup de rivages seraient alors recouverts, quelques 2 570 373 klm3 d’eau supplémentaires (avec un rayon terrestre de 6371,007 klm). Or, sachant qu’un litre d’eau représente environ 1,1 litre de glace, cela veut dire, qu’actuellement, il y a 1,3 klm d’épaisseur de glace, uniformément sur chacun des 2 175 000 km2 de terre (les creux et les sommets) du Groenland. Si cela est possible au Nord et en son milieu, où la couche peut atteindre 3 klm dans certaines vallées, cela ne l’est plus du tout au Sud, où elle fait zéro centimètre en été. En fait, personne ne sait vraiment combien de mètres cubes représentent la calotte glacière de cette île. Les estimations vont de <a href="http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport_WWF_glace_arctique_fonte_rapide_4962.php4">2,9 millions de mètres</a> cubes à <a href="http://iahs.info/redbooks/a055/055006.pdf">2,7 millions de klm </a>cubes. Les acteurs économiques qui vivent du réchauffement climatique prennent bien sûr les très inquiétants 2,7 millions de klm cubes, les autres, seulement 2,9 millions de mètres cubes. La différence est énorme, et personne ne prend la peine de vérifier quoi que ce soit.</div>
<div>Par ailleurs, les <a href="http://www.notre-planete.info/actualites/actu_758.php">dernières mesures sur l’épaisseur </a>de cette glace, en novembre 2005, montrent qu’elle augmente et non pas qu’elle diminue.</div>
<div>Rappelons enfin, à Arthus-Bertrand, que le nom de Groenland signifie dans la langue de ses autochtones danois &#8220;terre verte&#8221;. Pourquoi verte ? Parce qu’il y a 1000 ans environ, le Groenland était une île recouverte de verdure et très arborée. Donc, par définition, sans glace ou presque. Pourtant le niveau des mers et des océans ne recouvrait pas ce pays et n’avait pas 7 mètres de plus qu’aujourd’hui.</div>
<div>Est-ce bien sérieux ? Pourquoi ne pas tout dire alors que l’on défend une belle cause ?</div>
<div>—&gt; Les rivières ne coulent plus du Kilimandjaro !</div>
<div>Faut-il rappeler que le Kilimandjaro est un stratovolcan éteint de Tanzanie et que les seules rivières qu’il a abritées, il y a environ 750 000 ans, étaient des rivières de lave.</div>
<div>Pourquoi laisser entendre que nous sommes responsables de la disparition des rivières de ce volcan, qu’il n’a jamais eues ?</div>
<div>Est-ce bien sérieux ?</div>
<div>Etc, etc. Et par la suite, dans la discussion avec Calvi, le DG du WWF annonce que les pets des vaches sont responsables de 30 % du réchauffement climatique ? Et son collègue de renchérit en disant que … dans 10 ans c’est la fin du monde si on ne fait rien dès maintenant … mais pour lui c’est déjà trop tard !</div>
<div>Ces discours réjouiraient Thomas R. Malthus (1766-1834) qui annonçait en 1798 que la Terre ne pourrait pas nourrir plus d’un milliard de personnes. Et le rapport Dennis L. Meadows de 1972 et 1974, qui sous l’égide du Club de Rome, annonçait la fin du pétrole 20 ans plus tard et qu’une croissance de zéro pourcent devenait indispensable !</div>
<div>Est-ce bien sérieux ? Est-ce bien sérieux de vouloir construire un nouveau monde sur des données totalement farfelues ?</div>
<div>Alors bien sûr, sous tout cela il y a un business fabuleux et porteur d’avenir. Ce thème alimente des flux financiers de plusieurs milliards de dollars US chaque et, in fine, des emplois. Bravo ! Mais, faisons du business tout en restant sérieux !</div>
<div>Alors, qui ne souhaite pas protéger la planète ? Qui ne désire pas une croissance durable qui n’empêche pas les pays pauvres de se développer tout en préservant le futur ? Mais quel contribuable acceptera de payer pour empêcher que les bovins fassent des pets ou que le Kilimandjaro se réveille à nouveau pour montrer que ses rivières ont bien existé ?</div>
<div>Dommage que de si belles images soient gâchées par le commentaire des fois erroné de Yann Arthus-Bertrand et suivi d’une discussion dans laquelle figurait deux ou trois hommes ou plutôt deux ou trois intégristes de l’écologie &#8230;</div>
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		<title>Le film auquel vous n&#8217;échapperez pas&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 21:33:28 +0000</pubDate>
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		<title>Âge de glace, Bilderberg et pandémie</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 21:51:10 +0000</pubDate>
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		<title>Paul-Éric Blanrue : « Sarkozy a renversé les valeurs de notre République »</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 21:45:57 +0000</pubDate>
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Entretien avec l’auteur de « Sarkozy, Israël et les juifs »
par  Thierry  Meyssan




Mondialisation.ca, Le 27 mai 2009




Réseau Voltaire








Le dernier livre de l’historien à succès Paul-Éric Blanrue ne sera pas disponible dans les librairies françaises. Non que son contenu ait été condamné par les tribunaux, mais parce qu’au mépris total de la liberté d’expression, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table id="ViewArticleTable" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" width="100%">
<tbody>
<tr>
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<div class="articleSubTitle">Entretien avec l’auteur de « Sarkozy, Israël et les juifs »</div>
<div class="articleAuthorName">par  Thierry  Meyssan</div>
</td>
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<div class="bigArticleText12"><a href="http://www.voltairenet.org/">Réseau Voltaire</a></div>
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</tr>
<tr>
<td colspan="2" align="left">
<div class="bigArticleText" style="margin-right: 10px">
<p align="justify">Le dernier livre de l’historien à succès Paul-Éric Blanrue ne sera pas disponible dans les librairies françaises. Non que son contenu ait été condamné par les tribunaux, mais parce qu’au mépris total de la liberté d’expression, le distributeur de son éditeur a tout simplement décidé de ne pas le diffuser C’est que son sujet est explosif : les liens entre le président de la République française et la colonie juive de Palestine.<br />
Grâce à la concentration économique dans le domaine de l’édition, la censure politique ne passe plus par des institutions publiques, mais par de grands groupes privés.</p>
<p>Le Réseau Voltaire a interrogé l’écrivain et a décidé de diffuser son ouvrage par correspondance.</p>
<p align="justify"><strong><img src="http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/1-177.jpg" alt="JPEG - 17.8 ko" width="400" height="300" /></strong></p>
<p><strong></strong>Paul-Éric Blanrue, historien, auteur de <em><a class="spip_out" href="http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=90">Sarkozy, Israël et les juifs</a></em><br />
<strong><br />
Thierry Meyssan</strong> : <em>Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier</em> <a class="spip_out" href="http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=90">Sarkozy, Israël et les juifs</a> [<a id="nh1" class="spip_note" title="Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb1">1</a>].<em> Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, </em>Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine<em> [<a id="nh2" class="spip_note" title="Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb2">2</a>]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?</em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis. Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire. Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [<a id="nh3" class="spip_note" title="CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France." rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb3">3</a>], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens ! Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah ! Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées. Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » ! Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidémiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?</em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides. Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec <em>zetein</em> : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges. Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct. Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [<a id="nh4" class="spip_note" title="Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb4">4</a>], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter. De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [<a id="nh5" class="spip_note" title="Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb5">5</a>]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?</em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, <em>Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme</em> [<a id="nh6" class="spip_note" title="Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb6">6</a>], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, </em>L’Effroyable imposture 2<em> [<a id="nh7" class="spip_note" title="L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb7">7</a>]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?</em></p>
<dl>
<dt>
<div><img src="http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/1-178.jpg" alt="JPEG - 12.7 ko" width="220" height="334" /></div>
</dt>
<dd>
<div><a class="spip_out" href="http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=90"><em>Sarkozy, Israël et les juifs</em></a>, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp. Ouvrage recommandé et diffusé par le Réseau Voltaire.</div>
</dd>
</dl>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais. En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait <em>Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse</em> [<a id="nh8" class="spip_note" title="Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nb8">8</a>]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de <em>L’Express</em>, a fait la une de <em>Technikart</em> et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée. Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France ! Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs. La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?</em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël. Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale. Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate <em>Germinal</em> lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France. Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?</em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle. Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?</em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !</p>
<p align="justify"><strong>Thierry Meyssan</strong> : <em>Terminons par une note plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ? </em></p>
<p align="justify"><strong>Paul-Éric Blanrue</strong> : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres. L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion. Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques… Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du <em>Monde</em> ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés. Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses. Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes. Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves. Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ? C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?</p>
<hr />[<a id="nb1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh1">1</a>] <a class="spip_out" href="http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=90"><em>Sarkozy, Israël et les juifs</em></a>, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.[<a id="nb2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh2">2</a>] <em>Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine</em>, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.</p>
<p>[<a id="nb3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh3">3</a>] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.</p>
<p>[<a id="nb4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh4">4</a>] Voir <em>Est-il permis de critiquer Israël ?</em>, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.</p>
<p>[<a id="nb5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh5">5</a>] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.</p>
<p>[<a id="nb6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh6">6</a>] <em>Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme</em>, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.</p>
<p>[<a id="nb7" class="spip_note" title="Notes 7" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh7">7</a>] <a class="spip_out" href="http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=57"><em>L’Effroyable imposture 2</em></a>, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.</p>
<p>[<a id="nb8" class="spip_note" title="Notes 8" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article160311.html#nh8">8</a>] <em>Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse</em>, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.</p>
<hr /><em><strong>Thierry Meyssan</strong> : Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : </em><a class="spip_out" href="http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=57"><em>L’Effroyable imposture 2</em></a><em> (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).</em></div>
</td>
</tr>
<tr>
<td class="bigArticleText" valign="middle"><em>Thierry  Meyssan est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  <a href="http://www.mondialisation.ca/index.php?context=listByAuthor&amp;authorFirst=Thierry&amp;authorName=Meyssan">Articles de Thierry  Meyssan publiés par Mondialisation.ca</a></em></td>
</tr>
</tbody>
</table>
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		<item>
		<title>La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 21:43:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>

		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>

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		<title>Lettre ouverte au Peuple de France</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 21:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>

		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>

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 Écrit par Simon Davies 


TUESDAY, 04 DECEMBER 2007 18:27


Simon Davies
Sott.net

Ce n&#8217;était pas au menu, ça !
(pancarte : grève générale)
Citoyens de France,
Que ressentiriez-vous si : 
Vous deviez contracter une assurance médicale privée onéreuse pour être sûr de bénéficier de soins médicaux ?
Chaque hôpital refusait tout soins médicaux à ceux qui n&#8217;ont pas d&#8217;assurance médicale privée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table class="contentpaneopen" border="0">
<tbody>
<tr>
<td class="contentheading" width="100%"><a class="contentpagetitle" href="http://futurquantique.org/la-politique/264-lettre-ouverte-au-peuple-de-france"><br />
</a></td>
<td class="buttonheading" width="100%" align="right"><a title="Imprimer" href="http://futurquantique.org/la-politique/264-lettre-ouverte-au-peuple-de-france?tmpl=component&amp;print=1&amp;page="><img src="http://futurquantique.org/images/M_images/printButton.png" alt="Imprimer" /></a></td>
<td class="buttonheading" width="100%" align="right"><a title="Email" href="http://futurquantique.org/component/mailto/?tmpl=component&amp;link=aHR0cDovL3d3dy5mdXR1cnF1YW50aXF1ZS5vcmcvbGEtcG9saXRpcXVlLzI2NC1sZXR0cmUtb3V2ZXJ0ZS1hdS1wZXVwbGUtZGUtZnJhbmNl"><img src="http://futurquantique.org/images/M_images/emailButton.png" alt="Email" /></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<table class="contentpaneopen" border="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top"><span class="small"> Écrit par Simon Davies </span></td>
</tr>
<tr>
<td class="createdate" valign="top">TUESDAY, 04 DECEMBER 2007 18:27</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Simon Davies<br />
Sott.net</p>
<div style="text-align: center"><img src="http://www.sott.net/image/image/4786/medium/greve.jpg" border="0" alt="" width="261" height="362" /></div>
<div style="text-align: center">Ce n&#8217;était pas au menu, ça !</div>
<div style="text-align: center">(pancarte : grève générale)</div>
<p>Citoyens de France,</p>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia">Que ressentiriez-vous si :<span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia"> </span></span></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous deviez contracter une assurance médicale privée onéreuse pour être sûr de bénéficier de soins médicaux ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Chaque hôpital refusait tout soins médicaux à ceux qui n&#8217;ont pas d&#8217;assurance médicale privée ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Il n&#8217;y avait pas le filet de la sécurité sociale, pas d&#8217;assurance chômage pour vous-même, votre famille et vos enfants ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous deviez travailler 40 à 60 heures par semaine avec une seule semaine de vacances par an – et cela seulement après avoir travaillé pendant un an ou deux ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous deviez emprunter de l&#8217;argent chaque année juste pour nourrir votre famille et garder un toit au-dessus de vos têtes ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous deviez emprunter 100 000 euros pour payer les études universitaires de votre enfant ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous aviez une dette bancaire tellement énorme que vous ne seriez jamais capable de la rembourser et ne pourriez jamais cesser de travailler jusqu&#8217;à votre mort ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Les universités étaient financées par des entreprises et obligées d&#8217;enseigner seulement ce que ces entreprises jugent important ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Toute l&#8217;infrastructure de la France et les richesses nationales étaient « privatisées » au bénéfice de quelques élites opulentes qui vous disent ce que vous pouvez ou non faire dans votre propre pays et vous font payer les ressources naturelles qui sont actuellement le bien commun de tous ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Si vous pouvez imaginer ce que serait la vie dans de telles circonstances, alors vous savez à quoi ressemble la vie aujourd&#8217;hui pour une majorité d&#8217;Américains. Les Américains pensent qu&#8217;il est normal de travailler 50 heures par semaine avec seulement une semaine de vacances par an. Il y a beaucoup d&#8217;histoires horribles sur des Américains sans assurance refusés dans les hôpitaux. Le système d&#8217;éducation américain a abouti à un taux d&#8217;alphabétisation de 50 % et seuls les riches peuvent accéder à l&#8217;université.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Les Américains croient qu&#8217;une telle vie – une vie basée sur la quantité d&#8217;argent que vous possédez – est le symbole de la liberté, parce qu&#8217;ils ont subi un lavage de cerveau qui leur fait croire que l&#8217;argent fait l&#8217;homme. Voulez-vous la même chose pour la France ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous ne me connaissez pas personnellement, mais pour paraphraser une réplique du film <em>V pour Vendetta :</em> « Je suis Edmond Dantès&#8230; et je suis votre père. Et votre mère&#8230; votre frère&#8230; votre ami. Je suis vous&#8230; et moi. Je suis chacun d&#8217;entre nous. »</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Dans la vraie vie, je suis un ancien banquier d&#8217;affaires pour une de vos plus grosses banques. J&#8217;ai des diplômes en économie et j&#8217;ai passé la majeure partie de ma vie d&#8217;adulte à observer les mouvements du capital international et la façon dont il est manipulé par les gouvernements et les grandes entreprises pour satisfaire à leurs propres objectifs. Je suis aussi rédacteur pour le site <a href="http://www.sott.net/"><span style="text-decoration: underline;color: #432b1a">http://www.sott.net/</span></a> parce que je le considère comme la voix de la Vérité la plus limpide sur Internet. Mais, assez parlé de moi. C&#8217;est de vous, c&#8217;est de la France dont je veux parler.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">De nombreux citoyens français se rappellent à quel point la France dormait pendant les années 1930, alors que l&#8217;Allemagne se réarmait et concoctait ses plans de domination européenne, des plans qui n&#8217;étaient pas cachés mais fièrement annoncés par Hitler et ses nazis, pourtant la France dormait et en a subi les conséquences horribles et inévitables. Peuple de France, votre président – un représentant de la cabale de l&#8217;élite mondiale et corporatiste avide de pouvoir – a énoncé ses plans clairement tout comme Hitler l&#8217;a fait, et encore maintenant vous dormez. Vous êtes en train d&#8217;être envahis, non pas par une armée, mais par des idées malveillantes et répugnantes répandues par vos leaders politiques et les médias. Le but est d&#8217;infecter vos esprits avec ces idées et de faire du peuple français l&#8217;architecte de sa propre destruction. Quand votre président parle d&#8217;une « rupture » avec le passé, ce qu&#8217;il veut dire, c&#8217;est une rupture de la société française ; la destruction de la manière de vivre à la française, et cela ne sera pas moins horrible que l&#8217;invasion précédente par Hitler et ses hordes.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">John Fitzgerald Kennedy a prononcé ce discours maintenant célèbre :</p>
<blockquote><p><span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia">« Car nous sommes confrontés, à l&#8217;échelle mondiale, à une conspiration monolithique et impitoyable qui s&#8217;appuie essentiellement sur des moyens voilés pour étendre sa sphère d&#8217;influence ; sur l&#8217;infiltration plutôt que l&#8217;invasion ; sur la subversion plutôt que les élections ; sur l&#8217;intimidation plutôt que le libre choix ; sur les guérillas nocturnes plutôt que les armées en plein jour. C&#8217;est un système qui a enrôlé de vastes ressources humaines et matérielles pour la construction d&#8217;une machine hautement efficace, bien soudée, qui combine des opérations militaires, diplomatiques, d’espionnage, économiques, scientifiques et politiques. Ses préparatifs sont dissimulés, pas publiés. Ses erreurs sont enterrées, pas mises en lumière, ses dissidents sont réduits au silence, pas glorifiés ; aucune dépense n&#8217;est remise en question, aucune rumeur imprimée, aucun secret dévoilé. En bref, elle mène la guerre froide, avec une discipline de guerre qu&#8217;aucune démocratie n&#8217;oserait espérer atteindre&#8230; »</span></p></blockquote>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Votre ennemi est bien organisé, a un financement illimité, est mondial, impitoyable et a quasiment le contrôle total des médias. Votre ennemi est parmi vous, et en de nombreuses façons, en vous, car vous avez été conditionnés à penser en termes limités, et de là, auto-limitants. Votre ennemi projette de détruire vos structures sociales paternalistes par l&#8217;introduction de ce que l&#8217;on nomme un modèle économique « néolibéral américain » ; ou comme la journaliste Naomi Klein l&#8217;a nommé, un « <a href="http://www.penguin.co.uk/nf/Book/BookDisplay/0,,9780713998993,00.html"><span style="text-decoration: underline;color: #432b1a">Capitalisme du désastre</span></a> ».</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Vous avez été amenés à croire que la France est en quelque sorte protégée des prédations de l&#8217;économie néolibérale. Cela a été accompli en grande partie en vous maintenant ignorants de la vérité, à cause de la barrière du langage. Le monde anglophone est gorgé d&#8217;avertissements sur ce que l&#8217;économie libérale veut dire, pourtant la littérature disponible en France sur ce sujet des plus importants est limitée. Pourquoi cela ? Comment se fait-il que vous en sachiez si peu sur ce qui se passe vraiment hors de France ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">M. Sarkozy tente de manipuler cette ignorance et d&#8217;encourager un intérêt personnel et une jalousie extrêmes, qui sont hérésie pour la psyché française. Bien qu&#8217;ils hésitent à l&#8217;admettre, beaucoup des supporters de M. Sarkozy issus des classes moyennes (supérieures) sont motivés par la jalousie. Ils sont jaloux des avantages sociaux dont jouissent les fonctionnaires et sont manipulés par M. Sarkozy pour soutenir une politique qui dépouillerait les fonctionnaires de ces avantages. Ce que cette classe moyenne échoue à comprendre, c&#8217;est qu&#8217;en soutenant actuellement l&#8217;action gouvernementale contre la classe ouvrière, ils se préparent eux-mêmes un traitement similaire dans un avenir proche.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Ne vous y trompez pas, les seuls gagnants qui émergeront de la « rupture » de M. Sarkozy seront l&#8217;élite dirigeante, les grandes entreprises internationales et les vautours étrangers qui becquetteront les os de la France. Les classes moyennes/professionnelles qui soutiennent actuellement M. Sarkozy perdront aussi leur confort de vie, ils ne le savent simplement pas encore. Ils croient que par quelque mécanisme miraculeux, ils deviendront plus riches aux frais du travailleur ordinaire et que cela est « juste », « nécessaire » et « moderne ». Il se peut que l&#8217;élite dirigeante permette qu&#8217;une petite part des richesses de la France soit « prêtée » aux classes moyennes à court terme, et qu&#8217;elle achète ces classes moyennes pour quelques euros, mais cela sera transitoire et finalement illusoire. Croyez-moi, je le sais. La banque c&#8217;est mon métier. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le mécanisme utilisé pour soudoyer les classes moyennes a été l&#8217;inflation immobilière. Au cours de ces dernières années, un boom massif des valeurs immobilières a été manigancé pour fournir l&#8217;illusion de la richesse. Pourtant aujourd&#8217;hui, alors que les prix commencent à chuter, cette richesse s&#8217;évapore tandis que la dette contractée pour acquérir ces propriétés reste bien réelle et s&#8217;accroît de plus en plus, ce qui sonnera au final le glas des classes moyennes dans ces pays.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">M. Sarkozy est un homme malin et impitoyable. Il sait qu&#8217;il ne peut pas persuader la France d&#8217;accepter le néolibéralisme (1), et au final, le fascisme, de façon directe. Il doit manipuler la France pour l&#8217;amener dans une situation où le résultat sera un « fait accompli ». Comment cette manœuvre sera-t-elle réalisée ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">C&#8217;était le sujet discuté par les rédacteurs de SOTT juste avant le début des récentes grèves françaises. Nous avons remarqué qu&#8217;une situation similaire existait au Royaume-Uni quand Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979, « engagée dans un programme clair visant à la réduction du pouvoir et de l&#8217;influence des syndicats » (2), et avec des plans soigneusement formulés pour « rompre » le pouvoir de la classe ouvrière britannique. Nous avons spéculé que des tactiques similaires pourraient être utilisées en France. Et ainsi, puisque la banque, c&#8217;est mon métier, on m&#8217;a demandé de creuser le sujet et de vous présenter, à vous, peuple de France, les grandes lignes de votre avenir.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">La clé du succès de Margaret Thatcher a été une politique de « rupture » et l&#8217;installation du néo-libéralisme en Grande-Bretagne a été longuement préparée :</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">a.. Une augmentation massive du chômage, a été manigancée, en particulier</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">chez les minorités raciales, tandis que le gouvernement trafiquait les statistiques du chômage. La conséquence en fut une série d&#8217;émeutes majeures dans les zones urbaines les plus pauvres.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">b.. Des tactiques policières peaufinées pendant des années en Irlande du Nord ont alors été utilisées pour manipuler l’opinion : les attaques organisées en Irlande par des groupes manipulés avaient alors conditionné l&#8217;esprit du public à la nécessité d&#8217;une violence policière massive de l’armée pour « défendre la loi et l&#8217;ordre ».</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">c.. Des dirigeants syndicaux ont été mis en place, dont on savait que, par la suite, leur comportement ne pourrait que les faire passer pour des &#8220;« lâches », affaiblissant ainsi l&#8217;unité parmi les syndicats.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">d.. Dans les industries où étaient implantées les syndicats les plus forts, des provocations délibérées ont été utilisées pour susciter des grèves. Une « guerre d&#8217;usure » a été menée par des attaques diffuses et proportionnées de la part du gouvernement : aucune n&#8217;était assez violente</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">pour que les militants de base des syndicats ne réalisent qu’elles préparaient une confrontation majeure.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">e.. Quand les syndicats sortaient vainqueurs, de nouvelles lois limitant les droits des travailleurs à la grève ont été introduites. Le gouvernement a soigneusement analysé son ennemi, observé ses réactions et surtout rendu illégaux la plupart de ses moyens de protestation, annihilant ainsi la capacité des travailleurs à exercer leurs droits et neutralisant ainsi leur pouvoir.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Après cela, Thatcher était prête pour la bataille finale. Son gouvernement a été réélu en profitant de l&#8217;euphorie nationale générée par la guerre des Malouines et ses stratèges étaient prêts à affronter n’importe quel conflit ouvert avec les syndicats et la classe ouvrière. La faiblesse des syndicats et les nouvelles lois qui empêchaient les grèves sans vote majoritaire d&#8217;un scrutin syndicaliste ont donné au gouvernement l’autorité et le soutien public nécessaires pour finalement mettre au pas les travailleurs de l&#8217;industrie la plus vulnérable du pays, les mines de charbon.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Les parallèles avec la France sont trop évidents pour être ignorés. Le même travail de préparation a commencé. Comme Margaret Thatcher en 1982, M. Sarkozy est au début d&#8217;un nouveau mandat et revendique le soutien de l’électorat. Margaret Thatcher avait prononcé ces phrases célèbres : « Il n&#8217;y a pas d&#8217;autre choix » et « La dame [de fer] n’aime pas le changement de direction » ; Sarkozy dit : « Nous ne nous rendrons pas et nous ne battrons pas en retraite&#8230; La France a besoin de réformes pour relever les défis que lui impose le monde. »</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">En supposant que M. Sarkozy ait retenu quelque chose non seulement des conflits salariaux britanniques, mais aussi mondiaux, nous avons émis cette hypothèse il y a deux semaines :</p>
<blockquote>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">1. M. Sarkozy cherchera à consolider ses objectifs et à s&#8217;assurer que les médias focalisent l&#8217;attention du public sur un point de la réforme où les syndicats sont les plus faibles et la sympathie du public peu probable.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">2. Afin de marginaliser davantage les travailleurs dans l&#8217;esprit du public, des évènements violents seront montés en sauce ou provoqués (opérations false flag) de façon à éloigner les grévistes des « gens ordinaires ». Les médias monteront en épingle ces questions, de façon disproportionnée par rapport aux faits concernés.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">3. Les dirigeants syndicaux auront l&#8217;air de lapins figés dans les phares d&#8217;une voiture tandis que les médias se focaliseront sur le « mal » des ces évènements délibérément provoqués.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">4. Les points 1, 2 et 3 entraîneront une division dans l&#8217;opposition aux réformes – cela sera monté en épingle par les médias alors que, selon toute vraisemblance, la « division » portera sur des détails, et non sur les principes. Les médias se focaliseront sur ceux qui s&#8217;opposent aux grèves, et pas sur ceux qui ont des griefs valides ne pouvant être défendus que par la grève.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">5. Les ministres bénéficieront d&#8217;un large espace médiatique et d&#8217;un large temps d&#8217;antenne pour condamner les grévistes pour leur « égoïsme » et leur « manque de responsabilité sociale ». Les grévistes seront accusés de « menacer la grandeur de la France », de « refuser la modernisation », de « mettre des vies en danger », de « tenir le pays en otage », de « causer le chaos économique ».</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">6. La violence éclatera en des points-clés entre les grévistes et ceux s&#8217;opposant officiellement aux grèves. Dans tous les cas, les grévistes seront rendus responsables de la violence. On fera appel à la police pour « supprimer la violence » alors qu&#8217;en fait, elle l&#8217;enflammera.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">7. Dans les zones des classes ouvrières pauvres, des évènements seront créés pour générer une réponse violente des « masses » et conditionner l&#8217;esprit du public à la nécessité des violences policières et des CRS « pour défendre la France ».</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">8. Les véritables termes des négociations entre le gouvernement et les syndicats seront gardés secrets, ou voilés au public. Les vrais termes seront si désavantageux pour les travailleurs qu&#8217;ils ne pourraient décemment pas les accepter, et pendant ce temps, l&#8217;attention du public sera focalisée sur une « issue ingagnable », une issue qui recueille peu de sympathie de la part du public. Les travailleurs feront à nouveau la grève et descendront dans la rue.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">9. À ce moment, la violence éclatera sur les piquets de grève et les CRS seront envoyés contre les grévistes. De petits groupes de grévistes seront montrés comme étant très violents. Ces individus (possiblement des agents provocateurs) seront utilisés pour discréditer tout le travail du mouvement syndical, et on exigera des dirigeants syndicaux qu&#8217;ils se distancent de la violence, tendant ainsi la victoire à M. Sarkozy dans l&#8217;arène de l&#8217;opinion publique et dans les esprits des travailleurs modérés.</p>
</blockquote>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Les événements de ces deux dernières semaines nous ont donné raison. La stratégie de M. Sarkozy a suivi nos spéculations à la lettre, mais ce n&#8217;est que le début.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">On a permis à M. Sarkozy d&#8217;établir le programme de la réforme des retraites. La provision pour un départ anticipé chez les travailleurs exerçant des emplois pénibles, comme les chemins de fer, était juste quand le travail était plus difficile, mais elle est maintenant largement vue comme dépassée. Un « sabotage » opportunément orchestré a divisé les syndicats et l&#8217;opinion publique, les dirigeants syndicaux sont restés figés et ont brisé les rangs vendredi dernier, sous le feu des médias généré par le « sabotage ». La violence « a éclaté » dans les universités, et il y a 5 nuits, 2 personnes ont été tuées dans un « accident » avec la police, et des « émeutes » prévisibles se sont ensuivies pendant trois nuits. Tout se déroule selon le plan !</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Un récent article de la presse dominante illustre en grande partie la question :</p>
<blockquote><p><a href="http://ap.google.com/article/ALeqM5iA9xbOvCPNBuaPgXjj8_apj09GqAD8T3I3000"><span style="text-decoration: underline">Les Grèves Françaises s&#8217;arrêtent</span></a></p>
<p>AP – 24 novembre 2007</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">PARIS – Le président français <strong>Nicolas Sarkozy s&#8217;est concentré sur une bataille gagnable, a divisé l&#8217;opposition et semble avoir pris le dessus</strong> après neuf jours de grèves chez les cheminots en colère.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Pourtant, des tensions subsistent alors que le débrayage a cessé et que le trafic ferroviaire a commencé à reprendre vendredi. <strong>La violence des étudiants protestataires</strong> a provoqué la fermeture de la Sorbonne et soulevé des inquiétudes sur la façon dont Sarkozy et ses <strong>compatriotes résisteront à ses plans laborieux destinés à rénovés une France qui stagne, un France résistante à la réforme.</strong></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Sarkozy a remporté ce qui est considéré comme une victoire nécessaire à son programme de réforme plus général, en faisant face aux cheminots remontés contre son objectif de les faire travailler plus longtemps pour bénéficier d&#8217;une retraite.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px"><strong>« Cette réforme, je l&#8217;ai promise, je l&#8217;ai tenue », a-t-il déclaré confiant, dans un discours vendredi dernier.</strong></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Jeudi, les cheminots se sont mis d&#8217;accord pour reprendre le travail sur la promesse de pourparlers qui pourraient adoucir – mais sans la compromettre – la réforme des retraites.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px"><strong>En résistant aux cheminots, Sarkozy espérait briser le recours instinctif des syndicats aux grèves, comme Margaret Thatcher le fit en tenant bon face aux mineurs de charbon,</strong> et comme Ronald Reagan le fit avec les contrôleurs de trafic aérien dans les années 1980.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px"><strong>Sarkozy a astucieusement placé une barrière entre les syndicats militants et modérés lors de la grève des transports prolongée</strong>, et les socialistes de l&#8217;opposition n&#8217;ont pas pu résister à <strong>ses tactiques guerrières méthodiques</strong>. Sarkozy a exprimé l&#8217;espoir qu&#8217;à l&#8217;avenir, les syndicats « préféreront toujours les négociations à la confrontation. »</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Cela marquerait un changement majeur pour la France.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">L&#8217;élection de Sarkozy en mai dernier – sur la base d&#8217;un programme de « rupture » dramatique avec le passé – a montré que la plupart des Français étaient prêts au changement. <strong>Les banlieusards depuis longtemps habitués aux débrayages ont rapidement perdu patience lors de cette grève des transports, et ont été prompts à critiquer les cheminots grévistes défendant des privilèges considérés pour la plupart comme injustes.</strong></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Arial;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 13px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia;font-size: 12px"><span style="color: #000000">« </span>Au moment où la grève s&#8217;achève, où la raison l&#8217;emporte, ma première pensée va aux millions de Français&#8230; qui n&#8217;en peuvent plus après près dix jours de galère&#8230; <span style="color: #000000">à ces millions de Français qui n&#8217;ont pas à être pris en otage dans un conflit qui ne les concerne pas», a-t-il dit.</span></span></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Arial;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 13px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia;font-size: 12px"> </span></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Mais des millions ont voté contre Sarkozy et ne sont pas prêts à lui donner carte blanche. Les pourparlers avec les cheminots seront certainement tendus, et certains syndicats menacent de nouvelles grèves s&#8217;ils n&#8217;obtiennent pas assez de concessions. <strong>Et la réforme des retraites n&#8217;est qu&#8217;un détail que Sarkozy a dans sa manche concernant l&#8217;avenir de la France</strong>.</p>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia"><strong>Il dit que la France a trop de fonctionnaires qui pèsent sur le gouvernement endetté.</strong> Les 5 millions de fonctionnaires de France ne sont pas tous d&#8217;accord avec cela, et beaucoup résistent aux suppressions de postes et demandent à être mieux payés. Ils ont tenu leur première grève mardi et menacent de continuer.</span></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px"><strong>Le plan de Sarkozy de renoncer au système rigide et compliqué des contrats de travail qui sous-tend le système de main-d’œuvre français </strong>risque fort d&#8217;être un sujet sensible.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Et puis il y a les universités récalcitrantes. Le campus de la Sorbonne était fermé vendredi, suite à <strong>la violence entre des étudiants protestant contre une réforme du financement des universités </strong>et d&#8217;autres étudiants essayant d&#8217;aller en cours.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Les étudiants ont bloqué le célèbre bâtiment de la Rive Gauche pendant des jours, mais ont eu recours vendredi à la « violence physique », a déclaré l&#8217;administration, qui a fermé l&#8217;école jusqu&#8217;à lundi. Les étudiants des grandes écoles et des universités envisagent de nouvelles protestations mardi.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Les voyageurs ont salué l&#8217;amélioration du trafic vendredi, même si on s&#8217;attend à ce que la reprise totale du trafic ferroviaire national et des transports publics parisiens et d&#8217;autres villes prenne des jours.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Avec un signal clair, la grève se terminait, certaines stations de métro reommençaient à encaisser les tickets vendredi. Pendant la grève, le transport sur les quelques rames en circulation était gratuit.</p>
</blockquote>
<p><span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia">Il est essentiel que chacun en France comprenne que la question de ces grèves n&#8217;est pas que les cheminots obtiennent un régime de retraite particulier ou non. Ces grèves sont le tranchant de la lame économique néolibérale plantée dans l&#8217;âme de la France socialiste.</span></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Et pourtant, il semble que la France soit à nouveau endormie et inconsciente des dangers. La France a été amenée par la ruse à penser que la question était la réforme des retraites. Un coup d’œil à l&#8217;espace médiatique relatif accordé aux grèves de la SNCF et du métro montre l&#8217;étendue du contrôle de M. Sarkozy. Car tandis qu&#8217;une partie de la grève des cheminots concerne les retraites, de nombreux autres travailleurs s&#8217;opposent à des « réformes » qui illustrent bien mieux la véritable nature du programme de Sarkozy.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">En permettant à M. Sarkozy et aux médias de se focaliser principalement sur la réforme des retraites, les syndicats ont donné à M. Sarkozy un énorme avantage. En reculant au moment crucial où les Français commençaient à voir la valeur de travailleurs dont de nombreuses personnes aimeraient détruire les droits, les syndicats lui ont tendu la victoire et ont scindé l&#8217;opposition auparavant unie.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">M. Sarkozy est un tyran qui a affirmé catégoriquement qu&#8217;il n&#8217;avait pas à écouter la volonté des gens. C&#8217;est la manière dont Tony Blair a traité les Britanniques et la manière dont George W. Bush traite les Américains.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Est-ce cela que vous voulez pour la France ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Cela fait mal à beaucoup d&#8217;entre nous, qui se réjouirent lorsque le détesté Jacques Chirac fit un pied de nez aux Américains et dit « Non ! » à l&#8217;invasion illégale de l&#8217;Iraq , de voir ce qui se produit en France ; il est en fait perturbant de réaliser que M. Sarkozy reçoit un quelconque soutien. Il est clairement évident que les États-Unis s&#8217;effondrent, le système financier mondial frôle le bord de l&#8217;abîme, et le modèle économique néolibéral a été exposé comme n&#8217;étant rien de plus qu&#8217;une version moderne du pillage et de la mise à sac issus d&#8217;un passé obscurantiste. Alors, M. Sarkozy a-t-il perdu la tête ? Ou prévoit-il d&#8217;entraîner la France dans l&#8217;abîme avec le reste des Capitalistes du désastre ?</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Malgré ce que M. Sarkozy peut déclarer, d&#8217;après mes interactions avec les citoyens français, le peuple de France n&#8217;accepte pas l&#8217;hégémonie mondiale belliqueuse des États-Unis et ne veut pas du cauchemar américain en France.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">Plus que jamais dans son histoire, le peuple de France doit défendre la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Ne vous y trompez pas, c&#8217;est une guerre pour la liberté de la France – une guerre de volontés souterraine – qui doit être menée de front. Mais par-dessus tout, vous devez résister avec vos cœurs, vos voix et vos corps mêmes à toute tentative de semer la division parmi vous. Unis vous tenez, divisés vous <em>tomberez</em>.</p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px"><strong>Notes :</strong></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px">(1) Le néolibéralisme est une étiquette désignant le libéralisme économique et décrivant la politique gouvernementale qui déclare promouvoir la concurrence de libre marché dans une économie donnée, et au final, mondiale. Développé par Milton Friedman et ses disciples à l&#8217;Ecole d&#8217;Economie de Chicago – <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberal"><span style="text-decoration: underline;color: #432b1a">http://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberal</span></a></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px;color: #432b1a"><span style="color: #000000">(2) Voir <a href="http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/3502759.stm"><span style="text-decoration: underline">http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/3502759.stm</span></a></span></p>
<p style="margin: 0px;font-family: Georgia;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: normal;font-size: 12px;color: #432b1a">
<p>Traduction française: Christelle F.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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		<title>Dix gestes pour (vraiment) sauver la planète</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2009 20:53:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Par  Aurélien BERNIER
son blog : http://abernier.vefblog.net/
Difficile d’ouvrir un magazine, de regarder un programme télévisé ou d’écouter la radio sans tomber, à un moment ou à un autre, sur une série de conseils pour obtenir son diplôme d’écologiste dans la vie de tous les jours. Ces sept, dix ou douze gestes qui soulageront à bon compte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="article-corps"><a href="http://www.legrandsoir.info/article6677.html"><img class="spip_logos" style="height: 167px;width: 250px" src="http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH167/arton6677-5b956.jpg" alt="" width="250" height="167" align="left" /></a></p>
<div class="article-auteur"><span style="color: #ff0000"><strong>Par  Aurélien BERNIER</strong></span></div>
<div class="article-auteur">son blog :<a class="spip_out" href="http://abernier.vefblog.net/"> http://abernier.vefblog.net/</a></div>
<div class="article-chapo">Difficile d’ouvrir un magazine, de regarder un programme télévisé ou d’écouter la radio sans tomber, à un moment ou à un autre, sur une série de conseils pour obtenir son diplôme d’écologiste dans la vie de tous les jours. Ces sept, dix ou douze gestes qui soulageront à bon compte notre conscience environnementale sont aussi subversifs que fermer le robinet quand on se brosse les dents ou éviter de prendre sa voiture pour aller à la boulangerie du village.</div>
<div id="article-complet" class="article-texte">
<p class="spip">Evidemment, les comportements individuels ont toute leur importance dans la préservation d’un environnement de plus en plus menacé, et il ne s’agit pas de les dénigrer. Mais cette rééducation écologiste organisée par les pouvoirs publics, relayée par les médias et appuyée par bien des financeurs privés a aussi un sens politique quand, dans le même temps, la plus grande discrétion couvre le lobbying effréné que mènent les grandes firmes pour échapper à la contrainte. De la même manière, les gouvernements prennent bien soin de ne jamais évaluer l’impact global des politiques libérales sur l’environnement, ce qui donnerait sans aucun doute le tournis. Pour ne citer qu’un exemple, l’Union européenne, que chacun s’accorde à trouver « en pointe sur les questions environnementales », continue de consacrer 50 milliards d’euros par an pour soutenir une agriculture intensive destructrice des écosystèmes et de la paysannerie.</p>
<p class="spip">Pour s’adapter à l’air du temps et au format médiatique dans lequel se fond le discours officiel, voici donc dix gestes pour sauver la planète. Mais pour la sauver vraiment, et pas seulement pour masquer le renoncement du politique face à l’avancée du néo-libéralisme.</p>
<p class="spip"><strong>1. Instaurer de nouveaux droits de douane et restaurer un contrôle des changes</strong></p>
<p class="spip">Ce premier « geste » a un objectif très simple : mettre fin au libre-échange, qui ne représente une liberté que pour les multinationales et les investisseurs. Il s’agit de la toute première étape à envisager, puisqu’il est impensable de reconquérir du pouvoir politique sur l’économie sans casser le chantage aux délocalisations et sans empêcher les prises de contrôle plus ou moins sauvages des entreprises nationales par des investisseurs étrangers. Calculés sur la base des coûts sociaux et environnementaux de la production importée, ces droits de douane permettraient de réintroduire dans les prix les externalités tant prisées par les firmes et de couper ainsi toute envie de délocaliser aux grands groupes. Le contrôle des changes permet quant à lui d’orienter l’investissement étranger en fonction de choix collectifs, de priorités définies démocratiquement par les Etats, et non plus de laisser le marché opérer dans l’anarchie la plus complète, en fonction de ses seuls intérêts.</p>
<p class="spip"><strong>2. Etablir une réglementation contraignante et la faire respecter</strong></p>
<p class="spip">Le fait de mettre un coup d’arrêt au libre-échangisme permet ensuite ― et seulement ensuite ― de contraindre les grandes entreprises résidentes à respecter des normes définies par la collectivité. Puisque, par l’intermédiaire des droits de douane, une concurrence réellement « non faussée » est établie, les firmes ne disposent plus de l’argument d’une concurrence internationale sauvage pour fuir leurs responsabilités. Des normes environnementales et sociales strictes peuvent être édictées, et une police efficace doit permettre de les faire respecter. Les notions de « mise en danger des équilibres environnementaux » et de « crime environnemental » doivent être inscrites dans la loi. Dans les cas les plus graves, elles pourraient donner lieu à une réquisition des entreprises par les pouvoirs publics.</p>
<p class="spip"><strong>3.Créer une taxe sur les activités résidentes</strong></p>
<p class="spip">A l’image des taxes aux frontières, une taxe socio-environnementale doit s’imposer aux activités résidentes pour réduire au maximum les externalités. Le volet écologique du produit de la taxe sera divisé en deux : une moitié, perçue par l’Etat, sera utilisée pour financer des politiques publiques ambitieuses ; la seconde, versée sur un compte dédié de l’entreprise, servira uniquement à financer des actions de réduction de l’empreinte écologique (recherche, travaux, formation des salariés, plans de déplacement, etc.). Si les sommes bloquées pour une auto-consommation par l’entreprise ne sont pas dépensées passé un certain délais, elle sont transférées dans les caisses de la collectivité.</p>
<p class="spip"><strong>4.Conditionner les aides publiques</strong></p>
<p class="spip">L’Etat français conditionnera l’attribution des 65 milliards d’euros annuels d’aides publiques qu’il accorde aux entreprises au respect de contraintes environnementales et sociales. Il n’y a en effet aucune raison pour que cet argent soit considéré comme un dû, et que l’attribution d’une aide se fasse sans droit de regard sur les pratiques de l’entreprise.</p>
<p class="spip"><strong>5. Orienter la consommation en agissant sur les prix et la fiscalité</strong></p>
<p class="spip">Afin que les « gestes écologiques » (consommation bio, énergies renouvelables, voitures propres, etc.) ne soient pas réservés aux populations aisées et se diffusent largement dans la société, une administration des prix et une fiscalité incitative doivent être prévues. Les produits bio, par exemple, bénéficieront d’une TVA à taux réduit, alors que celle-ci sera majorée sur des produits de forte empreinte écologique. Dans le même temps, les marges de la distribution seront réglementées afin que les baisses de TVA se répercutent bien sur les prix. Pour des secteurs dans lesquels le nombre de producteurs est plus limité (énergies alternatives, véhicules individuels, etc.) des prix-plafond pourront être fixés directement par les pouvoirs publics. Dans le même esprit, les tarifs des transports collectifs seront fortement revus à la baisse, qu’il s’agisse du train, des réseaux de bus, de tramway ou de métro.</p>
<p class="spip"><strong>6. Relocaliser l’économie sur le principe d’une décroissance matérielle et d’une croissance des services publics</strong></p>
<p class="spip">L’application de nouveaux tarifs douaniers n’a pas pour objectif de fermer la porte aux importations, mais bien d’éviter le dumping en provenance de pays dont les niveaux de protection sociale et environnementale sont inférieurs. Ceci étant, un telle décision permettra de relocaliser l’économie, de développer l’emploi et de réduire la pollution grâce à une baisse des besoins en transport. Cette relocalisation doit être précédée d’une réflexion sur une décroissance matérielle, qui soit une diminution de l’empreinte écologique de la production à qualité de vie équivalente ou supérieure. Cette diminution doit bien-sûr être absolue, et non relative comme le souhaiteraient ceux qui ne jurent que par l’augmentation du PIB. Concrètement, ce changement s’opérera par des progrès techniques financés par la taxe socio-environnementale sur les activités résidentes, mais aussi par l’arrêt de certaines productions inutiles ou leur remplacement par des services. Un Etat devra disposer autant que possible d’une souveraineté alimentaire et industrielle, sans laquelle il est difficile de construire des échanges équitables entre pays. Par exemple, la France devra lancer un plan ambitieux de production de protéines pour nourrir ses animaux d’élevages, alors qu’elles sont actuellement importées à près de 80% du continent américain. Les achats publics devront obligatoirement privilégier, à qualité égale, des approvisionnements locaux. Les réseaux de transport ferroviaire sur les courtes et moyennes distance seront renforcés alors que le transport routier sera évidemment concerné par la taxe socio-environnementale et verra sa compétitivité baisser en proportion des nuisances qu’il cause.</p>
<p class="spip"><strong>7. Sortir de l’OMC et de l’eurolibéralisme</strong></p>
<p class="spip">La grande majorité des « gestes » précédents, bien qu’ils soient indispensables, sont définitivement incompatible avec les règles de l’OMC et de l’Union européenne. Il faut donc prévoir un déblocage des verrous posés par les libéraux à ces deux niveaux, qui apparaissent de plus en plus difficiles à réformer. La sortie totale de l’OMC marquera une rupture franche avec les politiques libre-échangistes qui ouvrira la voie à d’autres accords multilatéraux basés sur la coopération. Vis-à-vis de l’Union européenne, la France doit à minima dénoncer toutes les mesures libre-échangistes en vigueur et retrouver les possibilités de mener une autre politique monétaire et budgétaire.</p>
<p class="spip"><strong>8. Dénoncer le Protocole de Kyoto et sortir de la bourse du carbone</strong></p>
<p class="spip">Avec ses objectifs dérisoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre et sa mécanique financière, le Protocole de Kyoto et ses prolongements sont au mieux une perte de temps et au pire une solution globalement nuisible. Il faut donc dénoncer cette base de travail pour permettre l’émergence de nouveaux accords multilatéraux ambitieux, qui feront appel à une régulation forte par le politique plutôt qu’à des mécanismes de marché inefficaces et pervers.</p>
<p class="spip"><strong>9. Créer des alliances internationales autour d’un nouveau traité</strong></p>
<p class="spip">En matière de lutte contre le changement climatique, l’objectif de réduction doit suivre les recommandations de la communauté scientifique en y ajoutant une marge d’erreur compte-tenu des incertitudes qui couvrent ces prévisions. Au niveau mondial, il s’agit donc de diviser par plus de deux les rejets d’ici 2050. L’engagement des partenaires sur une contribution à cet objectif proportionnelle à leurs moyens doit précéder tout accord commercial, qui sera établi dans une logique de coopération, de mutualisation des connaissances scientifiques, de partenariats sur le développement de technologies d’intérêt général qui soient « libres de droits ». Au delà de la seule question climatique, cet accord englobera les autres thématiques environnementales (biodiversité, épuisement des ressources, accumulation de substances toxiques) et s’ajoutera à une négociation visant l’harmonisation sociale et fiscale par le haut.</p>
<p class="spip"><strong>10. Affecter le produit des nouveaux droits de douane au développement de projets réellement propres</strong></p>
<p class="spip">Le montant de la taxe perçue aux frontières sera consacré au financement de projets socialement et écologiquement responsables, menés dans la mesure du possible dans les pays taxés. Ces projets, qui pourront donner lieu à des transferts de technologies, seront évalués conjointement, et devront favoriser les retombées locales. Ainsi, les droits de douane ne pourront être utilisés dans une logique de repli protectionniste, mais deviendront eux aussi un outil d’harmonisation vers le haut des économies nationales.</p>
<p class="spip">Aurélien BERNIER</p>
</div>
</div>
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		<title>Le réchauffement global du climat : Rien qu&#8217;une bulle d&#8217;air chaud ?</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 20:55:28 +0000</pubDate>
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		<title>Organismes Génétiquement Mortels</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 20:38:14 +0000</pubDate>
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		<title>Un complot, quel complot?</title>
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		<pubDate>Thu, 14 May 2009 21:57:41 +0000</pubDate>
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		<title>Ben mon cochon! Virus médiatique et stratégie de la peur</title>
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		<pubDate>Wed, 13 May 2009 16:43:30 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[
Les mensonges politiques et la campagne de désinformation&#8230;


&#8230; concernant la pandémie de grippe porcine


mercredi 13 mai 2009

Par Michel Chossudovsky
Qu’est-ce que la grippe ? L’influenza (la grippe) est une maladie respiratoire grave et contagieuse causée par des virus de la grippe. Des millions de personnes aux États-Unis ont la grippe chaque année. La plupart des gens sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="titre">
<h4>Les mensonges politiques et la campagne de désinformation&#8230;</h4>
</div>
<div class="soustitre">
<h4>&#8230; concernant la pandémie de grippe porcine</h4>
</div>
<div class="image"><img class="spip_logos" style="height: 101px;width: 101px" src="http://www.altermonde-sans-frontiere.com/local/cache-vignettes/L101xH101/arton10563-e5353.jpg" alt="" width="101" height="101" /></div>
<div class="detail">mercredi 13 mai 2009</div>
<p><!-- Fin detail --></p>
<p class="spip">Par <strong>Michel Chossudovsky</strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color: maroon;font-size: small">Qu’est-ce que la grippe ? L’influenza (la grippe) est une maladie respiratoire grave et contagieuse causée par des virus de la grippe. Des millions de personnes aux États-Unis ont la grippe chaque année. La plupart des gens sont malades pendant environ une semaine. Certaines personnes (surtout les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé chroniques) peuvent devenir très malades et peuvent mourir de la grippe. (<em>Centers for Disease Control and Prevention</em>)</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a relevé le niveau d’alerte pandémique au niveau 5 sur une échelle qui en compte 6.</span></strong></p>
<p class="spip">Le niveau 5 d’alerte de l’OMS signifie qu’« <em>une propagation interhumaine du virus (a été observée) dans au moins deux pays et qu’une pandémie est imminente&#8230; Il signifie également une augmentation des efforts pour produire un vaccin &#8230; Des cas humains ont été confirmé, au Mexique, aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, en Israël, en Nouvelle-Zélande et en Espagne.</em> »</p>
<p class="spip">Selon les reportages, l’OMS a pris cette décision après qu’un « [enfant] <em>de 23 mois soit décédé</em> [de la grippe porcine] <em>au Texas, après être rentré d’un voyage au Mexique dont le but était d’y recevoir un traitement médical.</em> »</p>
<p class="spip">Toujours selon les reportages, la grippe porcine a été confirmée dans les 11 états des États-Unis. Les responsables de la santé à l’OMS à Genève et à Washington, sont cités pour avoir dit que la « <em>propagation du virus ne s’arrêtera probablement pas.</em> »</p>
<p class="spip">Les médias ont passé en mode pleine vitesse, en faisant peu d’analyse et d’examen de la preuve, en concentrant leur attention sur les quelque 2,400 cas de grippe non confirmés au Mexique.</p>
<p class="spip">« <em>la propagation mondiale est imminente&#8230;<br />
tous les pays devraient activer leurs plans de préparation »,<br />
La pire crise sanitaire à laquelle le monde a fait face depuis 90 ans &#8230;</em> »</p>
<p class="spip">Le jour suivant celui où l’OMS a augmenté l’alerte pandémique au niveau 5, un scientifique attaché au Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union européenne, a insinué, sans preuve, que l’épidémie pourrait avoir des répercussions sur 40% à 50% de la population de l’UE « <em>de manière bénigne</em> ». (Voir <em>europeanvoice.com</em>, le 30 avril 2009).</p>
<p class="spip">Le professeur Neil Ferguson, un membre du groupe de travail sur la grippe porcine de l’Organisation mondiale de la santé, a déclaré que « <em>40 pour cent des personnes au Royaume-Uni pourraient être infectées dans les six prochains mois si le pays était frappé par une pandémie.</em> »</p>
<p class="spip">« <em>Nous ne savons pas vraiment de quelle ampleur sera l’épidémie, nous le saurons au cours des deux prochains mois&#8230; Il est presque certain que, même si elle devait s’estomper au cours des prochaines semaines – ce qui est probable - nous aurons une épidémie saisonnière à l’automne.</em> »</p>
<p class="spip">« <em>Nous pouvons nous attendre à ce que plus de 30 à 40 pour cent de la population devienne malade au cours des six prochains mois, si elle se transforme bel et bien en une pandémie. Nous pourrions avoir un nombre important de personnes infectées les prochaines semaines mais, si j’étais un homme qui aimait parier, je dirais que ça ne durera pas longtemps, car nous arrivons à l’été.</em> » Le professeur Ferguson a déclaré que <em>les 152 morts au Mexique sont probablement une proportion relativement faible du nombre total de personnes infectées, qui pourrait se transformer en des dizaines ou des centaines de milliers.</em> » (<em>Daily Express,</em> 1er mai 2009)</p>
<p class="spip">Les reportages des médias déforment la vérité. La réalité est transformée. Les déclarations politiques ne sont pas soutenues par des preuves médicales et scientifiques. Les déclarations du professeur Ferguson ne sont pas fondées. Il n’a pas pris la peine de vérifier le nombre de cas de grippe porcine au Mexique qui ait été « <em>confirmé en laboratoire</em> ».</p>
<p class="spip"><span class="spip_document_5373 spip_documents spip_documents_right" style="float: right"> <img style="height: 291px;width: 400px" src="http://www.altermonde-sans-frontiere.com/local/cache-vignettes/L400xH291/pilotes_de_la_peur-3104f.jpg" alt="" width="400" height="291" /> </span> Trente à quarante pourcent de la population britannique ? Jusqu’à 50% de la population de l’Union européenne ?</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">Sur quelles bases reposent ces déclarations ?</span></strong></p>
<p class="spip">Le 27 avril, il y avait, selon les reportages, un seul cas de la grippe porcine dans l’ensemble de l’Union européenne : « <em>Le premier cas confirmé de grippe porcine en Europe fut diagnostiqué en Espagne. Le ministère de la santé du pays a confirmé la nouvelle lundi matin, à la suite d’examens fait sur un homme qui vient de rentrer d’un voyage au Mexique.</em> » (<em>BBC</em>, le 27 avril 2009)</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">Affaiblir le mouvement de protestation sociale</span></strong></p>
<p class="spip">Les déclarations de cette nature sur « <em>l’inévitable propagation</em> » de la maladie, crée, tout à fait délibérément, une atmosphère de peur, d’insécurité et de panique. Elles servent également à détourner l’attention des gens d’une crise économique mondiale dévastatrice qui entraîne le Monde dans la pauvreté et le chômage de masse, sans parler de la guerre au Moyen-Orient et des questions entourant les crimes de guerre de l’US-OTAN.</p>
<p class="spip"><span style="color: #ff0000"><strong>La Vraie Crise Mondiale se distingue par la pauvreté, l’effondrement économique, les conflits ethniques, la mort et la destruction, la dérogation aux droits civils et la disparition des programmes sociaux. L’annonce de l’UE d’une pandémie de grippe porcine sert inévitablement à affaiblir le mouvement de protestation sociale qui se propageait à travers l’Europe.</strong></span></p>
<p class="spip">Les mesures d’urgence qui ont « <em>fermé</em> » des zones urbaines entières, sont largement perçues comme un prétexte du gouvernement de Felipe Calderon pour lutter contre la dissidence sociale grandissante envers l’une des administrations les plus corrompues de l’histoire mexicaine. Au Mexique, la parade du 1er mai, qui était organisée contre le gouvernement Calderon, a été annulée.</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">Le bilan de l’OMS</span></strong></p>
<p class="spip">Le groupe consultatif de l’OMS a identifié 148 cas confirmés en laboratoire à travers le monde de grippe porcine, dont 8 décès, à peine une pandémie :<br />
« <em>Le 29 avril 2009 - La situation continue d’évoluer rapidement. À 18h00 GMT, le 29 avril 2009, neuf pays ont officiellement rapporté 148 cas d’infection par la grippe porcine A/H1N1. Le gouvernement des États-Unis a signalé 91 cas humains confirmés en laboratoire, avec un mort. Le Mexique a signalé 26 cas humains confirmés d’infection, dont 7 morts. Les pays suivants ont signalé des cas confirmés en laboratoire, sans décès : l’Autriche (1), le Canada (13), l’Allemagne (3), Israël (2), la Nouvelle-Zélande (3), l’Espagne (4) et le Royaume-Uni (5). D’autres informations sur la situation seront rendues disponibles sur le site de l’OMS sur une base régulière.</em> » (<em>WHO.org</em>)</p>
<p class="spip">Dans une déclaration faite le 29 avril, la Directrice générale de l’OMS, la Dr Margaret Chan a confirmé que :<br />
« <em>Sur la base de l’évaluation de toutes les informations disponibles, et suite à plusieurs consultations d’experts, j’ai décidé de relever le niveau actuel de l’alerte à la pandémie de grippe du niveau 4 au niveau 5.<br />
Les pandémies de grippe doivent être prises au sérieux en raison précisément de leur capacité à se propager rapidement à tous les pays du monde.<br />
&#8230;L’OMS suivra la pandémie aux niveaux épidémiologique, clinique et virologiques.<br />
&#8230;J’ai fait appel aux pays donateurs, à l’UNITAID, à l’<em>Alliance GAVI</em>, à <em>la Banque mondiale</em> et à d’autres afin de mobiliser les ressources.</em> »</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">Une mine d’or pour les conglomérats pharmaceutiques</span></strong></p>
<p class="spip"><em>Big Pharma</em> a été identifiée par l’OMS comme étant la solution à la crise :<br />
« <em>J’ai</em> [la Directrice générale de l’OMS] <em>fait appel aux entreprises de fabrication de médicaments antiviraux pour évaluer la capacité de production ainsi que tous les moyens de l’augmenter. J’ai également pris contact avec les fabricants de vaccins contre la grippe qui puissent contribuer à la production d’un vaccin contre la grippe pandémique.</em> »</p>
<p class="spip">La pandémie de grippe porcine constitue une mine d’or pour une poignée de conglomérats du domaine de la biotechnologie. L’Union européenne a déjà donné le feu vert pour travailler avec Big Pharma afin de développer un vaccin contre la grippe porcine.</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">L’étude de la preuve</span></strong></p>
<p class="spip">Les données utilisées pour justifier une alerte mondiale de niveau 5 sont infimes. L’OMS a déclaré qu’une « <em>épidémie mondiale de la maladie est imminente</em> ». Tel que le documente William Engdahl, les symptômes de la grippe porcine ne sont pas spécifiques, ils sont semblables à ceux de la grippe en général. (Voir William Engdahl, <em>Global Research</em>, le 29 avril 2009).</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">L’avis scientifique contredit la déclaration officielle de l’OMS</span></strong></p>
<p class="spip">« <em>Les scientifiques qui étudient le virus arrivent au consensus que cette souche hybride de la grippe - au moins dans sa forme actuelle – n’est pas de nature à être aussi mortelle que les souches qui ont causé les pandémies précédentes.</em></p>
<p class="spip"><em>En fait, l’actuelle épidémie de virus H1N1, qui a fait son apparition le mois dernier à San Diego et au sud du Mexique, pourrait même ne pas faire plus de dommages que les habituelles grippes saisonnières qui se propagent chaque hiver sans tambour ni trompette.</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_5374 spip_documents spip_documents_right" style="float: right"><em> <img style="height: 260px;width: 400px" src="http://www.altermonde-sans-frontiere.com/local/cache-vignettes/L400xH260/masques_de_la_peur-43e4b.jpg" alt="" width="400" height="260" /> </em></span></p>
<p class="spip"><em>La reproduction en modèles épidémiologiques et mathématiques des preuves préliminaires provenant des laboratoires de génétique, démontrent que les pires scénarios sont susceptibles de ne pas se produire au cours de l’épidémie actuelle.</em> » (<em>Los Angeles Times</em>, le 30 avril 2009)</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">Le Mexique</span></strong></p>
<p class="spip">La grippe est une maladie courante. Il y a des millions de cas de grippe dans toute l’Amérique, sur une base annuelle. « <em>Selon le Canadian Medical Association Journal, la grippe tue chaque année jusqu’à 2,500 Canadiens et environ 36,000 États-uniens. Dans le monde entier, le nombre de décès attribuables à la grippe chaque année se situe entre 250,000 et 500,000</em> » (Thomas Walkom, <em>The Toronto Star</em>, le 1er mai 2009)</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">La plupart des cas de grippe signalés au Mexique ne portent pas la marque de la souche A/H1N1.</span></strong></p>
<p class="spip">Selon les reportages de la presse, la plupart des cas mexicains « <em>suspectés</em> » d’être la grippe porcine, n’ont pas été confirmés par des analyses en laboratoire. Le ministre mexicain de la Santé, José Ángel Córdova a confirmé qu’il y avait « <em>2 498 cas graves de pneumonie atypique liés à des conditions de grippe&#8230; </em>[qui] <em>pourraient être liés au virus A/H1N1</em> ». Parmi les 2 498 cas de grippe, 159 sont morts, de la grippe ou de ses effets, mais seulement sept de ces décès étaient liés à la souche de la grippe porcine, selon la déclaration officielle du ministre de la Santé.</p>
<p class="spip">Les chiffres ci-dessus correspondent au modèle en général des grippes observées au Mexique au cours des années précédentes. « <em>Dans une année normale, entre 6 500 et 7 500 Mexicains meurent de maladies comme la pneumonie.</em> » (Ibid)</p>
<p class="spip">159 décès « <em>ont été imputés à l’épidémie</em> », mais les rapports des laboratoires laissent entendre que la grippe porcine a été la cause de seulement 7 des 159 cas.</p>
<p class="spip">Par exemple, dans la ville de La Gloria dans le Veracruz, où il y a eu une épidémie d’infections respiratoires aiguës, des 450 cas, 35 ont été testés pour déterminer s’il s’agissait du virus de la grippe porcine et un seul de ces cas était positif.</p>
<p class="spip">Aucun détail n’a été donné quant aux résultats de laboratoire relatifs aux 7 cas de décès.</p>
<p class="spip">La plupart des reportages de presse parlent de 152 morts attribuables au virus H1N1, alors qu’en fait, seulement 7 de ces décès sont associés à la souche A/H1N1, selon le ministre de la Santé. Les autres décès pourraient être dus à des cas de grippe ordinaire et/ou de ses effets.</p>
<p class="spip">Aux États-Unis, un seul laboratoire dans tout le pays a la capacité de confirmer la souche du virus à savoir, le <em>Centers for Disease Control and Prevention</em> situé à Atlanta. Combien y a-t-il de laboratoires au Mexique qui ont la capacité de confirmer la souche du virus ?</p>
<p class="spip">Selon les reportages, les échantillons sont envoyés au « <em>National Institute of Epidemiological Diagnosis and Reference</em> » du Mexique, qui les transmet à des laboratoires du gouvernement des États-Unis et du Canada. Ce que cela laisse entendre, c’est qu’il n’y a pas de laboratoire d’analyse qui puisse documenter le nombre relativement élevé de cas suspects. Selon les déclarations du ministre, les analyses en laboratoire portant sur les 159 décès sont menées dans les laboratoires du Mexique avec le support de la CDCP basée à Atlanta, et que les résultats sont disponibles.</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">Les États-Unis</span></strong></p>
<p class="spip">Aux États-Unis, il y a eu 109 cas signalés du virus (au 30 avril 2009), dont seulement cinq furent hospitalisés. Le <em>Centers for Disease Control</em> des États-Unis a confirmé que l’enfant de 23 mois au Texas était mort du virus de la grippe porcine, suite à son hospitalisation et à son examen clinique.</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">La désinformation des médias</span></strong></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_5375 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 400px;width: 293px" src="http://www.altermonde-sans-frontiere.com/local/cache-vignettes/L293xH400/tableau_1-c7e59.jpg" alt="" width="293" height="400" /> </span></p>
<p class="spip">Les reportages aux nouvelles indiquent que « <em>des centaines d’écoliers de New York seraient tombés malades de la grippe porcine.</em> » Il n’y a toutefois aucune preuve corroborée par des analyses en laboratoire de l’incidence de la souche H1N1 de grippe porcine. En toute probabilité, les enfants souffrant de la grippe, n’est en fait qu’un événement courant au mois d’avril. « <em>Tous les cas étaient bénins, aucun enfant n’a été hospitalisé, aucun enfant était gravement malade</em> » a déclaré le Dr. Frieden. « <em>Les responsables de la santé en sont arrivés à la conclusion préliminaire après avoir procédé à des analyses virales de prélèvements dans le nez ou dans la gorge de huit élèves, ce qui leur a permis d’éliminer les autres souches de grippe.</em> »</p>
<p class="spip">Les tests ont été effectués sur des enfants dans le Queens, mais les tests n’ont pas été concluants : parmi ces « <em>centaines d’enfants</em> », il n’y avait pas de rapports d’analyse en laboratoire qui aient pu permettre une identification positive du virus de la grippe. En fait, les reportages sont contradictoires : selon les reportages, le CDCP basé à Atlanta est le « <em>seul laboratoire dans le pays qui puisse confirmer la présence de la nouvelle souche de la grippe porcine, qui a été identifié comme H1N1.</em> » (<em>NYT</em>, le 25 avril 2009)</p>
<p class="spip"><strong><span style="color: navy">La grippe est une maladie courante. À moins d’une analyse approfondie en laboratoire, l’identité du virus ne peut pas être établie.</span></strong></p>
<p class="spip">Il est révélateur que le CDCP basé à Atlanta joue un rôle clé dans l’identification du virus pour le compte de plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Mexique, le Guatemala, le Salvador et le Costa Rica. Le 30 avril, le gouvernement états-unien a établi un laboratoire du CDCP au Mexique. En d’autres mots, une agence gouvernementale états-unienne monopolise la réalisation des examens en laboratoire, les données et les analyses.</p>
<p class="spip">Traduction libre de <strong><a class="spip_out" href="mailto:danyquirion@videotron.ca">Dany Quirion</a></strong> pour <em>Alter Info</em><br />
Source : <a class="spip_out" href="http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&amp;aid=13433">globalresearch.ca</a><br />
<a class="spip_out" href="http://humeursdejeandornac.blogspot.com/2009/05/les-mensonges-politiques-et-la-campagne.html">humeurs de Jean Dornac</a></p>
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		<title>Aux urnes, citoyens de la Terre! par Gérard Condorcet.</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 22:57:42 +0000</pubDate>
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		<title>OR NOIR en Amazonie&#8230; MORT aux indiens!</title>
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		<title>Les éco-tartuffes du capitalisme vert</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 21:40:17 +0000</pubDate>
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		<title>France et Iran : républiques atomiques</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 21:13:53 +0000</pubDate>
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		<title>La mondialisation en BD</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 19:47:01 +0000</pubDate>
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AUTEUR : Le blog de Clovis&#160;&#160;&#160;&#160; http://leblogdeclovis.blogspot.com/
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<p>AUTEUR : Le blog de Clovis&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="http://leblogdeclovis.blogspot.com/">http://leblogdeclovis.blogspot.com/</a></p>
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		<title>Mais qu&#8217;allaient-ils donc faire dans cette galère? Nouvelles fraiches de l&#8217;expédition Catlin en arctique</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 16:50:18 +0000</pubDate>
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		<title>Une vérité qui dérange&#8230; état réel de la banquise arctique</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 16:44:14 +0000</pubDate>
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		<title>La domination mondiale (l&#8217;empire US vu par un américain)</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 15:58:40 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[ Norman MAILER
La   Domination Mondiale





C&#8217;est une mystique         hallucinée qui s&#8217;adresse aux Américains : Rien         ne nous arrête, nous autres ! Oui, clament les conservateurs         du drapeau, nous serons capables [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://penseeunique.com/PU/auteurs/mailer.html"><img src="http://penseeunique.com/PU/auteurs/images_star/mailer.gif" border="0" alt="" width="143" height="117" align="bottom" /></a> <a href="http://penseeunique.com/PU/auteurs/mailer.html">Norman MAILER</a></p>
<h1><strong><span style="font-family: Arial;color: #ff0000;font-size: xx-small">La   Domination Mondiale</span></strong></h1>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="600">
<tbody>
<tr>
<td>
<dl>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">C&#8217;est une mystique         hallucinée qui s&#8217;adresse aux Américains : Rien         ne nous arrête, nous autres ! Oui, clament les conservateurs         du drapeau, nous serons capables d&#8217;affronter tout ce qui se présentera.         Nous avons notre savoir-faire, notre &#8220;capacité&#8221;.         Nous surmonterons tous les obstacles. Combattons le Mal, combattons-le         jusqu&#8217;à la mort ! En veillant à prononcer ce mot         au moins quinze fois dans chaque discours.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Ils sont convaincus         que l&#8217;Amérique est non seulement en mesure de régenter         le monde, mais qu&#8217;elle en a l&#8217;obligation. S&#8217;il n&#8217;assume pas sa         responsabilité impériale, le pays sombrera dans         la décadence, et le reste du monde avec lui.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Tel est, je pense,         le principal thème sous jacent à la fixation sur         l&#8217;Irak.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Bush peut également         compter sur quelques solides ressorts psychologiques très         présents. Tout d&#8217;abord, une bonne part de la fierté         nationale américaine repose aujourd&#8217;hui sur le trépied         formé par l&#8217;argent-roi: le sport et l&#8217;étalage de         puissance militaire. Un tiers ou plus de nos principaux stades         et pistes sportives portent le nom de grandes compagnies, Gillette         et Federal Express n&#8217;étant que deux exemples sur vingt.         Cette année, le Super Bowl n&#8217;a pu débuter qu&#8217;une         fois retiré du terrain un drapeau américain qui         couvrait toute sa superficie, tandis que dans le ciel l&#8217;US Air         Force formait un V orgasmique.</span></strong> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">La moitié de         l&#8217;Amérique, probablement, éprouve le désir         non formulé de partir en guerre. Notre mythologie la réclame.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">L&#8217;Amérique,         selon notre logique, est la seule force du Bien capable de corriger         le Mal. George W. Bush est assez astucieux pour résoudre         cette équation tout seul. Il est même possible qu&#8217;il         ait senti qu&#8217;un conflit avec l&#8217;Irak nous donne la dose de drame         télévisé quotidien dont nous avons tant         besoin. Si ce dernier constat semble cavalier, tant pis : c&#8217;est         un fait que ce peuple s&#8217;enfonce chaque année plus loin         dans la vulgarité. Donc oui, en effet, la guerre est &#8220;aussi&#8221;         un fantastique feuilleton télé.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Mieux encore, et plus         spécifiquement, même si la relation n&#8217;a rien de         direct, une guerre contre l&#8217;Irak assouvi notre besoin de nous         venger du 11 septembre. Peu importe que ce pays ne soit pas le         vrai coupable, il suffit à Bush d&#8217;ignorer cette évidence,         ce qu&#8217;il fait avec toute la conviction de celui qui n&#8217;a jamais         eu peur du ridicule. Si criminel soit-il, Saddam n&#8217;a pas trempé         dans cette attaque, mais Bush est un philosophe. Le 11 septembre         était le Mal. Saddam est le Mal. Les forces du Mal sont         liées entre elles.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Du même coup,         le Président peut satisfaire les exigences plus sérieuses         de toute une cohorte de néo-conservateurs au sein de son         administration, qui voient dans l&#8217;Islam une sorte de &#8220;Hitler,         le Retour&#8221; pour Israël. La protection de l&#8217;État         hébreu ne pose pas problème à Bush sur le         plan électoral et elle est aussi un impératif,         notamment parce qu&#8217;il ne peut être sûr de donner         à Sharon des ordres qui seront toujours obéis.         Le dirigeant israélien a en effet un important moyen de         pression sur Bush.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Voilà donc plusieurs         bonnes raisons pour Bush de partir en guerre. Quant à         la question du pétrole, Ralph Nader a présenté         quelques intéressantes statistiques :</span></strong> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000"><br />
Actuellement, les États-Unis consomment dix-neuf millions         et demi de barils par jour, soit 26% de la demande quotidienne         mondiale. Ils importent plus de la moitié.</span></strong> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000"><br />
Le plus sûr moyen de faire face à une écrasante         dépendance énergétique serait de contrôler         les réserves pétrolières qui gisent sous         les sables du golfe Persique. L&#8217;Irak détient pour sa part         11% des ressources mondiales. Seule l&#8217;Arabie Saoudite en possède         davantage.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Le pétrole constitue         donc une partie des motivations, même si cela ne sera jamais         reconnu, évidemment.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Ajoutons qu&#8217;une fois         l&#8217;Irak occupé, l&#8217;Amérique tiendra aussi à         la gorge le régime saoudien et le reste du Proche-Orient.         L&#8217;eau pourrait se révéler un remarquable instrument         de pacification, capable de réduire bien des passions         en sur- chauffe dans le désert. Il y a eu maintes controverses         autour de la construction du fameux &#8220;aqueduc de la Paix&#8221;,         qui conduirait les eaux du Tigre et de l&#8217;Euphrate jusqu&#8217;aux États         désertiques du Golfe et, par extension, à Israël.         Aucun progrès n&#8217;a été enregistré         pour l&#8217;instant, notamment en raison de l&#8217;intransigeance irakienne.         Avec l&#8217;Irak aux mains des Américains, tout cela serait         bien entendu différent.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Et Mais la raison essentielle,         cependant, demeure le rêve non exprimé de George         W. Bush : l&#8217;Empire !</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">&#8220;Quel autre terme         pourrait décrire cette chose terrifiante que l&#8217;Amérique         est en train de devenir?&#8221; écrit Michael Ignatieff         dans le New York Times :</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">&#8220;C&#8217;est la seule         et unique nation en mesure de gendarmer le monde au moyen de         cinq commandements militaires, de maintenir plus d&#8217;un million         d&#8217;hommes et de femmes en armes à travers quatre continents,         de déployer une armada pour surveiller tous les continents,         de garantir la survie de pays comme Israël ou la Corée         du Sud, de tenir le gouvernail du commerce mondial et enfin d&#8217;insuffler         ses propres rêves et désirs dans les esprits et         les coeurs de toute la planète.&#8221;</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Timothy Garton Ash,         dans la New York Review of Books estime que les USA ne sont pas         seulement l&#8217;unique superpuissance mondiale mais une &#8220;hyperpuissance&#8221;         dont les dépenses militaires égalent celles des         quinze principaux États de la planète réunis.</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">C&#8217;est peut-être         le commentateur Jay Bookman qui a donné la meilleure explication         de cette marche vers la destinée impériale :</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">&#8220;Cette guerre         est conçue pour proclamer l&#8217;émergence des États-Unis         en tant qu&#8217;empire mondial revendiqué qui s&#8217;octroierait         le droit et la responsabilité exclusive de jouer les gendarmes         du monde. Ce serait là Ie point culminant d&#8217;un plan développé         depuis dix ans ou plus par ceux qui estiment que les États-Unis         doivent saisir l&#8217;occasion de s&#8217;arroger une domination sans partage,         même au prix de devenir ces &#8220;impérialistes         américains&#8221; que nos ennemis nous reprochent d&#8217;être         depuis toujours.&#8221;</span></strong> </dt>
<dt> </dt>
<dt><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Les conservateurs cocardiers         de la première heure ont le sentiment que cette exceptionnelle         occasion était désormais à leur portée         : l&#8217;Amérique pourait prendre le contrôle de la planète.</span></strong> </dt>
</dl>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-178" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/lobbying_usa-bush_2003-9bc9b-300x218.jpg" alt="lobbying_usa-bush_2003-9bc9b" width="300" height="218" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<dl>
<dt><span style="font-family: Arial">Extraits du livre &#8220;POURQUOI     SOMMES NOUS EN GUERRE?&#8221;</span> </dt>
<dt><span style="font-family: Arial">de <a href="http://penseeunique.com/PU/auteurs/mailer.html">Norman     Mailer</a>.</span> </dt>
</dl>
<p>Source : <a href="http://penseeunique.com/PU/articles/domination.html">pensée unique</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/12/lempire-us-vu-par-un-americain-vers-la-domination-mondiale/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>La société de Marché</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/12/la-societe-de-marche/</link>
		<comments>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/12/la-societe-de-marche/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 12 May 2009 15:53:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>

		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>

		<category><![CDATA[économie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/?p=171</guid>
		<description><![CDATA[

Riccardo PETRELLA 
 
 

La   Societé de Marché





Parmi les mots         tabous du social-conformisme figurent en priorité «Etat»         et «citoyen», remplacés par «société         de marché» et «individu» : en deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://penseeunique.com/PU/auteurs/petrella.html"><img src="http://penseeunique.com/PU/auteurs/images_star/petrella.gif" border="0" alt="" width="167" height="199" align="bottom" /></a></p>
<dl>
<dt><a href="http://penseeunique.com/PU/auteurs/petrella.html">Riccardo PETRELLA</a> </dt>
<dt> </dt>
<dt> </dt>
</dl>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #ff0000;font-size: xx-small">La   Societé de Marché</span></strong></p>
<dl>
<dt>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="600">
<tbody>
<tr>
<td><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Parmi les mots         tabous du social-conformisme figurent en priorité «Etat»         et «citoyen», remplacés par «société         de marché» et «individu» : en deux décennies,         la vision du monde que se font les dirigeants a été         pervertie par l&#8217;idéologie libérale. La politique         ne semble plus avoir d&#8217;autre objet que de détruire le         politique et l&#8217;action publique.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Pour l&#8217;opinion, il est         devenu un acteur de plus en plus faible et impuissant face aux         entreprises mondiales et aux «marchés». Pourquoi         une telle évolution, en particulier chez des dirigeants         se réclamant de la gauche ?</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Les explications les         plus courantes renvoient généralement à         la « crise » de l&#8217;Etat social (Welfare State). Elles         sont cependant insuffisantes pour comprendre les mécanismes         d&#8217;auto-dépossession de la puissance publique mis en oeuvre         par les dirigeants de la plupart des pays.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">C&#8217;est la globalisation         de l&#8217;économie qui a donné force et crédibilité         aux arguments. La liberté de circulation des capitaux         leur a retiré la maîtrise de la monnaie. La mondialisation         des échanges commerciaux, des firmes et des structures         de production a dévalorisé l&#8217;espace économique         national.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Cela a légitimé         les mesures de libéralisation qui, dans le cadre de l&#8217;Accord         général sur les tarifs douaniers et le commerce         (GATT), puis de l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC), ont         fait émerger au cours des deux dernières décennies         un pouvoir mondial de régulation soumis aux intérêts         des firmes privées géantes avec le soutien et l&#8217;accord         des gouvernements les plus puissants du monde, en premier lieu         de celui des Etats-Unis. Les vagues de déréglementation         et de privatisation de pans entiers de l&#8217;économie de la         plupart des pays ont été le resultat de cette libéralisation.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">A cet égard,         la politique de la science et de la technologie a joué         un rôle central : La «société de l&#8217;information»,         a été confisquée par les grandes entreprises         privées : Microsoft, Cisco, Intel, IBM, Ericsson, Nokia,         Time Warner &amp; Walt Disney, CNN, Bertelsmann, Murdoch, etc.         Selon ces firmes, la société de l&#8217;information serait         en train de créer une nouvelle politeia, une gouvernance         directe, mondiale, sans Etat. Les systèmes d&#8217;éducation         et de formation ont été soumis aux impératifs         de l&#8217;économie.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">La société         est fondée sur des transactions économiques où         chaque individu cherche à minimiser les coûts et         à maximiser les bénéfices. Le modèle         permettant l&#8217;optimisation des transactions est évidemment         le marché. Il l&#8217;emporte sur les autres dispositifs - coopératives,         mutuelles, solidarités communautaires, Etat, gratuité         - car, pense-t-on, il permet de trouver, entre les individus,         des points de consensus sans cesse adaptables (par les prix)         en matière d&#8217;allocation et de redistribution des ressources.         Ainsi, la société devient un marché : la         «société de marché» - idée-force,         le marché réalise la véritable justice sociale         par l&#8217;«équité». Contrairement à         l&#8217;Etat, la «société de marché»         serait profondément juste, en permettant à tout         individu d&#8217;entrer en concurrence, elle lui donne en effet la         possibilité de se prendre en charge, d&#8217;assurer son bien-être         par ses propres initiatives et par sa créativité.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">Elle valorise ainsi         le principe de la responsabilité individuelle. Celle d&#8217;être         au chômage, par exemple : c&#8217;est parce qu&#8217;il n&#8217;a pas été         suffisamment compétitif que l&#8217;individu se trouve sans         emploi. Le passage de la notion de droit au travail à         celle de démonstration d&#8217;«employabilité»         montre l&#8217;ampleur du glissement idéologique.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">A cet égard,         dans une société en changement rapide, on ne peut         rester compétitif qu&#8217;en se donnant les outils appropriés         en termes de connaissances, de savoirs et de capacités         d&#8217;adaptation. L&#8217;éducation est le moyen pour y parvenir.         Les systèmes d&#8217;éducation et de formation ont été         soumis aux impératifs de l&#8217;économie. A l&#8217;individu,         ensuite, d&#8217;en tirer le meilleur profit dans le cadre de la compétitivité         scolaire. Ce faisant, les dirigeants ont avalisé non seulement         l&#8217;idée qu&#8217;il existe des inégalités légitimes,         résultant notamment du mérite et de l&#8217;effort individuels,         mais aussi celle que le système éducatif doit de         plus en plus servir à la sélection sociale. Ce         que confirme la réalité du vécu quotidien.</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">On en vient au dernier         élément-clé de la nouvelle narration sociétale         : le capital est à la source de la valeur ; il en est         la mesure, pour tout bien et service matériel et immatériel,         y compris la personne humaine. Réduit à sa qualité         de «ressource humaine» l&#8217;individu n&#8217;a plus de «valeur»         s&#8217;il cesse d&#8217;être «rentable».</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Arial;color: #000000">La société         de l&#8217;éphémère, la société         du jetable, la société des déchets tirent         leur «légitimité» de cette conception.         Bref, lorsque les dirigeants se réclamant de la gauche         disent qu&#8217;ils adhèrent désormais à l&#8217;économie         de marché, ils savent pertinemment que c&#8217;est à         l&#8217;ensemble de ce qui précède - c&#8217;est-à-dire         à la «société de marché»         - qu&#8217;ils font allégeance.</span></strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</dt>
<dt> </dt>
<dt><span style="font-family: Arial">Extraits de l&#8217;Article     du Monde Diplomatique &#8220;La dépossession de l&#8217;Etat&#8221;</span> </dt>
<dt><span style="font-family: Arial">de <a href="http://penseeunique.com/PU/auteurs/petrella.html">Riccardo     Petrella</a>.</span> </dt>
</dl>
<p>Source : <a href="http://penseeunique.com/PU/articles/marche.html">pensée unique</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Cuba : entre ignorance, propagande US et réalité d&#8217;un modèle de développement antilibéral, socialiste, démocratique et écologique</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/11/cuba-entre-ignorance-propagande-us-et-realite-dun-modele-de-developpement-antiliberal-socialiste-democratique-et-ecologique/</link>
		<comments>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/11/cuba-entre-ignorance-propagande-us-et-realite-dun-modele-de-developpement-antiliberal-socialiste-democratique-et-ecologique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 May 2009 17:01:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>

		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>

		<category><![CDATA[écologie]]></category>

		<category><![CDATA[économie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/?p=156</guid>
		<description><![CDATA[8 septembre 2008
Interview radio d’août 2008 du professeur Doug Morris, de l’université de Eastern New Mexico (US)
article original :   Le grand soir
 Cuba et la lutte pour la survie.

Doug MORRIS

Rick Smith : Une des choses que j’adore c’est d’entendre parler d’autres pays. J’aime entendre la version de l’intérieur et entendre d’autres opinions. C’est pour cela que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="article-date"><img class="size-medium wp-image-157 alignright" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/che-264x300.jpg" alt="che" width="316" height="358" />8 septembre 2008</div>
<div class="article-surtitre">Interview radio d’août 2008 du professeur Doug Morris, de l’université de Eastern New Mexico (US)</div>
<div class="article-surtitre">article original :   <a href="http://www.legrandsoir.info/article7105.html">Le grand soir</a></div>
<h1 class="article-titre"><strong> <span style="color: #ff0000">Cuba et la lutte pour la survie.</span></strong></h1>
<div class="article-corps"><a href="http://www.legrandsoir.info/article7105.html"><img class="spip_logos" style="height: 202px;width: 250px" src="http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH202/arton7105-a8024.jpg" alt="" width="250" height="202" align="left" /></a></p>
<div class="article-auteur">Doug MORRIS</div>
<div id="article-complet" class="article-texte">
<p class="spip"><strong>Rick Smith : Une des choses que j’adore c’est d’entendre parler d’autres pays. J’aime entendre la version de l’intérieur et entendre d’autres opinions. C’est pour cela que nous avons invité le professeur Morris, de l’université de Eastern New Mexico. Il rentre de Cuba et j’ai toujours été fasciné de découvrir ce qui se passe dans ce vase clos. Pourquoi êtes-vous allé là-bas ? Pour autant que je sache, moi, je ne pourrais pas m’y rendre&#8230; comment avez-vous fait pour vous y rendre ?</strong></p>
<p class="spip">Doug Morris : J’y suis allé dans la cadre du <em>Research Network in Cuba Group</em> sponsorisé par la <a class="spip_out" href="http://www.radicalphilosophy.org/">Radical Philosophers Association</a>. Le groupe effectue des recherches sur Cuba et participe aux conférences annuelles à l’Université de la Havane dans le cadre de ces recherches, et nous diffusons nos travaux aux Etats-Unis à différentes entités universitaires ou publiques. Pas mal de participants voyagent plusieurs fois par an à Cuba pour mener leurs recherches et pour garder le contact, par exemple sur des questions telles que l’économie ou l’agriculture socialistes. Le groupe voyage en toute légalité grâce à une licence générale pour la recherche délivrée par le Département d’Etat des Etats-Unis. Il existe différents groupes autorisés à se rendre à Cuba, y compris pour les journalistes, on peut donc supposer que vous pourriez vous y rendre « légalement » dans le cadre d’un travail de journalisme. Il faut préciser que ce n’est pas Cuba qui empêche les citoyens US de se rendre à Cuba, mais le gouvernement des Etats-Unis qui porte ainsi atteinte à notre droit constitutionnel de voyager.</p>
<p class="spip">Je dois aussi préciser que les raisons de se rendre à Cuba sont nombreuses et que je ne suis pas un spécialiste de Cuba. Cuba n’est pas mon domaine de recherche principal. Mais Cuba demeure une source d’intérêt et d’inspiration principalement parce que <strong>Cuba mène un projet social en dehors du modèle néolibéral mondialisé</strong>, un modèle néolibéral qui donne la priorité au profit et qui est à l’origine de nombreuses catastrophes mondiales et de souffrances humaines. Cuba est une inspiration parce qu’ils ont accompli beaucoup et dans des conditions très difficiles, la moindre n’étant pas la proximité d’un géant hostile au nord.</p>
<p class="spip">Comme l’a fait remarquer un universitaire cubain, Cuba « <em>évolue toujours sur le fil du rasoir, dans un monde qui est, lui, au bord du précipice</em>. » En d’autres termes, Cuba, qui lutte sans arrêt pour sa survie, est souvent poussée à mener des politiques qui vont à l’encontre de leurs idées, mais ils doivent résister, et ils tentent de résister en tant qu’îlot socialiste dans un océan d’abominations néolibérales. Il n’existe aucun manuel pour révolutionnaires qu’on pourrait simplement ouvrir à la page 155 pour trouver la réponse à notre dernier dilemme. Cuba, bien qu’elle évolue sur le fil du rasoir, est une source d’inspiration pour des alternatives politiques, économiques, agricoles et pédagogiques dont nous, qui sommes au bord du précipice, avons tant besoin face aux menaces mondiales telles que les changements climatiques, les catastrophes écologiques, l’augmentation de la misère et des inégalités, les crises alimentaires, les pénuries d’eau, l’autoritarisme, la tyrannie des multinationales, et un monde de plus en plus militarisé. <strong>Cuba, par exemple, a été désigné par le World Wildlife Fund (WWF) comme <a class="spip_out" href="http://www.legrandsoir.info/viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip/article.php3?id_article=613">la seule société qui mène un développement durable</a></strong>, et ceci est très important au moment où se pose sérieusement la question d’un développement durable pour l’avenir de l’humanité.</p>
<p class="spip">Quant à qualifier Cuba de « vase clos », il faut faire attention à l’interprétation qu’on pourrait en faire parce qu’aux Etats-Unis on s’en sert pour marteler que Cuba serait une sorte de société stalinienne où les gens manqueraient de libertés, où tout le monde vivrait sous une surveillance constante et dans la peur, où les gens seraient enlevés au beau milieu de la nuit s’ils sont en désaccord avec l’Etat, où les gens seraient envoyés dans des camps de torture, etc. Ce n’est pas le cas à Cuba, et on pourrait faire le rapprochement avec la base US à Guantanamo, un véritable centre de violations des droits humains sur territoire cubain et occupé par les Etats-Unis. L’idée que Cuba serait un « vase clos » est à la fois <strong>un mythe créé par la propagande US</strong> afin de maintenir la population US éloignée de la réalité cubaine, et la conséquence de la menace permanente d’une agression US, situation qui oblige à prendre certaines mesures de contrôles centralisées et qui parfois provoque des mesures de répression qu’on aurait du mal à justifier.</p>
<p class="spip">On pourrait se demander pourquoi le pouvoir US s’acharne à maintenir ses citoyens dans l’ignorance de la réalité cubaine. Je pense que la première raison est que Cuba est en train de mener des expériences économiques et politiques qui donnent la <strong>priorité à l’être humain et à son bien-être</strong>, qui s’engagent sur la voie <strong>d’une <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=21">agriculture écologiquement raisonnée et durable</a></strong> &#8230; Cuba considère que certains droits humains doivent être respectés, par exemple, le droit à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à un logement, à un travail, à la culture, au sport, à la participation, etc. Cuba considère ces droits comme des droits fondamentaux et qu’ils ne devraient donc pas être réservés uniquement à ceux qui auraient les moyens de se les offrir sur le marché. Du point de vue du gouvernement US, le problème avec Cuba, je pense, c’est que si Cuba réussit cette politique qui donne la priorité aux êtres humains, elle démontrera la légitimité de ce qu’on appelle à Cuba <strong>« le pouvoir populaire »</strong>. La révolution cubaine a rompu avec 150 ans de politique US et la conviction, exprimée par la Doctrine Monroe, que tout le continent appartenait aux Etats-Unis qui avaient un droit de regard sur tout et le droit de décider de la pluie et du beau temps.</p>
<p class="spip">Peu après la révolution cubaine, l’administration Kennedy a clairement expliqué où était le problème. Le modèle cubain, disaient-ils, pouvait servir d’inspiration aux peuples sur tout le continent, peuples qui avaient été dépouillés et exploités pendant des centaines d’années, des peuples qui pourraient être tentés de suivre l’exemple cubain et prendre leurs propres affaires en main et tenter de sortir de la misère et du désespoir. Evidemment, <strong>une telle politique serait en contradiction avec la recherche du pouvoir et du profit</strong>, ce qui est intolérable aux yeux du pouvoir US. Ainsi, un des problèmes principaux de Cuba, du point de vue des Etats-Unis, est de démontrer qu’une société peut être dirigée par des gens par différentes interactions entre la démocratie formelle et informelle, entre des formes de démocratie représentative et participative, et, très important,<strong> Cuba peut démontrer qu’une société peut fonctionner dans l’intérêt du peuple sans recourir à un système économique tyrannique basé sur le profit</strong>.</p>
<p class="spip">Ensuite, la menace d’une agression US est très réelle, l’histoire le montre clairement. Il y a plus de 200 ans, John Adams prétendait que Cuba était « <em>une prolongation naturelle des Etats-Unis</em> » et que Cuba devait être annexée aux Etats-Unis. Jefferson écrivit que « <em>Cuba est l’apport le plus intéressant à notre système d’états</em> » et John Quincy Adams parlait de « <em>l’inévitable annexion de Cuba</em> » en affirmant que Cuba finirait par tomber entre les mains des Etats-Unis selon les lois de la gravité politique, comme « <em>un fruit mur</em> ». Dans les années 1850, le Manifeste Ostende des Etats-Unis mettait en garde contre une « <em>africanisation de Cuba (comme Haïti)&#8230; avec toutes les horreurs qui s’ensuivraient pour la race blanche</em>. »</p>
<p class="spip">En plus, bien sûr, il y avait les intérêts économiques. Dans les années 1880, Cuba était un « partenaire » économique important des Etats-Unis, surtout pour le sucre. Les Etats-Unis fournissaient 70% du marché cubain. Avant l’intervention militaire US à Cuba au cours de la deuxième guerre d’indépendance, le vice ministre de la Guerre, J. Breckenridge, écrivait que les Cubains étaient incapables de gérer leur société et qu’ils n’avaient « <em>qu’une vague notion du Bien et du Mal</em> » et que les Etats-Unis devaient donc « <em>détruire tout ce qui se trouvait à portée de canon, imposer un strict blocus afin que la famine se répande, pour saper le moral d’une population pacifique et décimer l’armée cubaine</em> ».</p>
<p class="spip">En 1901, les Etats-Unis obligèrent les Cubains à accepter <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=46">l’Amendement Platt</a>, encore utilisé aujourd’hui pour « justifier » la base militaire US à Guantanamo. Cet amendement accordait aux Etats-Unis le « droit » d’intervenir dans les affaires cubaines à tout moment « <em>pour préserver l’indépendance de Cuba</em> » (sauf l’indépendance devant une intervention US, évidemment), et protéger les vies, la liberté et, le plus important, la propriété privée. Les Etats-Unis ont pris cet amendement pour prétexte lorsqu’ils sont intervenus militairement en 1906 et qu’ils ont occupé l’île jusqu’en 1909. De 1901 à 1959, date du triomphe de la révolution qui a renversé la dictature Batista soutenue par les Etats-Unis, Cuba était, selon les termes de Robert Scheer, « <em>plus une annexe des Etats-Unis qu’un état souverain</em>. » La plupart des terres et des ressources naturelles étaient, sous différentes formes, sous le contrôle des Etats-Unis.</p>
<p class="spip">Les Etats-Unis, depuis presque cinquante ans maintenant, sont hostiles à la révolution cubaine et veulent rétablir leur domination sur l’île et se sont livrés à une agression militaire ouverte, à un étranglement économique sous différentes formes, à d’incessantes actions terroristes, à des attaques biochimiques, à des manoeuvres diplomatiques pour tenter d’isoler Cuba. Ils ont aussi adopté des législations, telles que les lois <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=45">Helms-Burton</a> et <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=140">Torricelli</a>, destinées à punir Cuba et d’autres pays qui commercent avec Cuba, au moment où Cuba se trouvait dans une situation difficile et avait plutôt besoin d’aide. Ils ont soutenu des gens qui ont mené des <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=10">attentats contre Cuba ou ont fait exploser un avion commercial en plein vol</a> (tuant tous les passagers à bord). Ils ont planifié des dizaines d’attentats contre les dirigeants cubains. Ils ont lancé de vastes <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=79">campagnes de propagande</a> à travers le monde contre l’expérience cubaine (dont une bonne partie à travers les ambassades US). Ils ont financé des <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=30">groupes de réflexion anti-cubains, etc</a>.</p>
<p class="spip">Il faut aussi se rappeler que nous définissons le terrorisme comme « <em>le recours à la force et la violence, ou la MENACE de la force et la violence, afin d’intimider, exercer une coercition ou un contrôle, pour un intérêt idéologique, politique, religieux ou économique</em> », selon la définition presque littérale et officielle des Etats-Unis. <strong>Les Etats-Unis sont donc impliqués dans des actes de terrorisme 100% du temps </strong>puisque leur politique officiellement annoncée est la possibilité qu’ils se réservent d’attaquer n’importe qui, n’importe où, n’importe quand, pour n’importe quelle raison, politique officialisée par la Stratégie de Sécurité Nationale des Etats-Unis en 2002, et illustrée par l’attaque illégale des Etats-Unis contre l’Irak. En plus, les Etats-Unis se réservent le « droit » d’utiliser des armes nucléaires lors d’une première frappe. Ce qui signifie que les Etats-Unis sont en permanence en train de <em>menacer</em> de recourir à la force et à la violence partout dans le monde, et qu’ils livrent donc au terrorisme. Les Cubains sont tout à fait conscients de cela, et nous devrions l’être aussi.</p>
<p class="spip">L’hostilité permanente contre la révolution cubaine se fonde sur trois éléments. Le premier est la perte commerciale et financière subie à Cuba par les milieux d’affaires US. Le Wall Street Journal avait qualifié la révolution cubaine de « pastèque ». Plus on la creuse, et « <em>plus elle devient rouge</em> ». Par exemple, Cuba a nationalisé les raffineries de pétrole. Cuba avait signé un accord commercial avec l’Union Soviétique en 1960, relatif entre autres au pétrole brut soviétique. Sous les ordres du gouvernement des Etats-Unis, Texaco et Standard Oil ont refusé de raffiner le brut, obligeant ainsi les Cubains à nationaliser leurs raffineries. Les nationalisations furent effectuées en échange de compensations estimées à partir des bilans officiels de ces sociétés. Mais ces bilans étaient généralement sous-évalués pour échapper en partie aux impôts.</p>
<p class="spip">Le deuxième élément est l’engagement de Cuba dans une voie de développement économique, politique et social indépendant de l’hégémonie US, et le risque que la révolution cubaine puisse devenir une source d’inspiration pour d’autres dans la région et un défi à la domination US.</p>
<p class="spip">Arthur Schlesinger, qui fut conseiller auprès de JFK, a déclaré que le problème avec le régime de Castro, c’est-à-dire <strong>la révolution cubaine, était qu’il symbolisait la résistance à l’hégémonie des Etats-Unis et sapait 50 ans de politique US dans la région</strong>. En d’autres termes, la révolution cubaine offrait une issue émancipatrice aux peuples soumis aux servitudes. En un mot comme en cent, et selon les termes mêmes de l’administration US, « <em>les pauvres et les défavorisés</em> (c à d les exploités) <em>pourraient réclamer des conditions de vie décentes</em> », ce qui était tout simplement inacceptable. L’administration Kennedy a répondu à cette « menace » en lançant « l’Alliance pour le Progrès ». Chose intéressante, environ dix ans après le lancement de ce programme, une étude importante aux Etats-Unis a conclu que Cuba, le seul pays exclu de ce programme (<em>d’aide économique - ndt</em>), était le seul pays qui avait accompli ce que le programme était supposé accomplir, par exemple, des avancées dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des transports, ainsi que l’intégration de secteurs ruraux et urbains.</p>
<p class="spip">Le troisième élément est l’engagement de Cuba dans la <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=67">solidarité internationale</a>, illustré par les projets internationaux de Cuba dans les domaines de la <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=24">médecine</a>, de <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=25">l’alphabétisation</a>, de l’agriculture, ainsi que le programme « Opération Miracle » grâce auquel plus d’un million de personnes ont retrouvé la vue. Cuba démontre que les relations internationales peuvent être basées sur la solidarité plutôt que l’exploitation, la domination ou l’agression. Et il y a aussi la question du « pouvoir populaire », lorsque les gens prennent en main leurs destinées.</p>
<p class="spip"><strong>RS : quel était l’objectif de la conférence à Cuba ?</strong></p>
<p class="spip">DM : l’objectif de la conférence, entre autres, est de créer des liens de solidarité entre les universitaires cubains et états-uniens, entre leurs citoyens aussi. La conférence elle-même aborde différents domaines de la recherche, y compris en économie, des questions philosophiques, d’éducation, d’agriculture, différentes formes d’organisation sociale, l’histoire, des projections sur l’avenir pour lequel nous devons nous battre, sur le rôle de la société civile dans l’impulsion du pouvoir populaire à Cuba et le rôle que la société civile pourrait jouer dans le renforcement du pouvoir des citoyens aux Etats-Unis, etc.</p>
<p class="spip"><strong>RS : vous pensez que les citoyens n’ont pas de pouvoir aux Etats-Unis ?</strong></p>
<p class="spip">DM : je pense que<strong> la population cubaine a beaucoup plus de pouvoir que la population des Etats-Unis</strong>, et ceci pour une raison assez simple mais controversée par beaucoup de gens aux Etats-Unis. <strong>Cuba a une conception de la démocratie très différente, beaucoup plus large et plus profonde </strong>que celle que nous avons aux Etats-Unis.</p>
<p class="spip">Aux Etats-Unis, la notion de démocratie se résume à l’aspect le plus élémentaire, le plus rudimentaire et la forme la moins développée de la démocratie : la démocratie électorale. Tous les deux ou quatre ans, les gens sont autorisés à voter pour des candidats qui ont été présélectionnés par les propriétaires de la société, les milieux d’affaires. Toute personne qui tente de défier les intérêts des propriétaires est marginalisée et déconsidérée. Le cas de Dennis Kucinich le montre très clairement. Nous devons voter pour l’un ou l’autre des candidats promus par les corporations et pratiquement rien ne change en ce qui concerne l’intérêt général, l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre, les moyens et les connaissances mis en oeuvre pour définir une politique qui réponde effectivement aux préoccupations des gens, comme un système de santé, la protection de l’environnement, un système qui réponde aux attentes de la population, une meilleure éducation, moins de militarisme, l’entretien et le développement des infrastructures, un système économique plus équitable, etc.</p>
<p class="spip"><strong>La démocratie électorale aux Etats-Unis produit généralement une forme de compétition limitée à deux grands partis financés par l’élite fortunée et les milieux d’affaires</strong>. Il arrive que l’intérêt du public se réveille parfois, dans certains secteurs, lorsqu’on leur présente des hyper-spectacles qui sont régulièrement donnés pendant les campagnes électorales, ou lorsqu’il est soumis à un tir de barrage publicitaire ou la répétition incessante de slogans creux qui parlent « d’espoir », de « changement ». Le résultat final est que pratiquement rien ne change en ce qui concerne les besoins ou les préoccupations de la population, ou l’approfondissement de la démocratie.</p>
<p class="spip">Le public est tout à fait conscient de l’arnaque, et c’est probablement une des raisons pour lesquelles la participation aux élections est si faible aux Etats-Unis. Dans les démocraties électorales, les électeurs votent tous les deux ou quatre ans et n’ont pratiquement aucune influence sur les politiques ou les programmes. Mais comme l’a clairement exprimé Georges Soros, « <em>les marchés votent tous les jours</em> ». Ce qui laisse entendre que sans une forme de participation démocratique significative dans les programmes économiques et sociaux,<strong> cette démocratie-là n’est qu’une coquille formelle et pratiquement vide, un arbre qui cache la forêt des véritables centres de pouvoir et de décision et qui se trouvent principalement au niveau des grandes sociétés.</strong></p>
<p class="spip">A Cuba, je dirais qu’<strong>ils ont étendu la notion de démocratie au delà de la démocratie électorale</strong> (oui, il y a bien des élections à Cuba, contrairement à ce que l’on nous raconte aux Etats-Unis), pour englober la démocratie politique, qui est le début d’une <strong>forme plus participative de démocratie</strong>, ainsi que de démocratie sociale et économique. Ainsi, les élections à Cuba ne sont pas financées et contrôlées par des élites, mais organisées par la population.</p>
<p class="spip"><strong>RS : attendez une minute, comment est-ce possible ? Castro dirige le pays depuis pas mal de temps ; est-il élu ? Moi ce que j’entends, c’est que c’est un dictateur communiste.</strong></p>
<p class="spip">DM : Cuba, tel que je la perçois, est en train de mener une expérience, il faut insister là-dessus. Ce qui se passe à Cuba est une expérience menée dans les conditions très difficiles qui leur ont été imposées. Et pourtant, Cuba ne connaît aucune des abominations chroniques qui existent dans la plupart des autres pays de la région. Pas de hordes de sans-abris en train de crever dans les caniveaux, pas d’enfants en train de mourir de faim, pas d’analphabétisme généralisé, pas de taux de mortalité infantile élevée ou de chômage, pas d’escadrons de la mort qui rôdent, pas d’inégalités monstrueuses, pas d’instabilité politique ou sociale grave, etc. Il existe une crise du logement, mais des programmes sont en cours pour tenter de la résoudre. Par exemple, en 2006, Cuba a construit environ 110.000 maisons, et environ 67.000 en 2007. Ils prévoient que s’ils réussissent à tenir une moyenne de 50.000 constructions par an, la crise du logement sera largement résolue, et ils sont en bonne voie pour atteindre leurs objectifs.</p>
<p class="spip"><strong>Ce qui est tenté à Cuba, c’est la mobilisation de l’intelligence collective et de l’inventivité de la population pour gérer la société et ils le font par le biais d’un mélange de démocratie participative et de démocratie représentative structuré par des organisations locales et nationales</strong>, telles que l’Union des Jeunesses Communistes, qui compte environ 800.000 membres entre 14 et 30 ans, et le Parti Communiste de Cuba qui a environ 1.500.000 membres. Il faut noter que le Parti Communiste n’est pas un parti électoral. C’est-à-dire que le parti ne participe pas à la nomination ou l’élection des candidats au niveau local, provincial ou national. Il ne peut pas non plus proposer de lois aux organismes représentatifs. Cela ne veut pas dire que le Parti n’exerce pas d’influence sur la politique à Cuba. Il exerce très clairement une influence à travers la société cubaine dans son rôle de <strong>gardien et de stimulateur de la conscience socialiste</strong> et encourage les gens, comme ils disent, à « <strong>être comme le Che </strong>», ce qui veut dire développer une conscience pour et s’engager en faveur d’un intérêt collectif et être prêt à faire des sacrifices pour cela.</p>
<p class="spip">Puis il y a les organisations de masse qui comprennent les Comités de Défense de la Révolution, la Fédération des Femmes, l’Union des Travailleurs, les Fédérations d’Etudiants des universités, collèges et lycées, des organisations professionnelles et des organes d’état, justice, armée, les organes du pouvoir populaire composés des assemblées nationale, provinciales et municipales, ainsi que les conseils populaires qui servent de pont entre les différents quartiers et les assemblées municipales, du Conseil d’Etat, et les Commissions de Travail à l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire. Le Conseil d’Etat est chargé de désigner le Conseil des Ministres.</p>
<p class="spip">Tel que je comprends les choses, le Conseil d’Etat choisi un président, mais le président doit d’abord être élu à un niveau local avant d’acquérir le statut de représentant à l’assemblée nationale, pour ensuite passer au conseil d’état, etc. De plus, le statut de Président ne donne pas de pouvoirs dictatoriaux, mais offre au président la possibilité de présenter des arguments pour ou contre tout texte de loi. Il y a de nombreux cas où Fidel Castro a défendu ou s’est opposé à un texte et où il n’a pas été suivi. Le monde ne s’est pas arrêté de tourner pour autant. Les lois et les décrets doivent être ratifiés par l’Assemblée Nationale. La stature de Fidel, qui est maintenant celle de Raul, lui confère <strong>un pouvoir symbolique et un pouvoir d’influence à Cuba</strong> que d’autres n’ont peut-être pas et qui vient de leur <strong>participation à la lutte révolutionnaire</strong> à Cuba dès le début des années 50, et particulièrement depuis l’attaque de la caserne de la Moncada le 26 juillet 1953.</p>
<p class="spip">Dans le même temps, il faut noter qu’il y a eu une rotation significative de dirigeants ces dix dernières années environ, et bon nombre de dirigeants actuels ont dans les 30 ou 40 ans. La création des Conseils Populaires au début des années 90, au début de la Période Spéciale (après l’effondrement de l’Union Soviétique lorsque Cuba perdit du jour au lendemain environ 85% de ses échanges commerciaux), fut décidée comme un garde-fou contre la centralisation et la bureaucratie et un renforcement des pouvoirs locaux et de la participation de la population. Les Commissions des Candidatures, composées de gens issus des organisations de masse et du pouvoir populaire et présidées par des syndicalistes, furent créées pour organiser les élections aux assemblées provinciales et nationale. L’objectif principal est de garantir une représentation plus équitable des différents secteurs de la population. En d’autres termes,<strong> les citoyens sont impliqués à la fois dans la désignation et l’élection de ses représentants</strong>. Les élections provinciales et nationales se déroulent tous les cinq ans, les élections municipales tous les deux ans et 6 mois.</p>
<p class="spip">En gros, la moitié des élus à l’assemblée nationale sont issus des assemblées municipales et l’autre moitié est composée de figures nationales, des politiciens, des scientifiques, des intellectuels, des artistes, des athlètes, des travailleurs, etc. Et quelque chose qui devrait particulièrement intéresser le public états-unien de cette émission, les syndicats et les assemblées de travailleurs à Cuba sont des lieux où « les travailleurs discutent ». Isaac Saney, dans son livre « <em>A Revolution in Motion</em> » (une révolution en mouvement), décrit comment les Cubains sont impliqués dans un intense processus d’apprentissage politique et comment « <em>le système réagit aux demandes d’ajustement de la population</em> ».</p>
<p class="spip">En 1993, durant la période la plus dure de la Période Spéciale, lorsque l’économie cubaine était en lambeaux et les Cubains souffraient, l’Assemblée Nationale voulait introduire des impôts sur les revenus. Les syndicats s’y sont opposés parce que les travailleurs n’avaient pas eu l’occasion d’en discuter et d’en débattre. L’Assemblée Nationale a donc retardé la mesure jusqu’à ce que les assemblées de travailleurs se soient réunis. Pendant trois mois, des réunions ont été organisées, plus de 80.000 réunions, auxquelles plus de 3 millions de travailleurs ont participé et où la mesure proposée a été débattue et où d’autres mesures ont été proposées. La politique décidée reflétait l’opinion des travailleurs. Ainsi, la mesure finalement adoptée imposait principalement les revenus des travailleurs indépendants plutôt que les salariés. Ceci n’est qu’un exemple pour montrer comment les consultations en masse et la participation des citoyens font de l’expérience cubaine un cas à part.</p>
<p class="spip"><strong>Tous les Cubains peuvent voter à partir de 16 ans</strong>, et ils peuvent être désignés par leurs concitoyens dans les assemblées populaires locales à partir de 18 ans. Les candidats sont donc choisis par des organisations de quartier pour être élus au niveau municipal. C’est un processus de dialogue au sein d’organisations populaires et locales. Il faut aussi noter que les Cubains ont la possibilité de remettre en cause le mandat de leurs élus s’ils estiment que le travail du représentant est insuffisant. Ce droit est exercé lors de réunions périodiques, des sortes de sessions de comptes-rendus devant la population, où les élus doivent rendre compte de leur mandat devant la population.</p>
<p class="spip">Mais permettez-moi de revenir au mouvement d’une démocratie électorale à une démocratie politique, et ensuite vers une démocratie sociale et économique. <strong>La démocratie devient politiquement plus séduisante lorsque des formes plus efficaces et une représentation plus participative sont autorisées et encouragées</strong>. Lorsqu’il y a un contrôle public du financement des élections, pas un contrôle privé par ceux qui possèdent la société ; lorsque l’accès à l’information vitale est disponible et accessible plutôt que cet accès limité que nous connaissons aux Etats-Unis à travers les média dominants où nous apprenons très rarement ce qu’est réellement l’opinion publique et uniquement lorsqu’elle va dans le sens des intérêts du corporations ; lorsque le rôle des lobbies est limité (aux Etats-Unis, le lobby du pétrole a dépensé 83 millions de dollars l’année dernière et dépassera cette somme probablement cette année en tentant d’infléchir la législation en leur faveur&#8230; l’industrie pharmaceutique, la Chambre de Commerce, Phillip Morris et General Electric sont parmi les plus gros lobbyistes cherchant à faire adopter des lois qui protégent et favorisent le pouvoir privé, les profits des sociétés et les richesses des privilégiés&#8230;), alors le lobby serait limité sauf dans le cas où son activité serait menée dans l’intérêt du public et pas pour promouvoir des pouvoirs ou des richesses privés.</p>
<p class="spip">La démocratie politique serait aussi une manière de renforcer le pouvoir des corps législatifs chargés d’appliquer la volonté du peuple, par le peuple, pour le peuple ; en accordant la possibilité de destituer les candidats qui n’ont pas servi les intérêts du peuple ; où il existe des instruments où le peuple peut exprimer ses préoccupations à travers des formes de consultations collectives, de dialogues, de discussions et par référendum ; et où le pouvoir est plus équitablement réparti. Pour certaines personnes aux Etats-Unis, cette notion de démocratie « selon la volonté, par et pour le peuple » serait du délire, mais elle ne fait pourtant que refléter une notion de démocratie assez proche de Lincoln, et quoi de plus américain que Lincoln, n’est-ce pas ?</p>
<p class="spip">La démocratie prend plus de sens lorsque des formes plus participatives sont combinées avec des formes électorales dans un contexte social qui reconnaît la citoyenneté comme une composante d’un contrat social où le niveau de vie est mesuré sur la capacité de la société à fournir les services essentiels et satisfaire les besoins élémentaires : nourriture, loisirs, éducation, sécurité sociale, santé, logement, culture et transports. En bref, la citoyenneté réelle s’enracine dans la justice sociale, dans une société « dé-consumérisée », avec les même droits pour tous parce que les gens sont à la base considérés comme les citoyens d’une démocratie participative plutôt que des consommateurs dans un système de marché, basé sur le profit, non démocratique et déshumanisé.</p>
<p class="spip">Dans une démocratie sociale, la satisfaction des besoins fondamentaux ne dépend pas de la capacité à acquérir des biens de consommation, mais est considérée comme un droit et un devoir social. Cette forme de démocratie élimine les discriminations qui sévissent dans le système de marchandisation néolibéral où les biens, les besoins fondamentaux et les services ne sont accessibles qu’à ceux qui ont suffisamment d’argent et de pouvoir d’achat au lieu d’être accessibles à tous en vertu de leur statut de citoyens et d’être humains ayant souscrit à un contrat social satisfaisant et responsable pour tous. C’est la dé-marchandisation décrite plus haut. Aux Etats-Unis, tous ces biens et services dont j’ai parlé précédemment, qu’il s’agisse de l’alimentation, de la santé, de l’instruction, du sport, etc. ne sont pas considérés comme des droits fondamentaux, mais comme des privilèges et ne sont accessibles qu’à ceux qui peuvent les acquérir sur le marché. Je dirais que c’est parfaitement anti-démocratique et que cela conduit à la déshumanisation des populations et des relations sociales parce qu’on ne satisfait pas les besoins de tous ceux qui ne vivent pas dans un système qui vise à développer leurs capacités.</p>
<p class="spip"><em>Cuba PARTIE II :</em></p>
<p class="spip"><strong>Rick Smith : Nous parlons de Cuba et pendant la pause musicale, le Professeur Morris a fait une réflexion intéressante en entendant la chanson de <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=66">John Lennon</a>. Pouvez-vous partager cette réflexion avec les auditeurs ?</strong></p>
<p class="spip">Doug Morris : Certainement, il s’agit de la chanson &#8220;Power to the people&#8221;, de John Lennon. A Cuba, la forme de démocratie s’appelle le &#8220;Pouvoir populaire&#8221;. Dans des circonstances terriblement difficiles, pleines de nombreux conflits et de contradictions, de certains succès et de certains échecs, mais où rien n’est en aucune façon figé, on peut dire qu’ils essaient, à Cuba, de créer une forme de pouvoir populaire où la population peut contribuer, de façon importante et efficace, à influencer les décisions et organiser la coexistence dans une société permettant de répondre aux besoins et de développer pleinement les compétences de chacun.</p>
<p class="spip"><strong>RS : Donc, ils cherchent véritablement à être l’antithèse de l’Amérique ; Au lieu d’être, comme nous, le société du &#8220;moi, je&#8221;, il aspirent à être une société du &#8220;nous&#8221;.</strong></p>
<p class="spip">DM : Il est indéniable qu’ils sont l’antithèse du modèle néolibéral qui a été imposé au monde entier. Un des problèmes pour Cuba c’est que Cuba est une île minuscule qui cherche à expérimenter une société de &#8220;peuple d’abord&#8221;, aussi bien sur le plan politique qu’économique et qu’elle essaie d’exister dans un océan sans cesse croissant de capitalisme néolibéral mondial dont les principes sont à l’opposé des valeurs que Cuba tente de mettre en oeuvre.</p>
<p class="spip">Et pas toujours avec succès. Cuba, ce n’est pas &#8220;Utopie&#8221; et en fait, Cuba ne veut pas vivre dans l’utopie, ce qu’elle cherche à faire, c’est mobiliser la population pour <strong>créer un ordre social du &#8220;peuple d’abord&#8221; autour de valeurs comme la justice sociale, la recherche critique, le respect des autres, un meilleur niveau de vie, évalué non pas d’après l’accumulation de biens matériels mais selon l’épanouissement de l’être humain</strong>. Et créer, aussi, le plein emploi, avec un emploi valorisant, des formes véritables d’égalité et de liberté - le genre de liberté qui donne à chacun les connaissances nécessaires pour faire les choix essentiels dans la vie - le respect de l’environnement, autour de notions de courage civique et de souci profond du bien-être commun parce que tout le monde comprendra que <strong>l’épanouissement libre de chacun est conditionné par et se nourrit de l’épanouissement libre de tous et de chacun</strong>.</p>
<p class="spip">Et cela, c’est en <strong>contradiction totale avec les principes néolibéraux</strong> qui sont fondés sur l’égoïsme, le profit, les privatisations, l’hyper-individualisme, la compétition féroce, et la rapacité.</p>
<p class="spip">Tout ceci nous ramène à ce qui a été dit précédemment sur les gens qui sont les « oubliés » du système aux US. Si on fait fonctionner une société selon les principes néolibéraux, on a un nombre croissant de gens qui vont se retrouver « oubliés » parce que la notion de bien commun et de responsabilité mutuelle n’existe pratiquement pas.</p>
<p class="spip">Alors, pour en revenir à la notion de démocratie, une véritable démocratie ne s’arrête pas aux échéances électorales, elle doit développer des projets et créer des dynamiques conduisant à la construction d’une société juste qui souhaite que tous les citoyens soient informés, engagés et dynamisés. Cette société doit reconnaître et comprendre les liens essentiels et réciproques qui existent entre les conditions sociales et l’épanouissement personnel. Je ne veux pas dire que Cuba a réussi dans tous ces domaines, ni qu’il n’y a à Cuba ni problèmes graves, ni erreurs, ni contradictions au niveau politique, économique ou social, mais d’après ce que je vois, cette lutte de Cuba pour développer une forme de démocratie plus authentique, que ce soit au niveau social, économique ou politique, est essentielle au projet cubaine de donner le pouvoir au peuple.</p>
<p class="spip">Et la <strong>démocratie économique</strong> fait partie intégrante de ces projets et de leur dynamique. Et c’est peut-être, là, <strong>la forme de développement de la démocratie la plus poussée</strong>, car elle est pratiquement totalement absente aux Etats-Unis où l’économie est entièrement contrôlée par des institutions tyranniques appelées entreprises privées, des institutions sur lesquelles la population a très peu de contrôle, surtout depuis le programme néolibéral de déréglementations - c’est-à-dire la suppression des possibilités pour les citoyens de se défendre contre les pratiques de ces sociétés - et de privatisations - c’est-à-dire les politiques qui permettent de donner la gestion de tous les espaces publics aux intérêts privés, y compris l’espace concernant l’état d’esprit du citoyen.</p>
<p class="spip">(…)</p>
<p class="spip">Alors, finalement, je pense qu’on peut dire que, parce cette expérience menée à Cuba apporte la notion d’une démocratie plus profonde et plus large, grâce à laquelle les citoyens cubains peuvent participer davantage à l’organisation de la société, <strong>à Cuba, la population a plus de pouvoir qu’aux Etats-Unis</strong></p>
<p class="spip"><strong>RS : Il y a une chose que je trouve très intéressante, c’est que les médecins font partie des exportations cubaines les plus importantes. Ils envoient des médecins au Venezuela, par exemple, en échange de pétrole. Ce qui m’épate, c’est que c’est un pays qui ne s’est jamais soumis aux programmes néolibéraux du FMI et de l’OMC. Ils sont restés eux-mêmes et ont trouvé des moyens d’exister malgré toutes les pressions qu’ils ont subies. D’un côté, vous dites que c’est une histoire incroyable, mais d’un autre côté, n’y a-t-il pas beaucoup de gens qui souffrent de la pauvreté et de la famine ? On voit ça dans les médias quand ils parlent de Cuba ; ils n’en disent jamais de bien. J’ai hâte de savoir ce que vous en dites, mais votre version est-elle la bonne ?</strong></p>
<p class="spip">D.M. : Cela dépend de la façon dont vous évaluez la pauvreté. Cuba, c’est certain, est un pays pauvre. Mais si la pauvreté n’est déterminée que par l’accès aux besoins fondamentaux comme la nourriture, les soins médicaux, l’instruction, le logement, l’éducation des d’enfants, les loisirs, … ; si nous prenons en compte le taux de mortalité infantile à Cuba, l’espérance de vie et les mesures prises en matière de développement durable (tous des domaines où Cuba égale ou dépasse les US) ; si nous constatons également qu’à Cuba, on ne peut pas réaliser des profits grâce à l’exploitation et aux souffrances des autres parce que c’est une société à but non lucratif ; et si nous ajoutons à cela une distribution plus équitable, alors<strong> la pauvreté à Cuba est d’un genre bien différent que celle qu’on rencontre dans la plupart des autres pays pauvres qu’on appelle parfois les pays &#8220;en développement&#8221;.</strong></p>
<p class="spip">De plus, Cuba, pays pauvre, envoie à l’étranger plus de <strong>médecins </strong>que tous les autres pays du monde réunis, d’après ce que j’en sais, et ces médecins soignent les pauvres. C’est un des exemples de la façon dont procède Cuba pour tenter de pallier les horreurs de la pauvreté à l’échelle internationale. Parmi les autres exemples, il y a ceux qui <strong>enseignent l’alphabétisation</strong> et les <strong>spécialistes en agriculture</strong> que Cuba envoie dans d’autres pays pour les aider à résoudre les problèmes liés à la pauvreté. Et donc, une des questions qui vient à l’esprit est : &#8220;Comment se fait-il que Cuba réalise autant de choses, alors qu’elle a si peu de moyens ?&#8221;. Et répondre à cette question nous conduirait à réfléchir sur les avantages que représenterait une organisation différente de la société - c’est-à-dire <strong>une organisation qui serait construite autour d’une démocratie économique, politique et sociale.</strong></p>
<p class="spip">La pauvreté au cours de la période la plus difficile de la Période spéciale, où Cuba a perdu environ 85% de ses échanges commerciaux pratiquement du jour au lendemain, où le PIB avait baissé d’environ 40% et où l’apport calorique était descendu au niveau de celui d’Haïti, ça c’était la véritable pauvreté, mais Cuba a survécu, et ce fait même montre la résistance de la révolution cubaine. On pourrait dire qu’au cours de cette période terrible, Cuba a cherché à aplanir les souffrances et aussi à s’assurer que ceux qui avaient le plus besoin d’aide reçoivent cette aide en priorité.</p>
<p class="spip">A partir de 2005, l’économie cubaine avait grosso modo retrouvé son niveau de 1989, avant le début de la Période Spéciale. En 2005 le PIB avait augmenté de 12,5% ; en 2006, de 12% et en 2007 d’environ 7%. Cela comparé à l’augmentation moyenne en Amérique latine qui est de 4 à 5%.</p>
<p class="spip">Dans le monde, il y a une personne sur cinq environ qui vit dans le dénuement total. En Amérique latine environ 60% de la population vit dans la pauvreté et une bonne partie de ceux-là vit dans le dénuement total. C’est en Amérique latine, en dehors de Cuba, que les inégalités sont les plus profondes du monde. <strong>On aurait bien du mal à trouver à Cuba des gens qui vivent dans le dénuement total</strong>, en partie grâce aux programmes sociaux qui permettent d’avoir accès à la nourriture, aux soins médicaux, à l’instruction etc. et c’est à Cuba que les indicateurs d’inégalité sont les plus bas de toute l’Amérique latine.</p>
<p class="spip"><strong>Dans le monde entier, il y a environ 100 millions d’enfants des rues. A Cuba, il n’y en a aucun</strong>. Parmi le milliard de gens au minimum qui vivent dans le dénuement total, la moitié sont des enfants. A Cuba, on investit énormément dans la jeunesse ; et donc, là encore, on aurait bien du mal à trouver des enfants qui vivent dans le dénuement total. 90 millions d’enfants vivent dans la pauvreté en Amérique latine. 200 millions d’enfants dans le monde n’ont pas accès aux soins médicaux. Il y a environ 115 millions d’enfants d’âge scolaire dans le monde qui ne vont pas à l’école, et qui resteront probablement analphabètes. A Cuba, <strong>le taux d’alphabétisme est de 100%</strong>, et pratiquement tous les enfants vont dans des écoles qui offrent ce que certains considèrent comme <strong>la meilleure instruction au niveau élémentaire de tout l’hémisphère sud</strong>.</p>
<p class="spip">Et donc, on ne voit pas à Cuba des enfants qui souffrent de la faim comme cela se passe dans les autres pays pauvres. On ne voit pas des personnes âgées se nourrir de boîtes pour chats pour survivre. Aux Etats-Unis, il a 13 millions d’enfants qui vivent dans la pauvreté. Environ 10 millions d’entre eux n’ont pas de couverture médicale. Des millions d’enfants américains vont dans des écoles où, au mieux, ils recevront une instruction très médiocre. 50% des enfants dans la capitale du pays, Washington, vivent dans la pauvreté.</p>
<p class="spip">On parle beaucoup ici du manque de liberté à Cuba, et il n’y a pas certaines libertés. Par exemple, <strong>les Cubains ne sont pas libres de vivre dans une société qui n’offre pas de couverture médicale à tous ses citoyens.</strong></p>
<p class="spip"><strong>Les Cubains ne sont pas libres de vivre dans une société qui n’offre pas une excellente instruction élémentaire à tous les enfants.</strong></p>
<p class="spip"><strong>Les Cubains ne sont pas libres de vivre dans une société où les relations internationales sont fondées sur la domination et l’agression militaire. </strong>Les Cubains vivent dans une société où les relations internationales sont fondées sur la solidarité et cela nous ramène à la question de l’envoi de médecins, d’enseignants en alphabétisation, et de gens qui travaillent dans le secteur agricole, à la fois des scientifiques et des agriculteurs. L’envoi de ces derniers est très important parce que Cuba met en œuvre actuellement<strong> une expérience en agriculture biologique </strong>qui marche très bien et c’est une des raisons pour lesquelles Cuba est considérée comme le seul pays au monde à avoir réuni les conditions minimales pour un <strong>développement durable.</strong></p>
<p class="spip">Donc, Cuba est engagée dans une lutte interne pour créer une société du &#8220;peuple d’abord&#8221;, tout en se préoccupant de solidarité internationale. Les relations internationales avec des pays comme le Venezuela permettent de s’assurer que le projet social de Cuba fondé sur la dignité humaine, la sécurité sociale et la réponse aux besoins des êtres humains se poursuit dans le contexte d’une société pauvre qui vit depuis 50 ans maintenant sous la menace d’une agression militaire américaine, du terrorisme américain et de la propagande américaine contre Cuba, le blocus économique. Alors, oui, Cuba connaît la pauvreté, c’est sûr, mais ce n’est pas la même pauvreté que celle qu’on rencontre dans tous les autres pays d’Amérique latine.</p>
<p class="spip"><strong>RS : Pendant la pause musicale, nous parlions d’une autre liberté à Cuba. Nous avons les congés parentaux aux Etats-Unis, mais ils ne sont pas payés, or, à Cuba, apparemment, ils sont payés. Quand on y pense, c’est une valeur familiale importante.</strong></p>
<p class="spip">DM : Absolument, c’est une valeur familiale essentielle. Par exemple, le congé de maternité à Cuba, qui a également été élargi aux pères, assure aux mères 18 semaines de congé, six avant la naissance et douze après la naissance à plein salaire et 40 semaines supplémentaires à 60% du salaire, et elles retrouvent leur emploi. Il y a des <strong>garderies subventionnées par l’état</strong> pour les enfants à partir d’un an. En 2003, ces congés ont été élargis aux pères pour 60% du salaire pendant 40 semaines. Et donc, les couples peuvent décider qui du père ou de la mère restera à la maison pour s’occuper des enfants. Des lois sur le travail ont également été votées pour protéger les femmes des activités ayant trait à leur travail qui pourraient être préjudiciables lors de leur grossesse. Les femmes ont six jours de congés payés au cours de leur grossesse pour assister à des séances de cours prénataux et pour subir des examens. Créer des programmes sociaux pour aider les familles, c’est un investissement très important pour les valeurs familiales.</p>
<p class="spip">Cuba a un contrat social qui s’appuie sur quelque chose de très, très important. Tout contrat social devrait s’appuyer sur le souci primordial du bien-être des enfants et Cuba veille à ce que chaque enfant soit bien nourri, ait accès aux études, aux soins médicaux et Cuba considère les enfants comme un investissement capital pour l’avenir. De plus, assurer l’accès à l’emploi, et actuellement, avec ce projet visant à assurer pour tous un emploi valorisant, la sécurité sociale, les services médicaux, la médecine générale, ainsi que la médecine préventive, des études avec des formations diversifiées (parmi lesquelles un nouveau programme d’&#8221;universalisation des études universitaires&#8221; grâce auquel Cuba veut faire en sorte que chaque Cubain poursuive des études universitaires), les programmes d’alphabétisation, l’aide sociale pour les malades, etc. toutes ces mesures sont des engagements sociaux liés aux valeurs familiales, parce que les valeurs que les familles préconisent ne sont pas coupées des valeurs encouragées dans la société où vit et évolue la famille.</p>
<p class="spip"><strong>RS : Bien. Et maintenant la GRANDE QUESTION. Sachant que nous semblons nous délecter du fait qu’il y a dans notre pays 1300 milliardaires, combien y en–a-t-il à Cuba ?</strong></p>
<p class="spip">DM : Zéro !</p>
<p class="spip"><strong>RS : Ah, là le problème …</strong></p>
<p class="spip">DM : <strong>Les Cubains vivent dans une société fondée sur le non-profit</strong>. C’est une différence de valeurs primordiale. C’est pourquoi, peut-être, les gens ont une notion différente du lien qui les rattache à la chaîne de l’activité humaine et pourquoi, on pourrait dire que les valeurs familiales sont différentes à Cuba.</p>
<p class="spip">Aux Etats-Unis, nous ne comprenons pas toujours ces liens qui nous rattachent à cette chaîne d’activité humaine parce que nos relations sont essentiellement motivées par l’acquisition de biens matériels et donc, nos relations avec les autres sont liées au prochain produit qu’on va nous pousser à acheter. Cela n’est pas le cas à Cuba parce que c’est une société qui n’est pas basée sur le profit, aussi, n’y a t il pas de publicité pour des produits avec des messages publicitaires 24h/24 - 7j/7. En fait, à Cuba, il n’y a pas de panneaux publicitaires pour des produits de consommation, on ne voit que des panneaux qui célèbrent les réalisations de la révolution, ou qui rappellent à la population les épreuves <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=27">des Cinq de Cuba</a> où on peut lire, à juste titre, qu’ils sont &#8220;en prison aux Etats-Unis pour avoir lutté contre le terrorisme&#8221;. Les Cinq de Cuba sont en prison aux Etats-Unis depuis 10 ans maintenant parce qu’ils s’étaient engagés dans la lutte contre le terrorisme.</p>
<p class="spip">Et donc, à Cuba, au lieu nouer des relations avec les produits de consommation, les gens ont de plus grandes possibilités d’intégrer l’idée de nouer d’importantes relations de solidarité avec les autres êtres humains, et tout ce que cela représente.</p>
<p class="spip">Encore une fois, je ne veux pas donner une image idyllique. Il y a à Cuba, c’est certain, des problèmes graves mais, miraculeusement, il y a beaucoup de ressorts dans la lutte à Cuba et ils ont trouvé des moyens pour poursuivre ce projet dans des conditions très difficiles.</p>
<p class="spip"><em>Question d’un auditeur : Je voudrais savoir combien de temps il faudrait pour avoir la citoyenneté cubaine et si le professeur Morris compte opter pour la nationalité cubaine ou rester citoyen américain.</em></p>
<p class="spip">DM : je ne connais pas la réponse pour la première partie de votre question. Quant à la seconde, c’est facile, je compte rester citoyen américain.</p>
<p class="spip"><em>RS : Bon, vous avez donné une vision très idyllique de Cuba, quelque chose que la plupart des gens ne connaissent pas, moi y compris. C’est, à vous entendre, un endroit extraordinaire. Alors pourquoi voit-on des gens émigrer ? Pourquoi les gens cherchent-ils à en partir ?</em></p>
<p class="spip">DM : il y a régulièrement des gens dans le monde qui quittent un endroit pour aller s’installer ailleurs. Je suis sûr qu’il y a plein de gens qui partent de Pennsylvanie tous les jours pour aller dans d’autres coins des Etats-Unis. Ces déplacements sont en général motivés par des raisons économiques. Historiquement, quand des pays pauvres bordent des pays riches, certains habitants des pays pauvres cherchent à aller s’installer dans le pays riche dans l’espoir d’améliorer leurs conditions économiques. Ce n’est pas une décision totalement irrationnelle dans ces circonstances.</p>
<p class="spip">Cuba est un pays pauvre, et elle est située près du pays le plus riche de l’histoire humaine, les Etats-Unis. Et donc, il est logique que certains Cubains souhaitent partir pour aller aux Etats-Unis.</p>
<p class="spip">Dans les médias américains, il y a souvent un tas de reportages où on voit des Cubains partir de Cuba et <strong>c’est présenté de façon à laisser entendre que les Cubains quittent Cuba à cause des persécutions politiques.</strong></p>
<p class="spip">Mais même à la SINA (Section d’Intérêts Nord Américains) à la Havane, ils disent qu’ils ont du mal à trouver de véritables cas de persécution politique quand ils traitent les demandes de visas.</p>
<p class="spip">Dans les années 90, ils ont écrit que la plupart des gens faisaient des demandes de visa pour échapper aux conditions économiques très détériorées.</p>
<p class="spip">Ils ont constaté que les cas concernant des violations des droits de l’homme faisaient partie de la catégorie la moins consistante de leur programme pour les réfugiés et qu’ils étaient souvent liés à des demandes frauduleuses. Alors, <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=43">l’émigration cubaine n’existe pas dans un vide historique</a>. On entend rarement dire qu’environ 600.000 Colombiens ont fui leur pays entre 1999 et 2002, ni que plus de 500.000 personnes ont quitté l’Equateur à la même époque.</p>
<p class="spip">Comparé au reste de l’Amérique latine, le nombre de Cubains qui ont quitté l’île légalement ou clandestinement est pratiquement certainement inférieur à ces chiffres, que ce soit en valeur relative ou absolue. Et pourtant, le nombre de Cubains qui émigrent est énorme dans l’esprit des gens à cause de la couverture médiatique outrancière dont bénéficient les Cubains. Et donc nous entendons parler des Cubains mais jamais des Salvadoriens, des Haïtiens, des Péruviens, etc. qui quittent leur pays.</p>
<p class="spip">De plus, <strong>les Etats-Unis encouragent depuis longtemps l’immigration cubaine</strong>, ce qui n’est pas le cas pour les autres pays. Radio Marti, une station de radio de propagande US qui pousse les Cubains à émigrer, émet régulièrement à Cuba. Au cours de la Période Spéciale, les Etats-Unis ont intensifié le blocus en votant les lois <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=45">Helms-Burton</a> et <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=140">Torricelli</a>, toutes deux destinées à ruiner l’économie cubaine, et qui, ensemble, avaient pour but de pousser les Cubains à émigrer pour raisons économiques.</p>
<p class="spip">Cuba et les US ont signé un accord d’immigration en 1994 exigeant que les US délivrent au moins 200.000 visas par an. Le nombre de visas accordés par les Etats-Unis est en général très inférieur à ce chiffre. La loi cubaine est claire en ce qui concerne l’immigration. Les gens peuvent partir s’ils ont reçu du pays d’accueil les documents et les autorisations réglementaires. Et puis, il y a le &#8220;Cuban Adjustment Act&#8221; <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=167">Loi d’ajustement cubain</a>. A cause de cette loi de 1966, <strong>les Cubains bénéficient d’un traitement préférentiel </strong>par rapports aux autres pays.</p>
<p class="spip">Les Cubains sont bien mieux accueillis aux USA que tout autre émigrant d’Amérique latine et avec des conditions spéciales réservées aux Cubains. Les Cubains ont des facilités pour obtenir un permis de travail, un numéro de sécurité sociale, le statut de résident permanent aux USA. Alors que les autres sont en général considérés comme des réfugiés économiques, les Cubains sont placés dans la catégorie des<strong> réfugiés politiques selon les critères américains</strong> et bénéficient de ce qui correspond à l’<strong>asile politique</strong>. Cette désignation est essentiellement de <strong>la propagande US</strong>. Un réfugié politique doit apporter des preuves solides qu’il vit dans la terreur d’être persécuté pour obtenir l’asile politique aux USA, mais la persécution n’a pas grand-chose à voir avec la décision finale quand il s’agit d’un cubain.</p>
<p class="spip">La persécution à Cuba comparée à celle qu’ont connue beaucoup d’autres pays d’Amérique latine au fil des ans est pratiquement imperceptible.</p>
<p class="spip">Quand les Haïtiens ont fui la dictature militaire féroce et meurtrière soutenue par les Etats-Unis au début des années 90, ils fuyaient de toute évidence la répression politique et les persécutions. La réponse typique a été de les renvoyer dans leur pays, parfois pour y être tués. C’est pareil pour les Guatémaltèques dans les années 80, etc., etc. Il y a pléthore d’exemples.</p>
<p class="spip">Alors que les immigrés cubains obtiennent l’asile politique pratiquement à 100%, ceux des autres pays ne l’obtiennent que dans une minorité de cas, bien en dessous de 50%. Contrairement aux autres, les Cubains n’ont pas de besoins cruciaux. Les Cubains qui arrivent sur le sol américain reçoivent en général des aides pour les besoins fondamentaux, pour les études, pour trouver rapidement un emploi, pour accéder aux aides sociales et aux indemnités chômage, etc.</p>
<p class="spip">On pourrait se demander également : Pourquoi autant de Mexicains quittent-ils leur pays ? Pourquoi n’y a-t-il pas de &#8220;Mexican Adjustment Act&#8221;, ou de &#8220;Haitian Adjustment Act&#8221; ? Et si de telles lois existaient, combien d’Haïtiens ou de Mexicains, sans parler des résidents de tous les autres pays d’Amérique latine, partiraient pour les Etats-Unis ? De toute évidence, il y aurait des millions de personnes qui franchiraient les frontières.</p>
<p class="spip">Alors, étant donné tout ce qui est fait pour encourager les Cubains à partir, et à leur dérouler le tapis rouge, on peut se demander : &#8220;Pourquoi donc y a-t-il si peu de Cubains qui quittent Cuba ?&#8221;</p>
<p class="spip">Je pense que c’est aux jeux panaméricains de 1994 que les Etats-Unis ont procédé à un énorme matraquage publicitaire pour inciter les Cubains à &#8220;passer à l’ouest&#8221;. D’énormes contrats ont été proposés, il y avait des panneaux publicitaires pour rendre l’offre très visible et très attractive. Parmi plusieurs centaines de participants cubains, seuls quelques-uns ont choisi de changer de camp. Signalons que 1994, c’était, au cours de la Période Spéciale, le moment où les Cubains souffraient le plus. Des athlètes d’autres pays ont dit aux Cubains que si les Etats-Unis leur avaient fait la même offre, pratiquement 100% d’entre eux auraient accepté.</p>
<p class="spip">Si on veut comprendre une partie de la noirceur des desseins de la politique américaine, on peut se demander pourquoi les Etats-Unis ont en général fait retourner les gens à des conditions de vie épouvantables, vers des pays où les droits de l’homme étaient le plus bafoués, où les gens sont dans un état santé pitoyable, où ils souffrent de malnutrition, où ils sont parfois terrorisés par les escadrons de la mort, où ils n’ont pas de toit, où la mortalité infantile est élevée, où il n’ont pas le droit à l’instruction, etc. mais quand il s’agit de Cuba, le pays qui offre les meilleurs soins médicaux et le meilleur système éducatif, le meilleur projet de reforestation, l’engagement le plus sérieux en matière d’agriculture durable de toute la planète, un taux de mortalité infantile et d’espérance de vie qui seront bientôt meilleurs que ceux des Etats-Unis, une des meilleures recherches scientifiques de toutes les Amériques, pourquoi donc, les Etats-Unis font-ils du zèle pour inciter les gens à partir ? A nouveau, au centre de cela, je dirai, c’est parce que les Cubains opposent leur projet le &#8220;peuple d’abord&#8221; à celui des Etats-Unis &#8220;le profit d’abord&#8221;.</p>
<p class="spip"><strong>RS : Plus j’en apprends sur Cuba et plus je suis étonné de voir qu’ici aux Etats-Unis, nous n’essayons pas de copier les meilleurs systèmes. Nous ne cherchons pas à faire les choses différemment pour avoir des vies meilleures. Nous avançons péniblement sur le même chemin qui mène à la même route qui nous a conduits dans un mur dans le passé.</strong></p>
<p class="spip">DM : Puis-je évoquer un tout dernier point en rapport avec cela, où Cuba offre une alternative sur laquelle, d’après moi, le monde devrait se pencher sérieusement ?</p>
<p class="spip">Il y a une crise alimentaire mondiale de plus en plus grave. L’an dernier seulement, 100 millions de personnes supplémentaires se sont retrouvées dans des conditions de famine, en plus des 800 millions d’autres qui souffrent de la faim de façon chronique. <strong>Cuba tente actuellement une <a class="spip_out" href="http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/mot.php3?id_mot=21">expérience de développement durable dans l’agriculture</a></strong> qui est à nul autre pareil, me semble-t-il, dans aucun  pays.</p>
<p class="spip">L’expérience de Cuba, qui fait partie du projet pour une plus grande décentralisation et l’extension de la démocratie, a pour origine une <strong>rationalité écologique</strong> qui comprend : le contrôle des nuisibles par des moyens biologiques et l’utilisation d’engrais naturels, en même temps que le remplacement des tracteurs (qui nécessitent l’utilisation de carburant et détruisent l’environnement) par des engins tirés par des animaux ; la préservation des sols ; la décentralisation du contrôle et de la prise de décision qui incite à davantage de participation locale ; la diversification de la production agricole et les réajustements, même au tout petit niveau d’une seule exploitation agricole ; la <strong>redistribution des terres aux agriculteurs</strong> ; un engagement envers les petites exploitations qui incite à davantage de participation des travailleurs ; l’accroissement de la production et de l’enthousiasme et qui crée un sentiment d’intégration ; des prix équitables pour les producteurs (contrairement au système néolibéral qui lamine les petits agriculteurs dans le monde entier) sans augmentation des prix sur le marché ; une participation locale plus importante qui permet d’utiliser les connaissances de tous ; la création de coopératives organisées démocratiquement ; des programmes d’éducation environnementale dans les communautés rurales ; et l’inversion du schéma habituel d’exode rural.</p>
<p class="spip">A Cuba,<strong> la migration se fait des villes vers les campagnes</strong>. Tout ceci est réalisé dans le cadre de l’engagement de Cuba dans son grand projet social humaniste. Alors que dans un passé pas si lointain plus de 80% des exploitations agricoles étaient sous contrôle de l’état, ce taux est tombé à moins de 15% avec le projet de décentralisation et l’engagement de créer des petites exploitations agricoles de culture biologique qui relient la terre aux êtres humains et les êtres humains à la terre et qui encouragent la démocratisation de la production, de la distribution et de la consommation.</p>
<p class="spip"><strong>Alors, si cette révolution cubaine de l’agriculture biologique est un modèle viable qui pourrait sensibiliser la population à la préservation de l’environnement dans le monde entier, transformer notre façon de penser sur les relations entre les personnes et l’environnement et entre les personnes et les personnes, et peut être, à partir de là, pouvons-nous également faire naître une conscience commune qui nous amènerait à réfléchir à d’autres formes d’organisation politique et économique fondées sur des formes de démocratie véritable.</strong></p>
<p class="spip">Istvan Meszaros, dans &#8221; The Power of Ideology&#8221;, nous rappelle qu’à ce moment précis de l’histoire humaine toute autre solution qu’une solution mondiale aux crises et aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés est véritablement inacceptable parce que nos problèmes au niveau mondial sont si importants et multiples que les conditions élémentaires de survie de l’être humain sur la planète sont sérieusement compromises. Peut-être le modèle cubain, malgré tous ses conflits et ses contradictions, peut-il nous inspirer pour que nous fassions naître une prise de conscience au niveau mondial afin que les gens réalisent ce que disait Marti, à savoir que notre &#8220;patrie, c’est l’humanité&#8221; et que nous nous mettions à construire des relations en nous appuyant sur une autre maxime de Marti : &#8220;Du bien de tous pour le bien de tous&#8221;. Viva la revolucion !</p>
<p class="spip"><em>Traduction VD et <a class="spip_out" href="http://blog.emceebeulogue.fr/">Des Bassines et du Zèle</a> pour le Grand Soir <a class="spip_url spip_out" href="http://www.legrandsoir.info/">http://www.legrandsoir.info</a></em></p>
<p class="spip">VERSION ORIGINALE<br />
1ère partie<br />
<a class="spip_url spip_out" href="http://www.dissidentvoice.org/2008/08/cuba-and-the-struggle-for-survival/">http://www.dissidentvoice.org/2008/&#8230;</a><br />
2ème partie<br />
<a class="spip_url spip_out" href="http://www.dissidentvoice.org/2008/08/cuba-and-the-struggle-for-survival-part-2/">http://www.dissidentvoice.org/2008/&#8230;</a></p>
<p class="spip">(*) Le US Interests Section, ou Section d’Intérets Nord Américains. Cuba et les US n’ont pas de relations diplomatiques. Sous l’administration Carter, les deux pays ont ouvert des « sections d‘intérêts » qui n’ont pas le statut d’ambassade. Le Section des Etats-Unis à la Havane occupe un immeuble entier. La subversion, ça demande du boulot.</p>
</div>
</div>
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		<title>H2O mon amour</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 15:05:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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		<title>&#8220;Soleil vert&#8221;, ça approche&#8230; Que mangera t&#8217;on demain???</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 00:44:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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		<title>Notre pain quotidien</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 00:22:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[bande annonce du film : NOTRE PAIN QUOTIDIEN
Nous, les humains : quel tableau ! La nature pliée, broyée, domestiquée, asservie&#8230; Les animaux sont considérés comme de la viande morte avant d&#8217;avoir pu exister, ne connaissent qu&#8217;un univers concentrationnaire de douleur et de souffrance.  Les humains qui travaillent dans cette industrie ne sont pas mieux traités&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-145" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/notre_pain_quotidien-33755-224x300.jpg" alt="notre_pain_quotidien-33755" width="224" height="300" />bande annonce du film : <a href="http://www.dailymotion.com/video/x1pyw4_notre-pain-quotidien-bande-annonce_shortfilms">NOTRE PAIN QUOTIDIEN</a></p>
<p><em>Nous, les humains : quel tableau ! La nature pliée, broyée, domestiquée, asservie&#8230; Les animaux sont considérés comme de la viande morte avant d&#8217;avoir pu exister, ne connaissent qu&#8217;un univers concentrationnaire de douleur et de souffrance.  Les humains qui travaillent dans cette industrie ne sont pas mieux traités&#8230; sans voir la lumière du jour, dans des conditions de travail déplorables et par habitude du geste répétitif, à croire que le cerveau fini par foutre le camp aussi.</em></p>
<p><em> Comment a t&#8217;on pu en arriver là? Merci aux belles technologies de l&#8217;agro-industrie. Faut bien nourrir la planète! Bientôt, le peuple bouffera du &#8220;Soleil vert&#8221;, pendant que les &#8220;actionnaires&#8221; vivront d&#8217;amour et d&#8217;eau fraîche sur leur île privée &#8230; Réveillons nous!<br />
</em></p>
<p><em>Ce film est à voir&#8230; Mais attention, ça secoue les âmes sensibles (et en plus, tu as le temps de réfléchir pendant quelques plans languissants). Tu vas plus à MacDo après ça, et tu lis les étiquettes à Carrouf. Mais bon sang, pourquoi le produit BIO et  local est il un produit de luxe? ça devrait être l<span style="text-decoration: underline">a NORME</span> ! Et dire qu&#8217;on mange tous la même merde&#8230; bon appétit quand même, pour votre pain quotidien.<br />
</em></p>
<p>Vincent</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-146" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/we_feed_the_world_notre_pain_quotidien.jpg" alt="we_feed_the_world_notre_pain_quotidien" width="636" height="282" /></p>
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		<title>Dites AAAAA&#8230;  (comme Agro-industrie)</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/11/dites-aaaaa-comme-agro-industrie/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 23:15:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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		<title>Louis Espinassous : l&#8217;homme qui a vu l&#8217;ours</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/11/louis-espinassous-mettez-les-dehors/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 23:09:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Mettez les dehors
Louis raconte sa rencontre avec l\&#8217;ours des Pyrénées
Interview de l&#8217;éducateur nature et conteur Louis Espinassous sur Dailymotion
 Le site de Louis Espinassous

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x7oowo_4mettez-les-dehors_animals">Mettez les dehors</a></p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x7r68j_5louis-rencontre-lours-des-pyrenees_animals">Louis raconte sa rencontre avec l\&#8217;ours des Pyrénées</a></p>
<p>Interview de l&#8217;éducateur nature et conteur Louis Espinassous sur Dailymotion<img class="alignright size-thumbnail wp-image-130" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/index_19-142x150.gif" alt="index_19" width="160" height="169" /></p>
<p><a href="http://pagesperso-orange.fr/louis.espinassous/"> Le site de Louis Espinassous</a></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-139" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/ours_brun-300x200.jpg" alt="ours_brun" width="300" height="200" /><img class="alignleft size-full wp-image-140" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/ours.jpg" alt="ours" width="195" height="201" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pesticides = homicide</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/11/pesticides-homicide/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 22:49:21 +0000</pubDate>
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		</item>
		<item>
		<title>OGM &#38; pesticides : z&#8217;avez qu&#8217;à pas chercher la p&#8217;tite bête&#8230;</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/11/ogm-chercheur-fauche/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 22:30:11 +0000</pubDate>
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		</item>
		<item>
		<title>Charlie Hebdo vs Jean Ziegler : La calomnie de P. Val</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/10/charlie-hebdo-vs-jean-ziegler-la-calomnie-de-p-val/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 16:45:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>

		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>

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		</item>
		<item>
		<title>Halte au massacre du blaireau européen! (pourtant aussi mignon que le panda, non?)</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/10/aussi-mignon-que-le-panda-halte-au-massacre-du-blaireau-europeen/</link>
		<comments>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/10/aussi-mignon-que-le-panda-halte-au-massacre-du-blaireau-europeen/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 May 2009 16:19:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[personnel]]></category>

		<category><![CDATA[écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Halte au massacre !
Sauvons les blaireaux de ces gros cons en pleine action virile&#8230;
Vite, il faut
ABOLIR LE DETERRAGE
&#8220;Le déterrage, ou vénerie sous terre, est une pratique de chasse qui concerne le blaireau, le renard et le ragondin. Des chiens acculent l&#8217;animal chassé au fond du terrier pendant que les déterreurs creusent.

Durant de longues heures l&#8217;animal [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-medium wp-image-103" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/large-badger-emerging-from-sett-204x300.jpg" alt="large-badger-emerging-from-sett" width="184" height="270" /><img class="alignnone size-full wp-image-104" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/vc3a9nc3a9riesousterre.jpg" alt="vc3a9nc3a9riesousterre" width="274" height="269" /></p>
<p>Halte au massacre !</p>
<p>Sauvons les blaireaux de ces gros cons en pleine action virile&#8230;</p>
<p>Vite, il faut</p>
<p><a href="http://www.abolition-deterrage.com/">ABOLIR LE DETERRAGE</a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">&#8220;Le déterrage, ou vénerie sous terre, est une pratique de chasse qui concerne le blaireau, le renard et le ragondin. Des chiens acculent l&#8217;animal chassé au fond du terrier pendant que les déterreurs creusent.<span style="font-size: 8pt"><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Durant de longues heures l&#8217;animal angoisse bloqué dans son terrier par les chiens. Des combats violents ont lieu et les animaux ressortent souvent blessés.<span style="font-size: 8pt"><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La capture des animaux chassés est, elle aussi, violente et douloureuse : les déterreurs utilisent généralement des pinces métalliques saisissant l&#8217;animal au cou, au museau ou à la patte, afin de « l&#8217;arracher » de son terrier.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong>Nous venons d&#8217;apprendre que la fédération des chasseurs de  la Haute-Marne renouvelle le 27 juin prochain sa journée départementale de déterrage.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Outre son aspect très cruel, cette pratique représente aussi un danger pour la faune :</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-size: 8pt"> </span>Des dizaines de terriers vont être détruits. Or le blaireau est une espèce fragile ayant une dynamique de reproduction très faible. Cela signifie que cette région aura une densité de blaireaux très faible (voire nulle) pendant de nombreuses années.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-size: 8pt"> </span>De plus, les blaireaux cohabitent souvent avec d&#8217;autres animaux. Certains sont protégés par la loi (exemple, le chat forestier). Le déterrage nuit donc aussi aux autres espèces.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="font-size: 8pt"> </span>Rappelons également que <strong>le blaireau est une espèce <span style="text-decoration: underline">protégée</span> dans la plupart des autres pays d’Europe </strong>: Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Portugal, Irlande&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">L’objectif de cette journée de déterrage  est simplement de faire concourir les déterreurs et les chiens : les blaireaux ne seront bien évidemment pas consommés et il ne s’agit en aucun cas d’une « gestion de la faune ».<strong></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong>Rien ne peut justifier un concours aussi cruel et néfaste pour la faune, sinon le plaisir pervers de s&#8217;amuser à torturer un animal !</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong> ========</strong></p>
<p>Signez la pétition!</p>
<p><strong><a href="http://www.lapetition.be/en-ligne/non-la-journe-de-dterrage-du-blaireau-en-haute-marne-3940.html">http://www.lapetition.be/en-ligne/non-la-journe-de-dterrage-du-blaireau-en-haute-marne-3940.html</a></strong></p>
<p><strong>=========<br />
</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><img class="alignnone size-full wp-image-108" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/carte-blaireau.jpg" alt="carte-blaireau" width="159" height="241" /></strong>Illustration : Robert HAINARD, célèbre blaireaulogue</p>
<p><strong>Pour plus d&#8217;infos, n&#8217;hésitez pas à aller faire un tour sur <span style="text-decoration: underline">mon autre blog</span>, consacré uniquement au Blaireau (Meles meles)</strong></p>
<h2 style="text-align: center"><span style="color: #339966"><strong><a href="http://vincentchezlesblaireaux.blogspot.com/">Vincent chez les blaireaux</a></strong></span></h2>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/10/aussi-mignon-que-le-panda-halte-au-massacre-du-blaireau-europeen/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Education : développer la culture naturaliste</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/10/education-developper-la-culture-naturaliste/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 15:32:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[personnel]]></category>

		<category><![CDATA[écologie]]></category>

		<category><![CDATA[éducation]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment développer la culture naturaliste ?
Une enquête sur le site de la Fédération des clubs Connaitre et Protéger la Nature FCPN
http://www.fcpn.org/consultations/comment-developper-la-culture-naturaliste


« Erosion de la biodiversité, érosion de la culture naturaliste !
Ça n’est pas un scoop : la situation globale de la biodiversité n’est pas reluisante. La plupart des experts qualifient la situation de très alarmante. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 class="western"><span style="font-size: x-small"><span style="text-decoration: underline"><img class="alignnone size-full wp-image-96" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/logo.gif" alt="logo" width="90" height="108" />Comment développer la culture naturaliste ?</span></span></h1>
<p>Une enquête sur le site de la Fédération des clubs Connaitre et Protéger la Nature FCPN</p>
<p><span style="font-size: x-small"><span style="text-decoration: underline"><a href="http://www.fcpn.org/consultations/comment-developper-la-culture-naturaliste">http://www.fcpn.org/consultations/comment-developper-la-culture-naturaliste</a></span></span></p>
<p><span style="font-size: x-small"><span style="text-decoration: underline"><br />
</span></span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">« Erosion de la biodiversité, érosion de la culture naturaliste !</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Ça n’est pas un scoop : la situation globale de la biodiversité n’est pas reluisante. La plupart des experts qualifient la situation de très alarmante. Et parallèlement, que constate-t-on ? Autour de nous, dans nos familles, dans les écoles, même dans le monde scientifique : la culture naturaliste recule inexorablement. Alors que nos enfants reconnaissent une marque aux premières notes de la pub ou un modèle de voiture après en avoir aperçu la calandre, ils se retrouvent fort dépourvus pour nommer l’oiseau qui chante sur un arbre ou le moindre papillon traversant le jardin… Est-ce bien normal ? Chez nos concitoyens, la connaissance de la nature qui nous entoure a disparu. Chez nos amis britanniques, un sondage montre que les animaux les plus reconnus chez les jeunes sont le rouge-gorge et le macareux. Pourquoi ? Parce que le rouge-gorge figure sur les cartes de vœux britanniques et le macareux est l’emblème d’une marque de vêtement très prisée des jeunes. Affligeant, non ? Les enfants ne connaissent plus la nature parce qu’ils ne l’apprennent plus ! »</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">François Lenormand (la Gazette des Terriers 115 – février 2009)</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><span style="text-decoration: underline">================<br />
</span></span></p>
<p><span style="font-size: x-small">Mes réponses personnelles à cette enquête&#8230;</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><span style="text-decoration: underline">Qui êtes-vous ?</span></span></p>
<div id="archetypes-fieldname-je-suis" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Je 	suis </span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><span>membre 	d’un club CPN </span>OUI<br />
responsable d’un club CPN 			OUI (membre CA)</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-de-quel-club-cpn" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">De 	quel club CPN ? CPN de la Vallée du Sausseron (95)</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-cp" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">CP 	du club 			95690</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-commune-du-club" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Commune 	du club 		FROUVILLE</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-adresse-personnelle" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Adresse 	personnelle 		idem adresse du club</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-commune-personnelle" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left">
</div>
<p><span style="font-size: x-small">Quel 	est votre âge ? 		38 ans</span></p>
<div id="archetypes-fieldname-depuis-combien-de-temps-etes-vous-dans-un-club-cpn" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Depuis 	combien de temps êtes-vous dans un club CPN ?  Ouh, la, la&#8230; 	bien 15 ans!</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-avez-vous-une-formation-initiale" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Avez-vous 	une formation initiale </span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">dans 	les sciences de la vie et de la terre 		OUI<br />
dans 	l’éducation ou l’animation socio-culturelle 	OUI<br />
autre, 	précisez<br />
</span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-autre" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Avez-vous 	une situation professionnelle </span></p>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-avez-vous-une-situation-professionnelle" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">dans 	les sciences de la vie et de la terre 		OUI<br />
dans 	l’éducation ou l’animation socio-culturelle 	OUI<br />
autre, 	précisez<br />
</span></p>
</div>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">2 petites questions </span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Ça n’est pas compliqué, notre enquête tient en 2 questions.</span></p>
<div id="archetypes-fieldname-1-comment-es-tu-devenu-naturaliste" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">1) Comment 	êtes-vous devenu naturaliste ? </span></p>
<div id="1-comment-es-tu-devenu-naturaliste_help" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Facile, 		je suis tombé dans la marmite quand j&#8217;étais petit, 		comme Obélix! Une maman prof de sciences nat&#8217;, un papa 		éducateur, une participation très jeune (dès 		l&#8217;âge de 8 - 10 ans) à des sorties naturalistes 		associatives (APRAPHE/GON à Villeneuve d&#8217;Ascq(59), puis CPN 		des Près), un passion naissante pour les oiseaux d&#8217;abord, 		des études scientifiques (biologie), une objection de 		conscience à Nord Nature Chico Mendès&#8230; Une facilité 		relationnelle et l&#8217;envie de partager mes connaissances, de propager 		mes idées, de m&#8217;engager comme militant de l&#8217;éducation 		populaire <span style="text-decoration: underline">et</span> de la protection de la nature&#8230; </span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Voilà, 		j&#8217;ai continué d&#8217;évoluer dans ce double milieu et j&#8217;ai 		fait mon bonhomme de chemin&#8230; après un parcours personnel, 		associatif et professionnel un peu chaotique dans le domaine de 		l&#8217;animation, de l&#8217;éducation à l&#8217;environnement, de la 		passion naturaliste sur le terrain, je suis devenu 		animateur-naturaliste, citoyen-écologiste, 		militant-éducateur, et papa d&#8217;un petit « entomologiste » 		de 7 ans. Oui, 7 ans que je suis membre et l&#8217;un des animateurs du 		CPNVS de Frouville ainsi que professionnellement Animateur &#8220;nature 		et patrimoine&#8221; au sein d&#8217;un Parc naturel régional, 		celui du Vexin français. Mais certains me connaissent 		bien, car avant cela, je suis passé par la case « coordinateur 		régional des CPN pour le Nord Pas de Calais » 		lors de l&#8217;expérience des « emplois jeunes » 		à la FCPN&#8230; Naturellement, je salue toute l&#8217;équipe!</span></p>
</div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-2-si-vous-en-aviez-le-pouvoir-quelles-sont-les-5-mesures-ou-plus-prioritaires-que-vous-prendriez-pour-que-l-education-a-la-nature-trouve-sa-place-dans-la-societe-francaise" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">2) Si vous en 	aviez le pouvoir, quelles sont les 5 mesures (ou plus) prioritaires 	que vous prendriez pour que l&#8217;éducation à la nature 	trouve sa place dans la société française ? </span></p>
<div id="2-si-vous-en-aviez-le-pouvoir-quelles-sont-les-5-mesures-ou-plus-prioritaires-que-vous-prendriez-pour-que-l-education-a-la-nature-trouve-sa-place-dans-la-societe-francaise_help" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">bon, allez, 		je me lâche ! VOUS L&#8217;AUREZ VOULU !!</span></p>
</div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-mesure-1" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Mesure 1 l&#8217; 	EDUCATION, NATURELLEMENT (la carotte)</span></p>
<div id="mesure-1_help" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><span style="text-decoration: underline">Instituer 		le métier &#8220;d&#8217;animateur nature d&#8217;Etat&#8221;</span>, et 		nommer un spécialiste de l&#8217;éducation à la 		nature et au développement écologique pour chaque 		établissement scolaire ou structure éducative au sens 		large. Élargir le champ de cette discipline et cette 		démarche à toute la société, au travers 		un maximum de publics différents : Parcs naturels, 		collectivités territoriales, centres de vacances et de 		loisirs, personnels municipaux et chargés des « espaces 		verts », prisons, jeunes en difficultés dans les 		&#8220;banlieux&#8221;, club de randonneurs, jeunes retraités, 		touristes, public familial et particuliers (pour des balades 		naturalistes ou des cours de jardinage par exemple)&#8230; On pourrait 		mettre des animateur nature partout !!!</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Faire 		de l&#8217;éducation à la nature à l&#8217;école <span style="text-decoration: underline">de 		manière obligatoire</span> (intégrer « l&#8217;école 		buissonnière » dans les programmes scolaires et 		dans la formations des professeurs), donc sensibiliser les enfants 		d&#8217;abord à cette culture naturaliste&#8230; Mais continuer plus 		tard avec les étudiants et les travailleurs. Créer 		des formations universitaires et diplômantes intégrant 		l&#8217;éducation à la nature dans toutes les disciplines 		(artisanat, industrie, personnel municipal et des &#8220;espaces 		verts&#8221;, fonctionnaires de l&#8217;état et des collectivités, 		commerces et vente). </span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Relancer 		et financer la recherche naturaliste et environnementale (géologue, 		botaniste, ornithologue, architecte, agriculteur&#8230;) même (et 		surtout) si cela n&#8217;amène pas de retombée économiques 		directes pour le laboratoire&#8230; Encourager la vraie recherche 		gratuite et désintéressée, pour des 		applications expérimentales utiles et le Savoir.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><br />
</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left">
</div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-mesure-2" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Mesure 2 			PROTEGER LA BIODIVERSITE&#8230; PAR LA FORCE ! (le bâton)</span></p>
<div id="mesure-2_help" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Abandonner 		complètement l&#8217;idée de &#8220;réserves 		naturelles&#8221;, de &#8220;Parc naturels régionaux&#8221; et 		d&#8217;espace ENS ou autre « réserves d&#8217;indiens » 		où la nature préservée est mise &#8220;sous 		cloche&#8221;, pour instituer à la place une <span style="text-decoration: underline">vraie 		règlementation sévère de protection de la 		biodiversité</span> sur tout le territoire ainsi que la <span style="text-decoration: underline">police</span> qui va avec (voir un corps de l&#8217;armée, des 		« éco-gendarmes ») formée à 		la protection de la nature, connaissant les espèces 		sensibles et les milieux naturels partout en France, mêmes 		dans les endroits moins &#8220;intéressants&#8221;, péri urbains mais (sur)fréquentés. </span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Parce 		que TOUTE la nature le vaut bien&#8230; Et parce qu&#8217;avec le « français 		moyen », un truc qui marche toujours, c&#8217;est la peur du 		gendarme! Et là on aurait un vrai outils pour faire vivre 		les villages (équivalent des gardes champêtres 		d&#8217;autrefois), pour mettre un terme au abus de la chasse 		(déterrages, piégeages, braconnage) et de certaines 		pratiques sportives (quad, motos, 4&#215;4 sauvages) partout, ou même 		pour faire de l&#8217;éducation intelligente dans les milieux 		urbains où les jeunes sont en manque de repères et de 		nature. Malin non? Ah si j&#8217;étais président&#8230;</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><br />
</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left">
</div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-mesure-3" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Mesure 3</span><span style="font-size: x-small"> ECOLOGIE RADICALE et SOCIALISME</span></p>
<div id="mesure-3_help" dir="ltr">
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Faire 		du &#8220;ministère de l&#8217;écologie&#8221; l&#8217;équivalent 		d&#8217;une &#8220;<span style="text-decoration: underline">assemblée de sages&#8221;</span> aussi puissante 		qu&#8217;un parlement ou qu&#8217;un sénat, débattant, 		réfléchissant dans un vrai processus démocratique 		et populaire et imposant des choix, des lois pour notre société 		qui soient les plus profitables par tous, en tenant compte des 		spécificités locales, régionales&#8230; </span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Pour 		moi, l&#8217;écologie politique doit être ancrée 		« bien à gauche », c&#8217;est clair. Et ce mouvement politique est trop séparé du mouvement 		militant et associatif, dit « apolitique »&#8230; 		Quand on a des idées, il faut les défendre jusqu&#8217;au 		bout&#8230; les associations sont des contre pouvoirs, en ce sens elles 		ont leur rôle à jouer dans le débat 		démocratique et donc être « lisible » 		sur le plan politique.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small">Il 		est temps de partager les richesses et de s&#8217;inspirer des 		expériences de certains &#8220;altermondialistes&#8221; pour 		inventer de  nouvelles façons de vivre ensemble, en 		équilibre avec notre habitat naturel, et en devenant tous 		citoyens de la planète&#8230; Je rêve encore??</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left"><span style="font-size: x-small"><br />
</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm" align="left">
</div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-mesure-4" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Mesure 4</span><span style="font-size: x-small"> LUTTER 	CONTRE LE « CAPITALISME » repeint en VERT</span></p>
<div id="mesure-4_help" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Aujourd&#8217;hui, 		j&#8217;ai l&#8217;impression que seuls les riches ont accès au 		&#8220;développement durable&#8221; pour construire leur 		maison, s&#8217;acheter du &#8220;bio&#8221; et partir en vacances 		&#8220;d&#8217;écotouristes&#8221; dans les îles 		paradisiaques&#8230; Dans d&#8217;autre continents exploités, on crève 		la misère, et on fait la guerre pour l&#8217;eau et le pétrole, 		pour se nourrir et avoir le droit de cultiver un lopin de terre 		face au « multinationales de l&#8217;agrobusiness »&#8230;</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Il faut 		dénoncer <span style="text-decoration: underline">le « capitalisme vert »</span> et les « éco-tartuffes » qui en vous 		incitant à acheter ceci ou cela « pour le bien de 		la planète » manipulent en fait les gens et 		considère la Terre comme une marchandise, et l&#8217;écologie 		comme un slogan « marketing » : l&#8217;eau, la 		terre, l&#8217;air (le CO2), les ressources énergétiques, 		les animaux et les plantes comestibles&#8230; tout est devenu 		marchandise, brevets, propriétés « privée », 		agriculture industrielle,  spéculation boursière, 		argent fictif&#8230;. Il faut dénoncer l&#8217;arnaque du 		« Réchauffement climatique » et la 		capitalisation du CO2, le « Grenelle de l&#8217;environnement » qui a imposé le nucléaire 		comme énergie &#8220;propre&#8221;&#8230; </span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Au nom de 		qui? d&#8217;une poignée de puissants et de riches actionnaires, 		de privilégiés du pouvoir, qui peuvent s&#8217;acheter la 		planète, mais qui se foutent pas mal de l&#8217;état de 		celle ci dans 100 ans et encore moins de l&#8217;avenir de l&#8217;humanité&#8230; 		Après moi le déluge! Les profits avant tout.</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Comment 		lutter contre ce système marchand??? Comment inciter les 		enfants et les jeunes à s&#8217;informer, à réfléchir 		par eux même,à lutter contre la culture TV 		abrutissante,  à devenir de vrai éco-citoyens de la 		planète&#8230; à part en commençant par éduquer à 		la NATURE près de chez soi, tant qu&#8217;il en reste un peu&#8230;</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small"><br />
</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Autres mesures, 	précisez : </span></p>
</div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-mesure-5" dir="ltr">
<div id="mesure-5_help" dir="ltr"><span style="font-size: x-small">Mettre à 		disposition des clubs CPN <span style="text-decoration: underline">un blog tout prêt</span> et facile 		à utiliser et à référencer (s&#8217;inspirer 		de certains partis politiques&#8230;) pour faire vivre le débat 		et partager les expériences par le biais d&#8217;Internet </span></div>
</div>
<div id="archetypes-fieldname-Autres_mesures" dir="ltr">
<div id="Autres_mesures_help" dir="ltr">
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Faire caca 		dans de la sciure, en être fier et en parler autour de soi&#8230; 		C&#8217;est ce que je fais.</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Détourner 		les trucs qui marchent bien du système marchand auprès des enfants pour les 		éduquer à la nature (j&#8217;ai par exemple réalisé 		des fausses « cartes Pokémon » pour 		mon fils, avec des insectes et des animaux de chez nous)</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: x-small">Faire des 		enfants pour en faire des naturalistes&#8230; et des citoyens de la planète Terre <img src='http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /><br />
</span></p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>A lire d&#8217;urgence : &#8220;La stratégie du choc&#8221; de Naomi Klein</title>
		<link>http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/2009/05/10/a-lire-durgence-la-strategie-du-choc-de-naomi-klein/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 14:08:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[guerres]]></category>

		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>

		<category><![CDATA[économie]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span class="sommaire_article_une_titre"><img class="alignnone size-full wp-image-85" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/choc.jpg" alt="choc" width="130" height="130" /></span></strong></p>
<p><strong><span class="sommaire_article_une_titre">Stratégie du choc et marketing de la peur  ; </span></strong><strong><span class="sommaire_article_une_titre">Ce livre est une bombe!</span></strong></p>
<p><strong><span class="sommaire_article_une_titre">A LIRE D&#8217;URGENCE si ce n&#8217;est déjà fait&#8230;<br />
</span></strong></p>
<p>Présentation sur Dailymotion : <a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/strat%C3%A9gie+du+choc/video/x61ckm_naomi-klein-la-strategie-du-choc_news">ICI en vidéo</a></p>
<p>=========</p>
<p class="spip">&#8220;Après avoir vu une partie de <a class="spip_out" href="http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=20391">l’interview de Naomi Klein au grand journal</a>, j’ai décidé de creuser le sujet un peu plus. je vais donc aller acheter son livre pour le lire tranquillement ce week-end.</p>
<p class="spip">En attendant, j’ai trouvé cette vidéo dans laquelle Naomi Klein explique elle-même la théorie qu’elle développe dans <em>La Stratégie du choc.</em> Remontant jusqu’aux prises de positions de Milton Friedman prix Nobel d’économie en 1976, elle essaie de mettre en évidence une pratique économique et politique conçue et développée au moment de la révolution conservatrice des années 80 aux États-Unis sous Reagan et en Grande-Bretagne sous Thatcher.</p>
<p class="spip">Le postulat est simple :<strong> d’une certaine manière, dans une situation de stress, les sociétés réagissent comme des individus en abandonnant provisoirement tout ou partie de leur esprit critique</strong>.</p>
<p class="spip">Une période de crise est donc un moment rêvé pour faire passer un certain nombre de réformes impopulaires très rapidement. L’opinion, anesthésiée par le choc, ne réagit pas comme elle le ferait en temps normal. Tout ce qu’elle voit, c’est un pouvoir politique et/ou économique qui agit rapidement &#8220;<em>pour sortir de la crise</em>&#8220;, ce qui est exactement ce qu’on lui demande. Sans se poser de questions sur la méthode&#8230;</p>
<p class="spip">J’avoue être troublé par ce concept. Je ne suis pas un fanatique des théories du complot, mais là, nous ne sommes pas dans ce registre. Nous sommes dans la mise en lumière d’un comportement tout à fait possible, voire plausible. Ne dit-on pas familièrement que le malheur des uns fait toujours le bonheur de certains autres ?</p>
<p class="spip">De là à théoriser sur ce fait et monter un système qui permet de profiter à fond de la moindre crise&#8230; Il y a là-dedans, si cela devait se confirmer, quelque chose de profondément répugnant. Qu’une entreprise privée essaie - par tous les moyens - de gagner de l’argent, c’est peu respectable, mais cela se comprend. Qu’un pouvoir politique puisse sciemment profiter d’un état de crise pour faire avaler des pilules que son peuple rejetterait en temps normal, c’est d’une amoralité finie.</p>
<p class="spip">Si en plus il a mis en place tous les mécanismes lui permettant de réagir au quart de tour, non pas pour aider les gens en difficultés, mais utiliser leur détresse pour manipuler le peuple dans son entier, on entre là dans une mentalité qui n’est plus du ressort de la démocratie selon moi.</p>
<p class="spip">Je vais sans doute paraître naïf aux yeux de certains lecteurs de ce papier. J’ai la faiblesse de croire en la force et la justesse de la démocratie. Mais, pour la première fois depuis longtemps, le discours de Naomi Klein me trouble. Je savais déjà que les pires ennemis d’une démocratie sont toujours à l’intérieur. Je m’aperçois qu’ils sont peut-être aux manettes.&#8221;     Manuel Atréid</p>
<p><span class="sommaire_article_une_titre">SOURCE : </span><a href="http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=20403&amp;id_forum=468192&amp;var_mode=recalcul#commentaire468192">article Agoravox</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Propagande anti Chavez</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 13:40:12 +0000</pubDate>
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		<title>On nous aurait menti? La théorie du pétrole ABIOTIQUE</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 13:11:50 +0000</pubDate>
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		<title>Jean Ziegler, &#8220;La haine de l&#8217;Occident&#8221;</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 12:30:20 +0000</pubDate>
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		<title>Géopolitique de l&#8217;Empire : Ca sent le gaz !</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 12:23:34 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>

		<category><![CDATA[énergies]]></category>

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		<description><![CDATA[


la géopolitique du pétrole (Lacoste) en pdf

présentation à voir d&#8217;urgence :   LA ROUTE DU PéTROLE
source : le site de Jean Pierre PETIT, astrophysicien, très documenté
 http://www.jp-petit.org/
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-65" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/puitpetrole.png" alt="puitpetrole" width="320" height="249" /></p>
<p><a href="http://img146.imageshack.us/img146/1980/axisofwarsuy7.swf"><br />
</a></p>
<p><a href="http://www.cours.polymtl.ca/mec4230/Autres%20Documents/Geopolitique%20du%20Petrole%20-%20Lacoste_2006.pdf">la géopolitique du pétrole (Lacoste) en pdf</a></p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-66" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/soldatuspetrole1-300x208.jpg" alt="IRAK-SYNTHESE-DIMANCHE-20030330_LEC061905_20030330.PKG" width="300" height="208" /></p>
<p>présentation à voir d&#8217;urgence :   <a href="http://img146.imageshack.us/img146/1980/axisofwarsuy7.swf">LA ROUTE DU PéTROLE</a></p>
<p>source : le site de Jean Pierre PETIT, astrophysicien, très documenté</p>
<p><strong> <a href="http://www.jp-petit.org/">http://www.jp-petit.org/</a></strong></p>
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		<title>Fatals picards, pause musicale de gauche</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 03:31:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les FATALS PICARDS &#8220;Mon père était tellement de gauche&#8221;
Et puis merde, je vote à droite!
Chasse pêche et biture

le site officiel du groupe
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=JhmQjkhuKVA">Les FATALS PICARDS &#8220;Mon père était tellement de gauche&#8221;</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=FeC-utpQnj0">Et puis merde, je vote à droite!</a></p>
<p><a href="http://it.truveo.com/fatals-picards-Chasse-peche-et-biture/id/2582526273">Chasse pêche et biture</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-46" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/images.jpg" alt="images" width="119" height="121" /><img class="alignnone size-full wp-image-47" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/imagess.jpg" alt="imagess" width="111" height="111" /></p>
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		<title>Vite&#8230; sauvons l&#8217;école publique et laïque ! Enseignants résistez!</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 03:22:01 +0000</pubDate>
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		<title>Protéger la biodiversité est devenu hors-la-loi, la guérilla contre les OGM se fait potagère</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 03:20:09 +0000</pubDate>
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		<title>Le discours pour l&#8217;humanité d&#8217;Evo Morales</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 02:12:32 +0000</pubDate>
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		<title>Discours d’Evo Morales, chef indien (Bolivie)</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 02:07:25 +0000</pubDate>
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		<title>L&#8217;IRAN raciste? L&#8217;avez vous seulement lu, le discours d&#8217;Ahmadinejad.</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 02:02:57 +0000</pubDate>
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Intégrale du discours de Mahmoud Ahmadinejad devant Durban II
mercredi 22 avril 2009 - 16h:44



Intervenant devant la conférence mondiale contre le racisme (dite «&#160;Durban II&#160;»), le président iranien a dénoncé la hiérarchisation des États au sein de l’ONU et de ses agences comme des expressions du racisme occidental. Il a souligné qu’usant de leur droit de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<div id="article-ligne-haut">
<div id="article-coll-gauche">
<h3>Intégrale du discours de Mahmoud Ahmadinejad devant Durban II</h3>
<p>mercredi 22 avril 2009 - 16h:44</p>
</div>
<hr /></div>
<p><!-- article-ligne-haut --></p>
<div id="article-chapo">Intervenant devant la conférence mondiale contre le racisme (dite «&nbsp;Durban II&nbsp;»), le président iranien a dénoncé la hiérarchisation des États au sein de l’ONU et de ses agences comme des expressions du racisme occidental. Il a souligné qu’usant de leur droit de veto illégitime, de grandes puissances ont permis le développement d’un régime raciste en Palestine occupée. Nous reproduisons ici l’intégralité de son discours.</div>
<p><!-- article-chapo --></p>
<div id="article-ligne-mediane">
<div class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://www.info-palestine.net/IMG/jpg/A10-117.jpg" alt="(JPG)" width="400" height="211"></div>
<p class="spip">M.&nbsp;le président,<br />
M.&nbsp;le secrétaire général des Nations Unies,<br />
Mesdames et messieurs,</p>
<p class="spip">Nous sommes ici réunis, suite à la Conférence de Durban contre le racisme et les discriminations raciales, afin de nous accorder sur des lignes pratiques dans le cadre de notre campagne sacrée et humanitaire.</p>
<p class="spip">Au cours des derniers siècles, l’humanité a connu d’immenses souffrances et douleurs. Au Moyen-âge, les penseurs et scientifiques étaient condamnés à mort. Une période d’esclavage et de commerce d’êtres humains lui succéda, lorsque des innocents par millions furent capturés et séparés de leur famille et de leurs proches pour être conduits en Europe et en Amérique. Ce fut une période sombre qui connut également son lot d’occupations, de pillages et de massacres d’innocents.</p>
<p class="spip">De nombreuses années s’écoulèrent avant que les nations ne se soulèvent et combattent pour leur liberté. Elles sacrifièrent des millions de vies pour expulser les occupants et proclamer leur indépendance. Cependant les pouvoirs autoritaires imposèrent rapidement deux guerres mondiales en Europe, qui dévastèrent en outre une partie de l’Asie et de l’Afrique et causèrent la mort d’environ cent millions de personnes, laissant derrière elles une dévastation sans précédent. Si seulement nous avions retenu les leçons des oppressions, de l’horreur et des crimes de ces guerres, un rayon d’espoir aurait illuminé l’avenir. Les puissances victorieuses se sont proclamées conquérantes du monde, tout en ignorant ou en minimisant les droits des autres nations par l’imposition de lois et arrangements.</p>
<p class="spip"><i>Déguisés en clowns, trois militants de l’Union des étudiants juifs de France introduits avec l’aide de la délégation diplomatique française, apostrophent l’orateur avant d’être évacués par le service de sécurité des Nations Unies.</i></p>
<p class="spip">Mesdames et Messieurs,</p>
<p class="spip">Portons notre regard sur le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui figure parmi les héritages de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Quelle était la logique de l’auto-attribution du droit de véto par les grandes puissances&nbsp;? Comment une telle logique peut-elle s’accorder avec les valeurs humanitaires ou spirituelles&nbsp;? Se pourrait-il qu’elle soit en conformité avec les principes reconnus de la justice, de l’égalité devant la loi, de l’amour et de la dignité humaine, ou plutôt ceux de la discrimination, de l’injustice, de la violation des droits humains ou de l’humiliation de la majorité des nations&nbsp;? Ce conseil est le centre de décision mondial le plus important pour la défense de la paix et de la justice internationales. Comment s’attendre à l’avènement de la paix et de la justice lorsque la discrimination est légalisée et que l’origine des lois est dominée par la coercition et la force plutôt que la justice et le droit&nbsp;?</p>
<p class="spip">En dépit du fait qu’aujourd’hui de nombreux défenseurs du racisme condamnent la discrimination raciale par les mots et les slogans, des grandes puissances ont été autorisées à décider pour les autres nations, se basant sur leur propre intérêt et comme elles seules l’entendent. Elles peuvent facilement ridiculiser et enfreindre toutes les lois et valeurs humanitaires, comme elles l’ont montré.</p>
<p class="spip">Après la Seconde Guerre mondiale, elles ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terre une nation entière, sous prétexte des souffrances juives <a class="spip_out" href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6501#01">(*)</a>. Elles ont envoyé des migrants d’Europe, des États-Unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement intégralement raciste en Palestine occupée et, de fait, à titre de compensation pour les graves conséquences du racisme en Europe, elles ont aidé à hisser au pouvoir les individus les plus cruels et les racistes les plus répressifs en Palestine.</p>
<p class="spip">Le Conseil de sécurité a contribué à la stabilisation du régime sioniste et a soutenu les sionistes durant les soixante dernières années, leur donnant un feu vert pour poursuivre leurs crimes.</p>
<p class="spip"><i>Les ambassadeurs des États membres de l’Union européenne quittent la salle tandis que fusent les applaudissements des uns et les huées des autres</i></p>
<p class="spip">Il est d’autant plus regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux, avec les États-Unis, se soient engagés à défendre ces individus racistes responsables de génocide, alors même que la conscience éveillée et les esprits libres du monde entier condamnent les crimes sionistes d’agression, de massacres et autres brutalités commises lors des bombardements de civils à Gaza. Ces gouvernements ont toujours soutenu ou sont restés silencieux face aux actes infâmes du régime sioniste. Fort malheureusement la raison de leur soutien et de leur silence est que le sionisme égoïste et barbare est parvenu à pénétrer profondément leur structure politique et économique, ce qui inclut leur législation, leurs médias de masse, leurs entreprises, leur système financier et leurs agences de sécurité et de renseignement. Ils ont imposé leur domination au point que rien ne puisse être fait contre leur volonté. Dans certains pays, même les changements de gouvernement ne font jamais fléchir le soutien aux sionistes, bien qu’ils soient tous conscients de leurs crimes&nbsp;: cela est en soi fort regrettable.</p>
<p class="spip">Tant que la domination sioniste se maintiendra, de nombreux pays, gouvernements et nations ne seront jamais en mesure de jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité. Tant qu’ils seront au sommet du pouvoir, la justice ne triomphera jamais dans le monde et la dignité humaine continuera d’être offensée et piétinée.</p>
<p class="spip">Il est grand temps que l’idéal du sionisme, qui constitue le paroxysme du racisme, soit brisé.</p>
<p class="spip">Chers délégués, Mesdames et Messieurs,</p>
<p class="spip">Quelles sont les causes profondes de l’attaque U.S. contre l’Irak ou l’invasion de l’Afghanistan&nbsp;? Quel était le mobile de l’invasion de l’Irak, en dehors de l’arrogance de l’administration U.S. d’alors et de la pression croissante, exercée par les détenteurs de richesse et de pouvoir, visant à étendre leur sphère d’influence par la défense des intérêts des grands fabricants d’armes, de l’annihilation d’une culture noble de milliers d’années d’histoire, de l’élimination d’une menace potentielle et concrète en provenance des pays arabes vis-à-vis du régime sioniste usurpateur, du contrôle et du pillage des ressources énergétiques du peuple irakien&nbsp;? Pourquoi en effet près d’un million de personnes ont été déplacées et ont perdu leur logement&nbsp;? Pourquoi en effet le peuple irakien a-t-il subi d’énormes pertes s’élevant à plusieurs centaines de milliards de dollars et pourquoi des centaines de milliards de dollars ont-ils été pris au peuple états-unien en conséquence de ces actions militaires&nbsp;? L’action militaire contre l’Irak n’a-t-elle pas été planifiée par les sionistes et leurs alliés de l’administration U.S. d’alors, avec la complicité des grands fabricants d’armes&nbsp;?</p>
<p class="spip">L’invasion de l’Afghanistan a-t-elle restauré la paix, la sécurité et le bien-être économique dans ce pays&nbsp;? Les États-Unis et leurs alliés ont non seulement échoué à limiter la production de drogue en Afghanistan&nbsp;; les cultures illicites de narcotiques se sont multipliées durant leur présence. La question essentielle est&nbsp;: quelle était la responsabilité et le travail de l’administration U.S. d’alors et de ses alliés&nbsp;? Représentaient-ils les États du monde&nbsp;? Ont-ils été mandatés par eux&nbsp;? Ont-ils été autorisés, au nom des peuples du monde, à interférer aux quatre coins de la planète, et bien entendu particulièrement dans notre région&nbsp;? Ces mesures ne constituent-elles pas un exemple clair d’égocentrisme, de racisme, de discrimination ou d’atteinte à la dignité et à l’indépendance des nations&nbsp;?</p>
<p class="spip">Mesdames et Messieurs,</p>
<p class="spip">Qui est responsable des crises économiques actuelles&nbsp;? Où les crises ont-elles commencées&nbsp;? En Afrique&nbsp;? En Asie&nbsp;? Ou alors cela venait-il d’abord des États-Unis, s’étendant ensuite à l’Europe et à leurs alliés&nbsp;? Ils ont longtemps imposé, par leur pouvoir politique, leurs règles économiques inéquitables à l’économie internationale. Ils ont imposé un système financier et monétaire dépourvu de mécanisme régulateur international adapté à des nations et gouvernements n’ayant aucune influence sur ses orientations et politiques. Ils n’ont même pas autorisé leurs citoyens à superviser ou contrôler leur politique financière. Ils ont imposé toutes leurs lois et règlementations, en dépit de toutes les valeurs morales, seulement pour protéger les intérêts des détenteurs de richesses et de pouvoir.</p>
<p class="spip">Ils ont de plus donné une définition de l’économie de marché et de la compétition privant de nombreux États des possibilités offertes à d’autres dans le monde. Ils ont même transféré leurs problèmes à d’autres&nbsp;; infectant leur économie avec des milliers de milliards de dollars de déficit budgétaire alors que la vague de crise sévissait. Et aujourd’hui ils injectent des centaines de milliards de liquidités provenant des poches de leur propre peuple dans les banques, entreprises et institutions financières en faillite, rendant la situation de plus en plus compliquée pour leur économie et leur peuple. Ils pensent uniquement à protéger leur pouvoir et leur argent&nbsp;; ils ne se soucient guère des peuples du monde, ni même du leur.</p>
<p class="spip">M.&nbsp;le président,<br />
Mesdames et Messieurs,</p>
<p class="spip">Le racisme est enraciné dans le manque de connaissances concernant la vérité de l’existence humaine comme créature choisie par Dieu. Il est aussi le produit de sa déviation du véritable chemin de la vie humaine et du devoir de l’humanité dans le monde de la création. L’absence de vénération consciente de Dieu, l’incapacité à réfléchir à la philosophie de la vie ou au chemin de la perfection, toutes ces entorses aux principales composantes des valeurs divines et humaines ont réduit le champ de vision de l’humanité, faisant des intérêts limités et individuels sa seule boussole. C’est pourquoi les cellules du pouvoir maléfique ont pris forme, puis étendu leur contrôle en privant les autres de chances équitables et justes. Le résultat a été l’élaboration d’un racisme débridé constituant la menace la plus sérieuse pour la paix internationale.</p>
<p class="spip">Sans aucun doute, le racisme est le symbole d’une ignorance profondément enracinée dans l’histoire, et il s’agit en effet d’un signe de frustration dans le développement de la société humaine. Il est donc extrêmement important de resituer les manifestations de racisme dans les situations ou les sociétés où l’ignorance, le manque de connaissances prévalent. Cette conscience et cette compréhension générales de la philosophie de l’existence humaine est le principal combat contre de telles manifestations. La clé pour comprendre la vérité selon laquelle le genre humain est centré sur la création de l’univers est un retour aux valeurs morales et spirituelles, et finalement la volonté de vénérer Dieu le tout-puissant. La Communauté internationale doit initier des actions collectives pour susciter la prise de conscience dans les sociétés souffrant toujours de l’ignorance du racisme, de manière à mettre un terme à la propagation de ces malveillantes manifestations.</p>
<p class="spip">Chers amis,</p>
<p class="spip">Aujourd’hui la communauté humaine est confrontée à un genre de racisme qui a terni l’image de l’humanité au début du troisième millénaire. Le mot «&nbsp;sionisme&nbsp;» incarne un racisme qui a faussement recours à la religion et abuse du sentiment religieux pour cacher sa haine et son horrible visage. Il est cependant très important de souligner les objectifs politiques de certaines des puissances mondiales et ceux qui contrôlent des intérêts économiques, des richesses énormes dans le monde. Ils mobilisent toutes leurs ressources, dont leur influence économique, politique et médiatique mondiale pour apporter leur soutien au régime sioniste et s’efforcent singulièrement d’atténuer l’indignité et la disgrâce de ce régime.</p>
<p class="spip">Ce n’est pas uniquement une question d’ignorance et il est impossible de dompter de tels phénomènes par de simples messages culturels. Des efforts doivent être déployés afin de mettre un terme aux abus, par les sionistes et leurs soutiens, à l’encontre de la volonté politique et internationale et, en respect de la volonté et des aspirations des nations, les gouvernements doivent être encouragés et soutenus dans leurs combats visant à éradiquer ce racisme barbare, à avancer vers une réforme des mécanismes internationaux actuels.</p>
<p class="spip">Vous êtes, sans aucun doute, tous informés des complots de certains pouvoirs et des cercles sionistes contre les objectifs et les aspirations de cette conférence. Malheureusement beaucoup d’informations peuvent être diffusées dans un but de soutien au sionisme et à ses crimes, et il en va de la responsabilité des honorables représentants des nations de faire le jour sur ces campagnes qui sont en opposition avec les valeurs et principes humains.</p>
<p class="spip">Il devrait être admis que le boycott d’une telle conférence, d’une étendue internationale exceptionnelle, est une réelle indication du soutien à cet exemple manifeste de racisme. En défendant les Droits de l’homme, il est d’une importance capitale de défendre également les Droits des nations à participer équitablement à tous les processus de prise de décisions internationaux importants, hors de l’influence de certaines puissances mondiales. En second lieu il est nécessaire de restructurer les organisations internationales existantes et leur agences respectives. Cette conférence constitue ainsi un test et l’opinion publique mondiale nous jugera aujourd’hui et demain.</p>
<p class="spip">M.&nbsp;le président,</p>
<p class="spip">Le monde connaît des bouleversements fondamentaux. Les relations de pouvoir sont devenues si ténues et fragiles. Nous pouvons désormais entendre le bruit des piliers de l’oppression mondiale se fissurant. Les grandes structures politiques et économiques sont au bord de l’effondrement. Les crises politiques et sécuritaires s’intensifient. La crise émergente de l’économie mondiale, au sujet de laquelle il est difficile de faire d’heureux pronostics, démontre amplement la réalité des changements mondiaux profonds qui se manifestent de façon croissante. J’ai beaucoup insisté sur la nécessité de corriger la mauvaise direction dans laquelle le monde est aujourd’hui dirigé.</p>
<p class="spip">J’ai également mis en garde contre les sévères conséquences si nous remettons à plus tard cette responsabilité cruciale. Aujourd’hui, dans le cadre de cet auguste et bénéfique événement, j’aimerais déclarer à tous les dirigeants et penseurs présents à cette conférence et engagés pour la cause de la paix, de la liberté, du progrès et du bien-être humain que la gouvernance inéquitable et injuste du monde arrive maintenant au bout du chemin. Cette issue était inévitable sachant que la logique de cette gouvernance imposée était oppressive. La logique de prise en main collective des affaires globales est en revanche basée sur de nobles aspirations se concentrant sur l’être humain et la suprématie du Dieu tout-puissant. Elle bute donc contre toute politique ou plan allant à l’encontre des intérêts des nations. La victoire du bon contre le mauvais et la mise en place d’un système mondial juste sont la promesse de Dieu et de ses messagers, et elle constitue un but commun pour les êtres humains des différentes sociétés et générations au cours de l’histoire.</p>
<p class="spip">L’avènement d’un tel avenir dépend de la connaissance de la création et représente la foi dans le cœur de tous les croyants. La réalisation d’une société globale est de fait l’accomplissement d’un système commun global dirigé avec la participation de toutes les nations du monde à tous les niveaux de prise de décision et au trajet certain vers ce but sublime. Les capacités scientifiques et techniques, ainsi que les technologies de communication, ont contribué à l’émergence d’une compréhension commune et répandue de la société humaine et ont posé les fondations essentielles à un système commun. Il incombe maintenant à tous les intellectuels, penseurs et dirigeants du monde d’assumer leur responsabilité historique avec la ferme conviction qu’il s’agit de la bonne direction.</p>
<p class="spip">Je souhaite en outre insister sur le fait que le libéralisme occidental, comme le communisme, connaît son crépuscule car il a échoué à percevoir la vérité du monde et de l’humanité telle qu’elle est. Il a imposé ses propres aspirations et sa propre direction aux êtres humains sans tenir compte des valeurs humaines et divines, la justice, la liberté, l’amour ou la fraternité, a réduit la vie à une intense compétition au service des intérêts matériels individuels et de groupe. Nous devons tirer les enseignements du passé en initiant des efforts collectifs pour relever les défis actuels. Dans cette perspective et pour conclure mon propos, je souhaiterais attirer votre aimable attention sur deux points importants&nbsp;:</p>
<p class="spip">Il est absolument possible d’améliorer la situation mondiale existante. Cependant, force est de constater que cela n’est réalisable que par la coopération de tous les États afin de tirer le meilleur des capacités du monde. Ma participation à cette conférence est à mettre sur le compte de mes convictions concernant ces problèmes importants et à notre responsabilité commune pour la défense des droits des nations contre le sinistre phénomène qu’est le racisme.</p>
<p class="spip">Une fois constatée l’inefficacité des systèmes politiques, économiques et de sécurité internationaux actuels, il est nécessaire de se concentrer sur les valeurs divines et humaines et en se référant à la véritable définition de l’humanité, basée sur la justice et le respect des droits dans le monde entier, sur l’admission des mauvaises pratiques dans la gouvernance mondiale passée, pour entreprendre des mesures collectives afin de réformer les structures existantes. Dans cette optique, il est essentiel de réformer rapidement la structure du Conseil de sécurité, ce qui implique de mettre fin au droit de veto discriminatoire et de réformer le système financier et monétaire mondial actuel. Il est évident que le manque de compréhension du caractère urgent de la nécessité de changement n’a d’égal que les coûts beaucoup plus conséquents de toute remise à plus tard de ces questions.</p>
<p class="spip">Chers amis,</p>
<p class="spip">Avancer vers la justice et la dignité humaines est comme suivre le rapide courant d’une rivière. N’oublions pas l’essence de l’amour et de l’affection. L’avenir radieux de l’être humain est un bien précieux pouvant servir notre cause en nous rassemblant pour ériger un monde nouveau empli d’amour, de fraternité et de bénédiction. Un monde dépourvu de pauvreté et de haine, méritant la bienveillance renouvelée du Dieu tout-puissant et le juste encadrement de l’être humain parfait. Joignons tous nos mains dans l’amitié en accomplissant notre part dans la réalisation d’un monde meilleur comme celui-là.</p>
<p><a class="mceItemAnchor" name="01"></a></p>
<p class="spip"><b>*)</b> - Dans sa version écrite, l’auteur évoquait l’holocauste en fin de cette phrase. L’information apportée par Alain Gresh sur le <a class="spip_out" href="http://blog.mondediplo.net/2009-04-22-Durban-II-delire-et-desinformation">blog du <i>Monde diplomatique</i></a>, nous apprend qu’Ahmadinejad l’a supprimée de son discours, à la demande du représentant des Nations unies&nbsp;: <a class="spip_out" href="http://www.huffingtonpost.com/2009/04/21/ahmadinejad-antiisrael-sp_n_189382.html"><i>Ahmadinejad Anti-Israel Speech Was Toned Down&nbsp;: UN</i></a>. Il convient donc de s’en tenir à l’intervention verbale du  président iranien. (ndp).</p>
</div>
<p><!-- ligne-mediane --></p>
<p><!-- ligne-notes --></p>
<div id="article-ps">
<p>22 avril 2009 - Réseau Voltaire - Vous pouvez consulter cet article ici&nbsp;:<br />
<a class="spip_url" href="http://www.voltairenet.org/article159812.html">http://www.voltairenet.org/article1&#8230;</a></p>
</div>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une vérité qui dérange??? Tout sur le &#8220;réchauffement climatique&#8221;</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 01:55:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Sciences&Technologies]]></category>

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		<category><![CDATA[écologie]]></category>

		<category><![CDATA[économie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Et si le responsable était&#8230; le SOLEIL et le cycle de l&#8217;eau sur Terre????
Faite comme moi, informez vraiment au sujet du &#8220;dérèglement climatique&#8221; et des conclusions des &#8220;EXPERTS &#8221; du GIEC sur le rôle joué par le CO2. Alors, septique??? MOI OUI; COMME BEAUCOUP DE SCIENTIFIQUES. A qui profite cette propagande et cette peur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span class="texte"><img class="alignnone size-full wp-image-36" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/soleil.jpg" alt="soleil" width="210" height="210" /></span></strong></p>
<p><strong><span class="texte">Et si le responsable était&#8230; le SOLEIL et le cycle de l&#8217;eau sur Terre????</span></strong></p>
<p><span class="texte"><em>Faite comme moi, informez vraiment au sujet du &#8220;dérèglement climatique&#8221; et des conclusions des &#8220;EXPERTS &#8221; du GIEC sur le rôle joué par le CO2. Alors, septique??? MOI OUI; COMME BEAUCOUP DE SCIENTIFIQUES. A qui profite cette propagande et cette peur de l&#8217;apocalypse? l&#8217;écologie n&#8217;est pas une religion, c&#8217;est une science. l&#8217;étude du climat aussi, et on est loin d&#8217;avoir tout compris! Souvenez vous du discours d&#8217;investiture du petit Nicolas&#8230; le vilain réchauffement du climat, le Grenelle de l&#8217;environnement, le nucléaire propre, des nouvelles taxes, bloquer les pays émergents, un argument marketing beton avec des petites étiquettes vertes, une &#8220;diabolisation&#8221; du CO2, une récupération (involontaire parfois) du discours écologiste alarmiste&#8230; c&#8217;est devenu l&#8217;arbre qui cache la forêt, cette histoire de réchauffement. Aux dernières nouvelles, la banquise arctique se porte très bien&#8230; Il y aurait même un léger refroidissement de la planète ces dernières années (températures des océans mesurées de manière fiable par satellites), consécutif à un cycle solaire débutant doucement (aucune éruption solaire depuis un an !) Moi, mon avis est fait, je crois aux observations et aux preuves scientifiques, pas à la propagande médiatique initiée par un des plus gros spéculateur de &#8220;compensation carbone&#8221; Al Gore. Je suis un militant de l&#8217;écologie et de la protection de la nature qui ne croient pas (arguments scientifiques et observations réelles à l&#8217;appui) au réchauffement climatique causé par l&#8217;homme. (et je ne suis pas payé par Total)  A vous de vous faire votre avis sur la question!</em> Vincent<br />
</span></p>
<table id="ViewArticleTable" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" width="100%">
<tbody>
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<div class="bigArticleText" style="margin-right: 10px">
<p align="justify"><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x2bymx_larnaque-du-rechauffement-climatiqu_news">l&#8217;Arnaque du Réchauffement Climatique</a> en vidéo</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify">Une analyse à contre courant faite avec la participation de plusieurs scientifiques sur le réchauffement climatique. Les enjeux, y compris financiers, de cette déferlante mediatico politique, le message apocalyptique passé en boucle, son côté totalitaire qui ne supporte aucune critique. Bref de quoi réfléchir sérieusement, se poser plein de questions et éviter de tomber dans l&#8217;hystérie collective. Dans le climat politique surchauffé par la &#8220;peste émotionnelle&#8221;, n&#8217;oublions pas l&#8217;héritage du siècle des Lumières.</p>
<p><img src="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/jpg/02-01.jpg" border="0" alt="Illust:  Effets du réchauffemen, 34.1 ko, 400x300" width="400" height="300" /><br />
<em><span style="font-size: 12pt;font-family: 'Times New Roman'" lang="FR-CA">La fonte des glaces aux pôles (ici, en Antarctique) et l’extension des terres soumises à la sécheresse (ici, en Thaïlande).</span><br />
</em></p>
<p><em>L&#8217;Arnaque du Rechauffement Climatique (Vidéo avec sous-titrage français)</em></div>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong><span class="texte"><br />
</span></strong></p>
<p><strong><span class="texte">Pour plus d&#8217;info :<br />
</span></strong></p>
<p><strong><span class="texte">Introduction du site incontournable de Jean Martin </span></strong><strong><span class="texte"> <a href="http://www.pensee-unique.fr/"> http://www.pensee-unique.fr/</a> </span></strong></p>
<p><strong></strong><span class="texte">Ce site est dédié à toutes celles et à tous ceux qui ont conservé un certain esprit critique et qui se refusent à absorber sans réfléchir, une grande partie des nouvelles de toutes sortes qui nous parviennent chaque jour. Rédigé par un scientifique (<a href="http://www.pensee-unique.fr/auteur.html">l’auteur</a> ), ce site vous propose des <a href="http://www.pensee-unique.fr/pourquoi.html">explications alternatives</a> à certaines informations qui, sous le couvert de la science ou des statistiques, uniformisent nos opinions. La disparition malheureuse de certains journaux de presse indépendante, la <a href="http://www.pensee-unique.fr/medias.html">concentration des média</a> (journaux restants, télévision, radio) dans les mains d’un groupe réduit de “faiseurs d’opinion”, l’interdépendance pernicieuse des milieux de l’information et des décideurs ainsi que la complicité efficace de certains groupes de pression, tout cela contribue à nous délivrer une information tronquée, déformée, concertée, orientée et somme toute, répétitive et abrutissante. L&#8217;impact de ces pratiques délétères sur le &#8220;grand public&#8221; qui fait aveuglément confiance aux prédicateurs de toute sorte, est malheureusement immense.</span></p>
<p><span class="textengras">Hélas, cher(e) lecteur(trice), nous sommes rentrés dans l’ère de la </span><span class="PenseeUnique">Pensée Unique</span> ! <span class="texte">Alors, si vous en avez assez d’entendre toujours les mêmes rengaines et s&#8217;il vous reste encore un minimum d&#8217;esprit critique, lisez ce site abondamment documenté et illustré et <a href="http://www.pensee-unique.fr/mecrire.html">réagissez </a>(poliment, SVP)! </span></p>
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		<item>
		<title>Le lac Tchad n’est pas la mer d’Aral</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 01:44:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[climat]]></category>

		<category><![CDATA[écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le lac Tchad n’est pas la mer d’Aral
Par  										 									Géraud Magrin
ENQUETE. Symbole du réchauffement climatique, la baisse spectaculaire des eaux du Lac Tchad est en réalité naturelle. Retour sur un mythe de la lutte écologique, érigé pour le meilleur… ou pour le pire ? 7 novembre 2007.

 
Source : NASA 2001, d’après images Landsat.
Le lac Tchad [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 class="r6">Le lac Tchad n’est pas la mer d’Aral</h1>
<p>Par  										 									<a class="aut" rel="tag" href="http://www.mouvements.info/spip.php?mot663">Géraud Magrin</a></p>
<div class="chapeau">ENQUETE. Symbole du réchauffement climatique, la baisse spectaculaire des eaux du Lac Tchad est en réalité naturelle. Retour sur un mythe de la lutte écologique, érigé pour le meilleur… ou pour le pire ? 7 novembre 2007.</div>
<div class="texte">
<p class="spip"><span class="spip_document_235 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 525px;width: 500px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L500xH525/landsat_chad_1_-d8ad8.jpg" alt="" width="500" height="525" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : NASA 2001, d’après images Landsat.</em></p>
<p class="spip">Le lac Tchad sera-t-il la première victime du changement climatique ? Situé au cœur de la masse continentale africaine, sur un rivage du Sahara, au nord d’une région sahélienne durement éprouvée par les sécheresses des années 1970-80, ce lac semble fournir un témoin idéal pour penser les enjeux du réchauffement de la planète : il se tapit au centre du plus grand bassin endoréique du monde (2.500.000km2, cf. figure 1), où l’insignifiance du relief et la faible profondeur des eaux permettent des variations de grande ampleur du niveau et de la superficie lacustre. Ce lac allochtone fascine depuis longtemps – des géographes arabes du Moyen âge au voyageur Nachtigal, en passant par André Gide ou Théorodore Monod - parce que son existence ne s’explique que par l’apport de cours d’eau qui prennent leur source en zone soudanienne sub-humide (principalement le Chari, grossi des apports du Logone à N’Djaména), et ainsi parce qu’il offre des écosystèmes très riches dans un environnement marqué par l’aridité. Sous l’effet des sécheresses récentes, de nombreuses populations d’agriculteurs, d’éleveurs ou de pêcheurs ont convergé vers ses rives et ses îles : il apparaît aujourd’hui comme une grande oasis sahélienne, à l’instar du delta intérieur du Niger. Partagé entre quatre Etats (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun), il abrite aussi des enjeux économiques et géopolitiques [<a id="nh1" class="spip_note" title="[1] Magrin G., 2005. « Do we have to mistrust still waters ? Hydropolitical (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh1&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb1&#8243;>1</a>] .</p>
<p class="spip">Une opinion communément répandue, fréquemment véhiculée par les médias à partir de travaux scientifiques pourtant contestés (cf. infra), considère que le lac Tchad diminue inexorablement, sous l’effet du réchauffement climatique – qui ferait baisser la pluviométrie dans les zones sèches comme le Sahel et augmenterait l’évaporation – et des prélèvements anthropiques – qui limiterait les apports au lac de ses tributaires. On le voit ainsi en mer d’Aral africaine, condamné à disparaître à brève échéance, victime de l’irresponsable action humaine sur la nature.</p>
<p class="spip">Au risque de décevoir le lecteur, la seule certitude que l’on puisse énoncer d’emblée, c’est que l’on ne sait pas quelle part le réchauffement climatique prendra dans l’avenir du lac Tchad. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le bas niveau actuel du lac a déjà été connu à plusieurs reprises par le passé, et que les Cassandre se trompent probablement : si l’utilisation humaine des eaux du bassin demeure à un niveau comparable à ce qu’elle est actuellement, le lac ne devrait pas disparaître à brève échéance, c’est-à-dire à l’échelle du temps humain [<a id="nh2" class="spip_note" title="[2] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », in Nihoul (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh2&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb2&#8243;>2</a>].</p>
<p class="spip">En effet, le lac Tchad a été abondamment étudié, notamment par des chercheurs de l’ORSTOM (aujourd’hui I.R.D), sous l’angle des dynamiques environnementales, de la biologie [<a id="nh3" class="spip_note" title="[3] Carmouze J.P., Durand J.R., Lévêque (eds), 1983. Lake Chad, Monography (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh3&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb3&#8243;>3</a>] , de la pêche [<a id="nh4" class="spip_note" title="[4] Benech V., Quensiere J. 1987. Dynamique des peuplements ichtyologiques (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh4&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb4&#8243;>4</a>] , de l’hydrologie [<a id="nh5" class="spip_note" title="[5] Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet J.P. 1996. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh5&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb5&#8243;>5</a>]., mais aussi de l’histoire, du peuplement et des systèmes agricoles et économiques [<a id="nh6" class="spip_note" title="[6] Bouquet C. 1990. Insulaires et riverains du lac Tchad, Paris, (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh6&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb6&#8243;>6</a>] . Les relations entre l’histoire de ces recherches et celle du lac ne sont pas sans intérêt. Les études de terrain sur le lac ont été importantes dans les années 1950 à 1970, correspondant au « moyen Tchad » (cf. infra). Avec la sécheresse des années 1970, on entre dans une période de « petit lac ». Ce moment correspond aussi à la guerre civile tchadienne, dont les différents épisodes vont éloigner les chercheurs du lac au moins jusqu’au milieu des années 1990. Durant les 20 dernières années, la recherche prend de la hauteur : la télédétection prend le pas sur l’approche au ras du sol. Cela favorise des découvertes, comme celle du Méga-lac Tchad de l’Holocène [<a id="nh7" class="spip_note" title="[7] Leblanc M., Favreau G. et al 2006. « Reconstruction of Megalake Chad (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh7&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb7&#8243;>7</a>] . Mais cela autorise aussi certains contresens, comme l’analyse de la NASA selon laquelle le rétrécissement du lac entre la fin des années 1960 et la période actuelle annonce sa disparition (<a class="spip_out" href="http://www.visibleearth.nasa.gov/view">NASA 2001</a>).</p>
<p class="spip">Il s’agira ici de décrire les variations du lac Tchad et son fonctionnement actuel ; puis de présenter l’histoire des relations entre les sociétés riveraines et le lac, pour s’interroger enfin sur les scenarii d’évolution du lac et les enjeux anthropiques associés, dans le contexte du changement climatique.</p>
<p class="spip"><em>Figure 1 : Le bassin hydrographique théorique du lac Tchad</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_229 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 408px;width: 441px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L441xH408/01_20Bassin_20hydro_20jpeg_1_-1dff6.jpg" alt="" width="441" height="408" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : d’après Olivry et al 1996.</em></p>
<h3 class="spip">Souvent, lac varie…</h3>
<p class="spip">Le lac Tchad se caractérise de manière essentielle par les fortes variations de sa superficie, quelle que soit l’échelle de temps considérée. Le lac actuel est un « petit Tchad », stable à sa façon, c’est-à-dire malgré ses oscillations annuelles et interannuelles naturelles.</p>
<p class="spip"><strong>Le lac Tchad dans tous ses états</strong></p>
<p class="spip">Après une longue controverse, l’existence d’un Méga-lac Tchad au quaternaire récent (6.000 BP) a été prouvée [<a id="nh8" class="spip_note" title="[8] Leblanc M., Favreau G. et al 2006. « Reconstruction of Megalake Chad (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh8&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb8&#8243;>8</a>] ). Ce lac mesurait alors 340.000km2 et atteignait 160m de profondeur, contre guère plus de 3m actuellement.</p>
<p class="spip">Ces variations s’observent aussi aux temps historiques. Très vaste aux XIe et XIIe siècles, le lac atteint de très bas niveaux au XVe, au début du XXe, puis depuis les années 1970. Tilho [<a id="nh9" class="spip_note" title="[9] Tilho J., 1928. « Variations et disparition possible du lac Tchad », (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh9&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb9&#8243;>9</a>]  a eu l’occasion d’observer et de décrire trois différents niveaux [<a id="nh10" class="spip_note" title="[10] Cité dans Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh10&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb10&#8243;>10</a>] . Un « grand Tchad » de 25.000km2 d’eaux libres, à la cote 284m. Un « moyen Tchad » de 15.000 à 20.000km2 d’eaux libres, correspondant à la cote 282m, organisé en un seul tenant ou divisés en deux bassins, laisse émerger un archipel de 2.000 îles (cf. figure 2). Le niveau varie de 0,7m entre la période des hautes eaux (décembre janvier) et celle des basses eaux (août) [<a id="nh11" class="spip_note" title="[11] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », in Nihoul (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh11&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb11&#8243;>11</a>] . Le bilan hydrologique naturel de ce moyen lac dépend d’apports qui proviennent essentiellement du Chari (82,3%) et de la pluie (14%). Les petits tributaires situés à l’ouest du lac, drainant des parties camerounaises et nigérianes du bassin, ne fournissent que 3,6%. Quant aux pertes, elles viennent de l’évaporation (95,5%) et des infiltrations (4,5%) [<a id="nh12" class="spip_note" title="[12] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », op. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh12&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb12&#8243;>12</a>] . Enfin, le « petit Tchad » se définit à partir d’une cote inférieure à 280m. Tilho l’a observé en 1905, 1907 et 1914, et c’est la situation qui prévaut depuis 1973 [<a id="nh13" class="spip_note" title="[13] Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet J.P. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh13&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb13&#8243;>13</a>] . Des hauts fonds – dont le plus important est appelé la Grande barrière – compartimentent le lac en plusieurs bassins. Les eaux libres s’étendent sur des superficies variant de 1.500 à 14.000km2, leurs périphéries se couvrant de vastes zones marécageuses.</p>
<p class="spip">Enfin, le fonctionnement du lac adopte un rythme annuel. Le début de la saison des pluies sur le bassin amont (mai juin) détermine la crue (août septembre), qui provoque le remplissage du lac (octobre à janvier), avant que l’évaporation associée à la fin du flot ne fassent baisser le niveau des eaux. Les apports du Chari varient dans de larges proportions, du simple au double et parfois davantage, à l’image de la pluviométrie sahélienne.</p>
<p class="spip">Ainsi, les rythmes du lac sont éminemment changeants, au gré de facteurs multiples : calendrier et volume des précipitations en zone soudanienne et sahélienne, niveau de remplissage précédent, végétation. « …Pour quelques dizaines de centimètres d’écart d’une crue à l’autre, ce sont plusieurs dizaines de milliers d’hectares qui sont couverts ou découverts, c’est la rive qui s’éloigne de plusieurs kilomètres, les îles qui sont inondées » [<a id="nh14" class="spip_note" title="[14] Bouquet C. 1990. Insulaires et riverains du lac Tchad, Paris, (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh14&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb14&#8243;>14</a>]  .</p>
<p class="spip"><em>Figure 2 : Les régions naturelles du lac Tchad (Moyen Tchad)</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_237 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 337px;width: 373px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L373xH337/Image_2-44a0d.jpg" alt="" width="373" height="337" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : d’après Olivry et al 1996</em></p>
<p class="spip"><strong>Le lac d’aujourd’hui est un « petit Tchad » ordinaire</strong></p>
<p class="spip">Le lac Tchad actuel est un « petit Tchad » ordinaire, comme il en exista plusieurs fois par le passé. Il n’a guère connu de changements majeurs depuis le début de la sécheresse sahélienne des années 1970, en dehors de menues fluctuations saisonnières ou interannuelles qui appartiennent à son fonctionnement normal [<a id="nh15" class="spip_note" title="[15] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », op. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh15&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb15&#8243;>15</a>].</p>
<p class="spip">Après une baisse de la pluviométrie à partir de 1968, l’année 1973 inaugure de manière spectaculaire un cycle de sécheresse. La très faible crue conduit à l’assèchement du lac, dont celui de la totalité de la cuvette nord. On assiste alors à la germination de semences jusque là enfouies dans les sédiments et à la végétalisation d’une bonne partie de la surface du lac, dont les périphéries se couvrent de marécages de papyrus et de graminées à l’allure de roseaux [<a id="nh16" class="spip_note" title="[16] Lemoalle J., 2005. « The Lake Chad basin », in Fraser L.H., Keddy P.A. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh16&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb16&#8243;>16</a>] . Le lac se divise en deux ou trois bassins (cf. figures 2 et 6) : l’un au nord-ouest, séparé du reste par la Grande barrière, qui empêche la circulation de l’eau les années de faible crue. Les deux autres au sud (en face du delta du Chari) et à l’est (archipel de Bol). La partie méridionale connaît les plus faibles variations du niveau et les eaux les plus douces, bénéficiant de l’apport permanent et direct du Chari. La partie nord est fréquemment asséchée, et connaît une plus forte salinité.</p>
<p class="spip">Depuis 1973, on enregistre peu de changements dans la distribution des eaux libres et des marécages végétalisés [<a id="nh17" class="spip_note" title="[17] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », op. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh17&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb17&#8243;>17</a>] (cf. figure 6). Depuis 1984, en dehors de deux années particulièrement sèches, les apports du Chari restent compris entre 15 et 25km3 annuels (Lemoalle 2003 : 332), ce qui garantit la stabilité d’ensemble de l’écosystème au niveau « petit Tchad ». En outre, comme ailleurs au Sahel, on enregistre une légère remontée des précipitations depuis la fin des années 1980 et le milieu des années 1990 [<a id="nh18" class="spip_note" title="[18] Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet J.P. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh18&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb18&#8243;>18</a>] : la période actuelle est moins humide que les décennies 1950-60, mais moins aride que le cœur des sécheresses des années 1970-80.</p>
<h3 class="spip">Le lac Tchad, nouveau refuge climatique</h3>
<p class="spip">Sur le temps long, le lac Tchad entretient des relations hésitantes avec le peuplement, les activités économiques et les pouvoirs politiques des Etats riverains. La richesse de l’écosystème et la disponibilité en eau sont des facteurs de polarisation, mais elles ne s’exercent que de façon très variable, au gré des conjonctures politiques et économiques.</p>
<p class="spip"><strong>Ecosystème, peuplement et activités traditionnelles</strong></p>
<p class="spip">Ainsi, sur une carte d’Afrique, le lac Tchad semble situé au cœur des anciens empires du Kanem-Bornou (XIe-XIXe). Dans la réalité, le lac et ses rivages apparaissaient jusqu’à la période coloniale comme des espaces dangereux pour les Etats environnants, du fait de la menace exercée par les farouches Buduma qui peuplent ses îles. Le lac faisait ainsi figure d’espace refuge pour cette population très attachée à son autonomie. Le très faible peuplement des rives était la conséquence de la peur qu’ils inspiraient [<a id="nh19" class="spip_note" title="[19] Bouquet C. 1990. Insulaires et riverains du lac Tchad, op. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh19&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb19&#8243;>19</a>] . Si les populations du Kanem utilisaient, au nord du lac, la succession de dunes et de dépression se terminant dans les eaux pour constituer des polders traditionnels aptes à la culture du blé, ces rivages ne connurent ni aménagements importants ni civilisation hydraulique [<a id="nh20" class="spip_note" title="[20] Boutrais J. 1997. « Les populations du bassin tchadien. Des sociétés non (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh20&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb20&#8243;>20</a>] .</p>
<p class="spip">Avec la sécheresse des années 1970 et le passage au petit Tchad qui l’accompagne émergent des enjeux économiques et migratoires nouveaux. Le refuge climatique se substitue au refuge politique. Les fluctuations du lac au gré des modifications du niveau de l’eau font apparaître de nombreuses îles. Certaines d’entre elles seront colonisées durant les années 1980-90 par des agriculteurs et des pêcheurs nigérians, suivis d’administrateurs ou de militaires, ce qui alimentera le différend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria. Au cours des années 2000, grâce à une médiation de l’ONU et à la suite d’un jugement de la Cour internationale de justice de La Haye, la frontière est progressivement bornée afin de limiter les risques de litiges liés à l’incertitude de son tracé dans ce milieu mouvant.</p>
<p class="spip">Le lac et ses riches écosystèmes (cf. figure 3) sont aussi des lieux d’échanges, transfrontaliers ou non, et de contrebande. Mais la navigation moderne est interrompue depuis les sécheresses des années 1970-80, victime de l’enchevêtrement végétal, au profit des pirogues, motorisées ou non [<a id="nh21" class="spip_note" title="[21] Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet J.P. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh21&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb21&#8243;>21</a>] .</p>
<p class="spip"><em>Figure 3 : Le fourrage des îles du lac fait partie des nombreuses ressources naturelles utilisées par les riverains (ici, village Haoussa). A l’arrière plan, forêt d’Eucalyptus inondée par une crue importante du lac.</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_238 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 375px;width: 500px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L500xH375/Image_3-514f8.jpg" alt="" width="500" height="375" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : G. Magrin, Doro Baga (Nigeria), décembre 2003</em></p>
<p class="spip">Enfin, le lac Tchad présente des eaux identifiées depuis longtemps comme étant parmi les plus poissonneuses du globe. Ses pêcheries actives ont été étudiées par Théodore Monod dès 1928. La productivité biologique des eaux dépend largement des superficies inondées lors de la crue (Welcome 1979) dans la plaine alluviale du Chari, et surtout du Logone - les yaérés.</p>
<p class="spip">Le cycle de sécheresse entamé depuis les années 1970 semble ainsi provoquer une crise de la pêche. La diminution de la ressource consécutive à la réduction de l’inondation des yaérés serait amplifiée par l’arrivée massive de pêcheurs migrants, maliens ou nigérians, aux techniques de pêche agressives (utilisant par exemple des filets en nylon à mailles trop fines) [<a id="nh22" class="spip_note" title="[22] Benech V., Quensiere J. 1987. Dynamique des peuplements ichtyologiques (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh22&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb22&#8243;>22</a>] . Mais le passage du moyen au petit lac s’accompagne surtout de changements dans la composition des prises. Ainsi, autour de Bol, 22 espèces disparaissent, tandis que quelques espèces nouvelles apparaissent [<a id="nh23" class="spip_note" title="[23] Lemoalle J., 2005. « The Lake Chad basin », in Fraser L.H., Keddy P.A. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh23&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb23&#8243;>23</a>] . Comme dans d’autres zones humides africaines [<a id="nh24" class="spip_note" title="[24] Voir Magrin G., Seck S.M., 2007. “Que reste-t-il des pêcheries (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh24&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb24&#8243;>24</a>] , ce n’est pas tant la diminution de la ressource qui perturbe les pêcheurs que les nouvelles conditions écologiques – la forte végétalisation des plans d’eau –, qui offrent des refuges aux poissons et nécessitent la mise en oeuvre de nouvelles techniques de pêche (cf. figure 4). La demande croissante des marchés urbains (cf. infra) contribue aussi à changer la composition des espèces capturées. Poissons chats (<em>Clarias sp</em>.) et carpes (<em>Tilapias</em>) dominent aujourd’hui le marché du poisson du lac.</p>
<p class="spip"><em>Figure 4 : La pêche demeure une activité importante dans l’économie lacustre. Les engins s’adaptent aux nouvelles conditions écologiques marquées par l’extension des peuplements végétaux</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_239 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 375px;width: 500px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L500xH375/filets-c9a6c.jpg" alt="" width="500" height="375" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : G. Magrin, Doro Baga (Nigeria), décembre 2003</em></p>
<p class="spip"><strong>La course au lac</strong></p>
<p class="spip">Les dernières décennies ont profondément renouvelé les conditions de peuplement et les systèmes agricoles sur les rives du lac Tchad. Les sécheresses ont amplifié des migrations antérieures liées à la pêche, créant sur les rives et dans les îles du lac un peuplement cosmopolite. Des berges autrefois désertes voient leurs densités démographiques augmenter pour atteindre localement 60 habitants au km², plus fréquemment 15 à 30 [<a id="nh25" class="spip_note" title="[25] Magrin G. 1996 : « Crise climatique et mutation de l&#8217;agriculture. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh25&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb25&#8243;>25</a>] .</p>
<p class="spip">Au nord-est du lac, dans la partie tchadienne, et au sud-ouest, dans la zone nigériane, des aménagements modernes importants ont participé au peuplement. Mais leurs échecs fréquents font des rives du lac un cimetière d’éléphants blancs – c’est-à-dire de grands projets inadaptés à leur environnement, vite abandonnés [<a id="nh26" class="spip_note" title="[26] Magrin G., 2008 (à paraître). « De longs fleuves tranquilles ? Les (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh26&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb26&#8243;>26</a>] . Moins de la moitié des 15.000 aménagés dans le bassin tchadien seraient aujourd’hui fonctionnels, dont 80 % au Nigeria [<a id="nh27" class="spip_note" title="[27] CBLT 1998. Integrated and sustainable management of the international (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh27&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb27&#8243;>27</a>] . Esquissés dans les années 1950, ces aménagements sont développés dans les années 1960 durant la période économiquement favorable d’affirmation des Etats africains. Ils sont amplifiés avec la sécheresse des années 1970, pour connaître une crise dans les années 1980-90 – où ils sont victimes de difficultés techniques et financières insurmontables dans le contexte de l’ajustement structurel.</p>
<p class="spip">Le principal facteur de peuplement de la région du lac Tchad réside ailleurs. Il tient au formidable développement des cultures de décrue (cf. figure 5) sur les rives méridionales nigérianes, camerounaises (années 1970-80) et tchadiennes (années 1980-90) [<a id="nh28" class="spip_note" title="[28] Voir Magrin G. 1996 : « Crise climatique et mutation de l&#8217;agriculture., (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh28&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb28&#8243;>28</a>] . En effet, le petit lac installé en 1973 a découvert annuellement de vastes superficies favorables à ces cultures productives, qui bénéficient de terres fertilisées par la crue annuelle. Les plantes sont semées au fur et à mesure du retrait des eaux. Les plus hygrophiles (riz, taro) sont suivies par une large gamme de cultures (maïs, canne à sucre, légumes variés). De nombreux « réfugiés climatiques » chassés par la sécheresse sahélienne ont trouvé refuge sur ces rives, où la construction de routes vers les principales villes régionales (Maïduguri et N’Djaména ont aujourd’hui plus d’un million d’habitants) a ouvert des possibilités commerciales intéressantes. Des appuis ponctuels des différents Etats ou d’O.N.G. ont accompagné l’essor d’une région agricole prospère bâtie sur l’adaptation à cette situation de « petit Tchad ». Ces dizaines de milliers d’agriculteurs occupent en outre une place de premier ordre dans l’approvisionnement des métropoles régionales. La couronne de marécages du petit Tchad fournit aussi de vastes pâturages de décrue très appréciés des éleveurs Buduma, Kanembu, Peul ou Arabe. Cette augmentation de la pression sur la terre s’accompagne parfois de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Mais ceux-ci ont pu, jusqu’à présent, être régulés plutôt pacifiquement [<a id="nh29" class="spip_note" title="[29] Ogier J., Planel S., Magrin G., 1998. « Dynamiques d&#8217;un espace entre le (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh29&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb29&#8243;>29</a>] .</p>
<p class="spip"><em>Figure 5 : Le lac Tchad, grenier céréalier régional</em></p>
<p class="spip"><em>Champ de céréales sur les rives du lac en début de campagne de saison sèche. Il peut s’agir soit de maïs cultivé en décrue, soit de sorgho de contre saison, valorisant des argiles à forte capacité de rétention d’eau</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_240 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 375px;width: 500px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L500xH375/Champ-f8d83.jpg" alt="" width="500" height="375" /></span></p>
<p class="spip"><em>A la même date, on récolte le mil pluvial cultivé sur les îles du lac.</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_241 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 375px;width: 500px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L500xH375/grain-70698.jpg" alt="" width="500" height="375" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : G. Magrin, Doro Baga (Nigeria), décembre 2003</em></p>
<p class="spip">Ainsi, la baisse du niveau du lac exerce des effets contrastés sur les activités économiques : elle tue la navigation moderne et pénalise la pêche, mais favorise l’élevage et surtout de nouvelles formes d’agriculture.</p>
<h3 class="spip">Le lac Tchad à l’épreuve du changement climatique : scenarii et perspectives</h3>
<p class="spip">Si le devenir du lac Tchad dans les prochaines décennies ne peut être prédit avec précision, l’hypothèse d’une stabilité du « petit Tchad » actuel est la plus vraisemblable. Elle est corroborée par les résultats des modèles sur les effets du réchauffement climatique, même si ceux-ci doivent être pris avec précaution. Dans tous les cas, pour les populations aujourd’hui nombreuses qui vivent de l’adaptation à l’environnement du lac, un assèchement complet du lac n’aurait pas des conséquences plus dramatiques qu’une remise en eau rapide à un niveau de « moyen lac ».</p>
<p class="spip"><strong>Controverse sur l’avenir hydrologique du lac</strong></p>
<p class="spip">On a peur depuis longtemps de la possible disparition du lac Tchad [<a id="nh30" class="spip_note" title="[30] Tilho J., 1928. « Variations et disparition possible du lac Tchad », (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh30&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb30&#8243;>30</a>] . Les années de forte crue, les pertes du Logone observés vers la Bénoué au niveau du coude d’Eré, dans le moyen Logone, font craindre une capture du Logone par la Bénoué, dont la conséquence serait l’assèchement du lac et du Sahel [<a id="nh31" class="spip_note" title="[31] Dresch J., 1947. « À propos de la capture du Logone par la Bénoué », (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh31&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb31&#8243;>31</a>] .</p>
<p class="spip">Ces alarmes ont été réactivées en 2001, à la suite de publications de la NASA. Une série d’images (cf. figure 6) était intitulée <em>Africa’s disapppearing lake Chad</em> (voir site de la <a class="spip_out" href="http://www.visibleearth.nasa.gov/view">NASA</a>), accompagnée d’une note : <em>Africa’s lake Chad shrinking by 20 times due to irrigation demands, climate change</em> [<a id="nh32" class="spip_note" title="[32] Chandler L., 2001. Africa&#8217;s lake Chad shrinking by 20 times due to (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh32&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb32&#8243;>32</a>]. Utilisant des publications scientifiques (Coe et Foley 2001), on y conclut à la diminution constante du lac du fait de la demande en eau pour l’irrigation – les prélèvements auraient été multipliés par quatre entre 1983 et 1994, causant la moitié de la diminution constatée - et du changement climatique. Ces résultats ont ensuite été repris largement dans la presse française (voir par exemple Sciences et avenir n°650, avril 2001 ; ou « Le drame du lac », Télérama n°2678, 9 mai 2001).</p>
<p class="spip">Ces analyses sont remises en cause par la plupart des chercheurs travaillant sur le lac Tchad [<a id="nh33" class="spip_note" title="[33] Voir Favreau G. et al, 2005. « Impacts climatiques et anthropiques sur (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh33&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb33&#8243;>33</a>] . Selon eux, jusqu’à aujourd’hui, le paramètre principal du fonctionnement hydrologique du lac serait la pluviométrie régionale et la crue du Chari, et le Tchad serait à un niveau stable de « petit lac » depuis le début des années 1970. La comparaison simpliste entre le niveau du lac au seuil des sécheresses (1973) et le niveau actuel ne permet en aucun cas d’annoncer sa condamnation.</p>
<p class="spip">Bon nombre de questions demeurent cependant quant au fonctionnement des « fleuves malades de l’Afrique » - les fleuves des zones sèches - où l’on a constaté qu’une amélioration de la pluviométrie ne s’est pas accompagnée d’un retour proportionnel de l’hydraulicité. Les liens entre les écoulements de surface et la recharge des aquifères mériteraient notamment d’être mieux connus [<a id="nh34" class="spip_note" title="[34] Olivry J.C. 1995. « Fonctionnement hydrologique de la cuvette lacustre (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh34&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb34&#8243;>34</a>] .</p>
<p class="spip"><em>Figure 6 : Africa’s disapppearing lake Chad : une interprétation de la NASA contestée par les hydrologues</em></p>
<p class="spip"><span class="spip_document_236 spip_documents spip_documents_center"> <img style="height: 525px;width: 500px" src="http://www.mouvements.info/local/cache-vignettes/L500xH525/landsat_chad_1_-2-7fc5c.jpg" alt="" width="500" height="525" /></span></p>
<p class="spip"><em>Source : NASA 2001, d’après images Landsat.</em></p>
<p class="spip"><em>Quid</em> alors du réchauffement climatique ? On considère souvent globalement que le changement climatique pourrait s’accompagner d’une augmentation de la pluviométrie dans les zones humides et d’une diminution dans les zones sèches. Le lac Tchad est situé en milieu aride, mais il est approvisionné par le Chari et le Logone, qui dépendent des conditions pluviométriques de milieux sub-humides. Des travaux récents réalisés à partir de modèles climatiques globaux [<a id="nh35" class="spip_note" title="[35] Ardoin-Bardin S., 2004. Variabilité hydroclimatique et impacts sur les (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh35&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb35&#8243;>35</a>] concluent à une légère augmentation du débit du Chari au XXIe siècle. Mais suffira-t-elle à compenser l’augmentation de l’évaporation potentielle liée à la hausse de la température ? Pour un lac dont quelques dizaines de centimètres de hauteur d’eau suffisent à faire varier la superficie du simple au décuple, les modèles manquent encore trop de précision. Parmi d’autres, le projet AMMA (analyse multidisciplinaire de la mousson africaine) mis en place en 2002 devrait permettre d’améliorer la connaissance des mécanismes à l’œuvre dans la pluviométrie sahélienne.</p>
<p class="spip">Des variations positives de la pluviométrie et de l’hydraulicité ne sont ainsi pas à écarter. Quelques bonnes années de crue suffiraient à provoquer le retour d’un « moyen Tchad » [<a id="nh36" class="spip_note" title="[36] Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet J.P. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh36&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb36&#8243;>36</a>] . Ainsi, de 1999 à 2002, les eaux libres sont restées toute l’année dans la cuvette nord [<a id="nh37" class="spip_note" title="[37] Leblanc M., Leduc C. et al., 2006. « Evidence for Megalake Chad, (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh37&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb37&#8243;>37</a>] . L’écosystème semble aussi présenter de fortes dispositions à la résilience : un des poissons emblématique du lac, l’Alestes baremoze, s’est raréfié après 1975. Mais les prises de juvéniles augmentent dès qu’une bonne crue se présente, comme en 1978, 1988, 1998, 1999, 2001 [<a id="nh38" class="spip_note" title="[38] Lemoalle J., 2005. « The Lake Chad basin &quot;, op. cit.&#8221; name=&#8221;nh38&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb38&#8243;>38</a>] . En outre, le compartimentage du lac en cuvettes permet de maintenir une bonne qualité de l’eau et la richesse de l’écosystème au moins dans la cuvette sud qui fait face au delta du Chari, même avec de faibles apports (10km3), alors que l’étalement des eaux favoriserait l’évaporation [<a id="nh39" class="spip_note" title="[39] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », op. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh39&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb39&#8243;>39</a>] .</p>
<p class="spip"><strong>L’impact des usages de l’eau : mesures et démesure</strong></p>
<p class="spip">Jusqu’à présent, les prélèvements anthropiques sur le système hydrologique ne semblent pas en mesure d’expliquer le bas niveau actuel du lac Tchad [<a id="nh40" class="spip_note" title="[40] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », op. cit. ; (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh40&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb40&#8243;>40</a>]. L’irrigation consommerait en moyenne 2,5Mds de m3 par an, soit 5% des apports au lac. Cela étant, dans certaines zones et à certains moments, elle peut avoir des conséquences importantes. Si elle représente une part modeste des apports globaux, elle compte davantage en période d’étiage et lors d’années sèches [<a id="nh41" class="spip_note" title="[41] Olivry J.C., Chouret A., Vuillaume G., Lemoalle J., Bricquet J.P. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh41&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb41&#8243;>41</a>].</p>
<p class="spip">En outre, certains aménagements réalisés dans le bassin ont eu des effets écologiques locaux significatifs. Ainsi, le barrage de Maga, au Nord Cameroun, a d’abord asséché une partir des riches yaérés, avant qu’un système de crue artificielle ne permettre une restauration de l’écosystème à partir de 1994 [<a id="nh42" class="spip_note" title="[42] Lemoalle J., 2003. « Lake Chad : a changing environment », op. (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh42&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb42&#8243;>42</a>]. Les aménagements réalisés au Nigeria sur la Komadugu Yobé ont drastiquement restreint les écoulements : seul le quart du débit mesuré à Gashua atteint le lac [<a id="nh43" class="spip_note" title="[43] Leduc C. 1997. « Les ressources en eau du département de Diffa (partie (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh43&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb43&#8243;>43</a>]. Mais ce cours d’eau contribue très peu au bilan global du lac : à nouveau, les conséquences se mesurent localement, aux perturbations de zones humides fragiles comme les Jere Bowls.</p>
<p class="spip">Une des plus anciennes organisations régionales africaines est en charge de la gestion des eaux du bassin, la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT). Malheureusement peu active durant les dernières décennies, elle porte un grand projet de transfert d’une partie des eaux de l’Oubangui, dans le bassin du Congo, vers le lac Tchad [<a id="nh44" class="spip_note" title="[44] Voir Bonifica S.A., 1991. Transaqua : une idée pour le Sahel, Rome, (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh44&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb44&#8243;>44</a>]. L’objectif serait de transférer 40km3 par an vers le bassin tchadien pour retrouver le niveau « moyen Tchad ». On entend ainsi lutter contre la désertification au Sahel, développer l’agriculture irriguée et intensifier les échanges économiques en Afrique centrale. Outre son coût très élevé, ce projet risque d’avoir des effets très ambivalents. On ne sait comment il modifierait le fonctionnement des plaines inondables du Chari et du Logone, ni celui de l’écosystème lacustre. La biodiversité, qui tire partie de l’actuelle variabilité du rythme des eaux, serait particulièrement exposée [<a id="nh45" class="spip_note" title="[45] Lemoalle J., 2005. « The Lake Chad basin », op. cit.&#8221; name=&#8221;nh45&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article201#nb45&#8243;>45</a>]. En matière de transport, l’ouvrage ne présenterait guère de rentabilité par rapport à la route, vue la nature des produits échangés entre zone sahélo-soudanienne et Afrique centrale forestière (bœufs sur pied, arachides, oignons). Mais surtout, en relevant le niveau du lac, ce projet réduirait de manière importante les zones de marnage actuellement si favorables aux prospères cultures de décrue. Sous prétexte d’éviter une catastrophe environnementale qui ne semble pas se profiler, on risque bien de causer un désastre économique et humain.</p>
<h3 class="spip">Conclusion</h3>
<p class="spip">N’en déplaise aux Cassandre, le lac Tchad n’est pas prêt de disparaître. Fixé dans un régime de « petit lac » depuis la sécheresse inaugurée au début des années 1970, ses variations annuelles et interannuelles sont limitées, inhérentes à son fonctionnement naturel. Elles dépendent pour l’essentiel de la crue de son tributaire principal, le Chari, qui exprime la pluviométrie de l’aire soudano-sahélienne. En ouvrant de bons terroirs aux cultures et pâturages de décrue, la baisse du niveau du lac a fixé sur ses rivages des populations nombreuses, qui ont développé des systèmes agricoles, pastoraux et halieutiques complexes adaptés aux nouvelles conditions écologiques – sans toutefois éviter les tensions pour l’usage des meilleures terres ou les pressions sur certaines ressources, comme le poisson.</p>
<p class="spip">A partir des années 1980, les difficultés économiques des Etats riverains et celles des périmètres hydro-agricoles utilisant l’eau du lac ou de ses tributaires ont accordé un sursis aux ressources en eau : les prélèvements sont restés très modérés par rapport aux ambitions nourries durant la décennie précédente. Si ces aménagements peuvent avoir des effets environnementaux significatifs à l’échelle locale ou durant les périodes d’étiage des années sèches, ils n’affectent guère le fonctionnement hydrologique d’ensemble du bassin.</p>
<p class="spip">Cela étant, cette situation pourrait bien changer. Dans les deux Etats disposant du plus large accès au lac (Tchad, Nigeria), la hausse des recettes pétrolières pourrait réveiller les ambitions hydrauliques assoupies depuis les temps contraints de l’ajustement structurel. Le transfert des eaux de l’Oubangui vers le Tchad pourrait alors constituer une forte tentation. L’amélioration de la connaissance des perspectives climatologiques et hydrologiques du bassin tchadien doit aussi servir à éviter que le thème du changement climatique ne soit instrumentalisé au profit de projets hasardeux.</p>
</div>
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		<title>Qui veut la peau de l’éducation populaire ?</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 01:37:24 +0000</pubDate>
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		<title>Musique et société : coup de coeur pour des Roubaisiens populaires !</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 01:06:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ecologieradicaleetsocialisme</dc:creator>
		
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sur Dailymotion MAP &#8220;Balle populaire&#8221;

vidéo de présentation du nouvel album

Les bronzés font du ch’ti, entretien avec Dias et HK du MAP
Par  										 									Pierre Tévanian
CULTURES POPULAIRES. Au Ministère des Affaires Populaires, on appelle un chat un chat, un SDF un SDF et un précaire un précaire, on évoque sans fausse pudeur l’islamophobie et le passé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<h1 class="r9"><a href="http://www.dailymotion.com/video/x1bgpb_map-balle-populaire_music">sur Dailymotion MAP &#8220;Balle populaire&#8221;</a></h1>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-14" src="http://ecologieradicaleetsocialisme.soutiens.frontdegauche.eu/files/2009/05/disco_bronzes.jpg" alt="disco_bronzes" width="193" height="181" /></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=N4634IwhPhY">vidéo de présentation du nouvel album<br />
</a></p>
<h1 class="r9">Les bronzés font du ch’ti, entretien avec Dias et HK du MAP</h1>
<p>Par  										 									<a class="aut" rel="tag" href="http://www.mouvements.info/spip.php?mot937">Pierre Tévanian</a></p>
<div class="chapeau">CULTURES POPULAIRES. Au Ministère des Affaires Populaires, on appelle un chat un chat, un SDF un SDF et un précaire un précaire, on évoque sans fausse pudeur l’islamophobie et le passé colonial de la France, on « accuse l’école de cultiver l’ignorance » sur ce passé, et on tape sans retenue sur « la gauche-caviar, maffieuse, paternaliste et vicieuse » ou sur des policiers qui « nous prennent pour des cobayes » et « se prennent pour des cow-boys ».</div>
<div class="texte">
<p class="spip">Mouvements : <em>Pouvez-vous vous présenter rapidement ? Comment êtes vous venus à la musique ?</em></p>
<p class="spip">Saïd : On vient de la métropole lilloise. On est presque tous nés à Roubaix, il y a une trentaine d’années. On s’est rencontré quand on était adolescent. Kaddour, que je connais depuis l’enfance puisqu’on est cousin, nous ramenait des textes qu’il écrivait, un peu sociaux. On les rappait, et on a commencé à jouer un peu. Franchement, ça ne me parlait pas spécialement, au début… Ce qui m’intéressait, c’était de jouer au foot. C’était il y a 16 ou 17 ans : le début d’IAM, « le Monde de Demain » de NTM, tout le monde ne vibrait pas encore pour le hip-hop. On était aussi branché musique black, on avait des cassettes pirates qui venaient des USA, on avait des connexions, comme ça. Et nos grands frères kiffaient la soul, James Brown notamment, et le funk. On allait dans les soirées new-jack…</p>
<p class="spip">M. : <em>Vous trouviez quoi dans la musique black ? L’aspect festif, quelque chose de politique ?</em></p>
<p class="spip">Kaddour : Tu avais les deux dimensions en même temps, à cette époque. Tu ne pouvais pas les séparer. Même « Don’t push me cuz I’m close to the Edge [<a id="nh1" class="spip_note" title="[1] The Message, de Grand Master Flash.&#8221; name=&#8221;nh1&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article388#nb1&#8243;>1</a>] » : c’était une musique sur laquelle tout le monde dansait, mais le mec te faisait passer un message. C’est une histoire mêlée. À la maison, mes grands frères et mes grandes sœurs écoutaient Bob Marley 24 heures sur 24, c’était pareil : Bob, ça te faisait danser, mais c’était engagé. À cette époque, la question ne se posait pas. Tu avais bien une petite guéguerre entre hip-hop et new-jack, mais c’est tout. La séparation est venue après : plus tard, tu étais soit commercial, soit underground…<br />
S. : C’est aussi qu’on a été rattrapé par une autre réalité. Quand tu as 16 piges, tu es léger. Tu as des soucis, tu as les contrôles de police au faciès, mais ça te passe un peu au-dessus, tu essayes de penser à autre chose. Mais quand tu as 20 piges, la réalité te rattrape, tu t’aperçois que ce que tu vis, c’est l’injustice, tu t’aperçois que tu vis des choses que les autres ne vivent pas, tu t’aperçois que t’es d’un côté de la barrière… Et finalement tu te rends compte que tu as un outil, le rap, dans lequel tout est déjà là, de manière inconsciente. Tu baignes là-dedans, en fait… Même un mec comme James Brown, il commence alors à prendre une autre importance. La dimension politique, c’est à ce moment-là que tu la prends en pleine gueule. Tu attends d’avoir de la lucidité, tu attends d’avoir de la maturité pour pouvoir réellement le comprendre. Après, seulement, tu te dis « Putain, mais c’est donc de ça qu’ils parlaient, ces mecs. Et cet outil, le rap, ces mecs, IAM, NTM, finalement, ce qu’ils racontent, c’est ce que je vis… Moi aussi, j’aime faire ce qu’ils font, artistiquement ça me plaît. Moi aussi j’ai envie de réagir, moi aussi j’ai envie de raconter mes petites histoires, moi aussi j’ai envie de raconter ce qui me dérange, moi aussi j’ai envie de raconter ce qui m’énerve ».</p>
<p class="spip">M. : <em>Et donc, c’est vers cet âge-là, 20 ans, que vous commencez à rapper ?</em></p>
<p class="spip">S. : Oui, c’est ça. Dans le quartier, tu avais des concerts, tu avais des ateliers MAO [<a id="nh2" class="spip_note" title="[2] Musique Assistée par Ordinateur.&#8221; name=&#8221;nh2&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article388#nb2&#8243;>2</a>]… tu fais comme tout le monde, comme les gens autour de toi qui aiment le rap. C’est une expression politique, mais il y a aussi une notion de plaisir. C’est aussi quelque chose d’artistique, d’esthétique, parce que c’est joli de débiter sur un rythme, de faire des freestyle. Que tu le fasses bien ou que tu ne le fasses pas bien, peu importe. Il y a un plaisir là-dedans. C’est aussi un moyen de se rassembler. Ça démystifie un peu le truc : tu n’es pas né avec les crocs et la rage jusque-là, c’est aussi un plaisir. Faire des freestyle, faire des soirées rap entre potes, dans le quartier, sous un arrêt de bus, où chacun va rapper, c’est quelque chose d’agréable.<br />
K. : Il faut savoir jouer avec la fête et la lutte, vivre et te battre. Tu ne peux pas faire que te battre, mais tu ne peux pas passer ta vie à faire que vivre. Tu retrouves ça dans le groupe, dans les spectacles : tu as des moments où on essaie d’être festif, mais les textes sont toujours là, parce que l’époque le nécessite, que tu ne peux pas passer sous silence ce que tu vis.<br />
S. : C’est une question de survie… Si tu ne prends pas un peu de plaisir dans la vie, t’es foutu. Et le plaisir, faut aller le chercher aussi. Tu vas le chercher dans la musique, en rencontrant des gens… La musique ça sert aussi à ça : ça sert à faire des rencontres artistiques, ça sert à rencontrer des gens.</p>
<p class="spip">M. : <em>Parmi vos influences, vous avez déjà parlé des premiers groupes de hip-hop, de la musique black, de Bob Marley. Mais il y a une autre influence très présente dans votre musique, c’est la chanson française. Vous citez Brel dans Balle Populaire, et vous reprenez son Amsterdam sur scène. Vous avez aussi adapté Hexagone de Renaud et En haut de l’Affiche d’Aznavour. Enfin, dans Donnez nous du vrai, vous vous en prenez aux « chanteurs en bois et en plastique » que nous assènent la radio et la télévision, en leur opposant une musique populaire plus « vraie, naturelle, bio, hallal », et vous citez Marley, IAM et Aznavour…</em></p>
<p class="spip">K. : Je prendrais plus Brel qu’Aznavour… Aznavour, j’ai découvert ça par un copain, qui n’arrêtait pas de nous soûler en chantant La Bohème. Il était un peu marginal, en vérité, parce que c’était un peu la honte, quand même, de chanter ça. Mais je connaissais cette chanson-là, du coup. Et j’ai découvert plein d’autres chanteurs, Brel, Brassens… Tu sais qu’ils existent depuis longtemps, et à un moment, tu t’arrêtes dessus. C’est un long trajet : tu apprends à écouter, tu apprends à reconnaître le talent là où il est. Tu te rends compte que dans cette musique, qui n’est pas la nôtre, qui n’est pas celle avec laquelle on a grandi, tu as aussi de grands artistes. Nos influences, c’est le fruit de tout ça, des choses qui gravitaient autour de nous à la maison, à la radio… C’est aussi ça, la chanson populaire. Il y a des trucs qui étaient plus à notre portée, qui étaient plus de notre époque, et puis il y avait ce qu’écoutaient nos parents : la musique populaire arabe, le chaabi… Mais ma mère aimait bien Brel et Piaf, aussi. On a entendu ces choses-là, et c’est resté.</p>
<p class="spip">M. : Quand on parle de culture populaire, on la pense souvent par opposition ou par contraste avec son contraire : la « culture légitime », celle de l’école… Quel rapport avez-vous eu avec cette culture-là ? Fascination, rejet ?</p>
<p class="spip">K. : Franchement, ni l’un ni l’autre. Dire que tout est pourri, dans la culture populaire française, ce serait reprendre le même schéma que ceux qui disent que tout est pourri dans le rap. Tu as des grands auteurs… Et nous, on a la chance d’avoir été à l’école, on a plus ou moins suivi les cours de français, on a entendu parler de Hugo, de Zola… C’est vrai qu’à une époque, ça faisait bien, dans le rap, de dire « oui, moi je lis Hugo », et de le citer dans tes chansons. Ça permettait de faire genre « ah, voilà un rappeur cultivé ».<br />
Mais aujourd’hui, on a réussi à dépasser tout ça. Aujourd’hui, on a notre culture, et on en est fier. On peut parler d’IAM, d’Akhenaton, des phrases qu’il a pu sortir, de Marley… C’est aussi pour ça qu’on reprend des chansons chaabi, qui sont le témoignage de toute une histoire, ou qu’on reprend des poètes d’Algériens, comme Kateb Yacine. C’est notre culture. Aujourd’hui, je ne vais pas essayer de te citer Hugo, je vais te citer Marley, et les autres, parce que maintenant, on a conscience que cette culture-là, c’est une grande culture. C’est notre force, et surtout, elle ne vaut pas moins que l’autre culture, la culture instituée, celle qui est officiellement reconnue comme étant LA culture.</p>
<p class="spip">M. : <em>Tu dis qu’aujourd’hui les complexes ou la fascination sont dépassés, mais au départ, en ce qui vous concerne, comment vous êtes vous situés ? Les rappeurs qui citaient Hugo, vous en étiez ? Vous vous moquiez d’eux ?</em></p>
<p class="spip">K. : Ni l’un ni l’autre, vraiment. Je me souviens simplement des copies de français que je rendais à l’époque, quand j’étais en troisième. Il y avait comme une barrière, une incompréhension. Je pensais avoir cartonné, et le prof me mettait 3. C’était peut-être révélateur qu’on était dans des univers parallèles, on était chacun dans notre monde. Quand tu arrives à l’école, tu crois bien faire… Je fais mes devoirs, et le prof rend la copie, avec écrit « rien compris »… Je n’ai jamais eu envie ou besoin de dénigrer le truc, mais je n’ai jamais eu de fascination pour ce qu’on nous apprenait à l’école. On arrivait à l’école et on entrait dans le monde de l’école, on rentrait au quartier, et c’était le monde du quartier.</p>
<p class="spip">M. : <em>Dans votre musique, dans votre écriture, il y a quelque chose qui me paraît très ancré dans la culture populaire, c’est le fait que vous ne traitez pas de « grands sujets », comme l’Amour avec un grand A, ou le tragique de l’existence avec un grand T et un grand E. Vous racontez des histoires très simples, triviales, ancrées dans une réalité très concrète et très quotidienne.</em></p>
<p class="spip">S. : Quand on a commencé à réfléchir à un nom, Ministère des Affaires Populaires est venu assez vite. Ça évoque deux choses : il y a d’abord l’idée que ça appartient au peuple, mais « Ministère » amène aussi l’idée de la domination, parce que qui dit populaire dit classes populaires, classes dominées, classes pauvres, classes nombreuses… Ça évoque des gens qui nous ressemblent, parce que notre musique, elle est inspirée par ce qu’on voit, par les gens qu’on rencontre, par notre famille, nos voisins, nos connaissances. C’est simple : quand je suis en phase d’écriture, je sors me balader dans mon quartier, et je pars de ce que je vois. On est à la fois dans la chronique de terrain et dans la dénonciation. Et il nous arrive aussi d’être dans le second degré. On parlait de nos influences musicales, mais on est aussi les héritiers de Guignol, un guignol d’aujourd’hui : on met en scène notre réalité, on met en scène les politiques, avec les petites gens autour, quand on fait les « youyous » par exemple [<a id="nh3" class="spip_note" title="[3] Référence à la chanson Dans ma mairie, enregistrée avec le rappeur Axiom, (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh3&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article388#nb3&#8243;>3</a>]… Il y a un côté bouffonnerie, au sens politique du terme.</p>
<p class="spip">M. : <em>Votre approche est aussi populaire dans le sens où vous parlez beaucoup de vous mêmes, de votre identité. Un discours auto-centré, entre autoportrait (« voilà ce que je suis »), avertissement (« ne me prenez pas pour ce que je ne suis pas ») et revendication (« je suis ce que je suis, et tant pis si ça vous dérange »). Quelque chose qu’on retrouve dans de nombreuses formes artistiques populaires, aussi bien dans le rap que dans le reggae, chez Bob Marley, Peter Tosh…</em></p>
<p class="spip">K. : Ça, c’est le fruit de toute une histoire, une histoire bien connue. Celle de la « marche de l’égalité », devenue « la marche des beurs ». Le PS et SOS-Racisme ont mis sous tutelle des gens qui voulaient dire eux-mêmes, qui voulaient crier « attention, on est là, on proclame et on réclame l’égalité ». Et au final, c’est devenu « Touche pas à mon pote » : des gens qui venaient des partis, des associations, venaient parler des petits arabes et des petits noirs, en disant à la société de ne pas y toucher… Comme s’ils ne savaient pas le dire eux-mêmes. Le premier besoin que tu as, quand tu viens de là, c’est de dire « je ». « Je me définis moi-même, ce n’est pas toi qui vas me définir ». Nous, on a passé notre jeunesse à voir des gens parler de nous à la télé. C’est marrant que l’histoire retienne que Fadela Amara est passée chez Sarkozy. Quand elle parlait des cités, elle parlait du violeur terroriste qui enferme sa femme, et qui bat sa sœur, ou vice-versa. On se disait « mais putain, je suis ça moi ? ». Et au final, quand tu entends ça, tu n’as même plus envie de te fréquenter toi-même, tu te dis que tu es un salaud. Donc, tu as besoin de remettre les choses en place et de dire « voilà, nous, nous sommes ça… ».</p>
<p class="spip">S. : C’est une question de dignité, un sursaut d’orgueil. On est dans une société qui nie complètement l’histoire de nos parents. C’est le trou noir. Ces gens qui sont ceux qui comptent, qui sont les plus importants dans ta vie, les gens qui t’ont construit, les gens qui t’aiment, les gens qui te nourrissent, on les méprise. Et tous les gens qui te ressemblent a priori, dans ce monde, on les méprise : les Palestiniens, les Africains… On est vraiment des terroristes, des ramasse-poussière ? Quand tu te poses ces questions d’identité, tu les poses aussi en termes de lutte des classes, et de lutte tout court. Tu choisis ton camp, tu affirmes dans quel camp tu es. Tu t’identifies clairement, ce qui te permet aussi d’identifier clairement tes ennemis. À l’heure où Sarkozy et Hortefeux, BHL, Finkielkraut, Max Gallo… se battent pour l’identité française, c’est important. On a une chanson là-dessus dans le prochain album, le titre est clair : « Faudra faire avec ». Si tu demandes la nationalité française, même si tu vis en France depuis que tu es gamin, que tu as travaillé toute ta vie en France, on va te demander si tu parles l’arabe à tes enfants, à ta famille… Comme si c’était quelque chose de négatif, comme si c’était quelque chose de pas français. Comme si c’était mauvais pour la France, comme si ça représentait un danger, c’est humiliant et insultant. Quand tu vis tout ça, dire « je suis comme ça, il faudra faire avec », c’est une question de dignité.</p>
<p class="spip">K. : Ces gens-là n’ont pas compris que l’identité française, c’est une identité en mouvement. Ils ont une vision figée de l’identité de ce pays. Ils en sont encore à avoir peur de nous, les « nouveaux barbares » qui arrivons avec notre culture, notre langue, notre religion… Aujourd’hui, si tu veux parler de l’histoire de France, tu dois parler de l’histoire de tous les Français, y compris de la nôtre. Notre histoire, c’est aussi l’histoire qui nous a amenés à être français, c’est l’histoire de nos parents, de la colonisation. Mais c’est l’histoire de la colonisation vue du côté de l’indigène aussi. Ils ont peur qu’on change l’identité française, parce qu’ils n’ont pas compris qu’on est déjà au-delà de ça, que l’identité française a changé, de fait, parce que quelqu’un qui vient, vient avec son identité. Ils voudraient que tu sois invisible. Si tu ne peux pas être invisible, ils voudraient au moins que tu oublies toute cette histoire que tu traînes derrière toi. Ils voudraient pouvoir imposer l’identité française, c’est-à-dire t’imposer ton identité, te dire « voilà ce que tu es », et tu devrais l’accepter, tu devrais répondre « oui monsieur, je ne parle pas arabe, d’ailleurs je ne connais pas ces gens-là, je ne les fréquente pas moi-même ».<br />
Et donc dire « je suis ça », c’est être un témoin pour l’histoire. « Nous sommes là, nous existons. » Nous, nous avons la chance d’être un petit peu porte-voix, d’avoir une audience. On peut dire « cette histoire, l’histoire de nos parents, elle existe, et notre histoire qui prend la suite, elle existe, et elle fait partie de l’histoire commune de ce pays ». On est dans des sociétés mondialisées. Ça m’emmerde d’avoir des réflexions qui restent nationales.</p>
<p class="spip">M. : <em>Cette identité particulière, vous la déclinez dans plusieurs titres, notamment dans Manich Mena, où vous vous revendiquez fils d’immigrés et où vous rendez hommage à vos parents. Et puis dans Lillo, avec toute une litanie de marqueurs identitaires multiples : « Chuis un Lillo », « un Ch’ti, un Chabert, un prolo ». Dans cette litanie, il y a un silence que je trouve tout aussi éloquent que les identités énoncées, parce que c’est LE marqueur identitaire unique et exclusif qui est exigé dès qu’il est question des classes populaires issues de l’immigration et de la colonisation. C’est « français ». Et ce qui est fort c’est que la question est tout simplement absente. La chanson parle de « ce pays où on m’rappelle que j’suis pas chez moi », mais au moment du refrain, là où il s’agit de s’autodéfinir, la question ne se pose même plus.</em></p>
<p class="spip">S. : C’est drôle parce que, justement, il y a eu des malentendus sur ce titre. Il y a des gens qui ont compris Lillo comme un hymne au Nord de la France. Alors que ce n’est pas du tout ça… C’est une chronique de terrain, ça parle d’identité, donc ça parle de classes. Si les gens se sont retrouvés dedans, c’est parce qu’on raconte ce qu’ils vivent, on raconte la vie d’immigrés dans le Nord. Donc si on veut parler d’hymne, il faudrait plutôt dire « hymne à la classe ouvrière », avec forcément sa forte dimension immigrée, et un ancrage local qui est le mien mais qui ne porte aucune fierté régionaliste.</p>
<p class="spip">K. : À une époque, on se revendiquait de n’être pas uniquement français, on disait : « je suis français ET algérien ». Et avant ça, je disais : « je suis algérien ». Mais aujourd’hui, ces histoires de frontières, de nations, de nationalismes quel qu’ils soient, ça m’emmerde. Même si par rapport à l’histoire de mes parents, le cœur m’attire du côté de l’Algérie. Mais quand on revient de notre tournée en Palestine, après tout ce qu’on y a vu, on se dit : « je suis Palestinien ». Et si demain on va ailleurs, on dira la même chose. Aujourd’hui, on se situe plus par rapport à des idéaux que par rapport à une histoire de frontière. Regarde la Marseillaise. Elle est sifflée au Stade de France quand l’équipe de France joue contre l’Algérie, ou dernièrement contre la Tunisie…</p>
<p class="spip">M. : <em>Ça aussi d’ailleurs, on peut le rattacher à la culture populaire : aller au stade et siffler l’équipe adverse…</em></p>
<p class="spip">K. : Oui, mais ce n’est pas anodin. Derrière, Sarkozy convoque le président de la Fédération Française de Foot, Laporte dit qu’on ne jouera plus contre les Arabes… Mais personne ne se demande pourquoi de jeunes français (et tu ne peux pas leur enlever ça, c’est écrit sur leurs papiers) sifflent cet hymne… Ils le sifflent parce que c’est l’hymne avec lequel les soldats français sont arrivés sur le territoire de leurs parents. Est-ce que cet hymne-là n’est pas trop chargé de symboles liés au colonialisme, liés au sang versé par les ancêtres de certaines personnes qui aujourd’hui sont françaises, qui ne sont pas moins françaises que les autres ? Il ne peut donc qu’être sifflé, par des gens qui sont français, parce que leurs parents se sont battus pour la libération. Cet hymne-là est trop chargé de sang. Quand je l’entends, je vois les colons qui débarquent en Afrique du Nord. Cet hymne a retenti quand la France a été libérée, le 8 mai 1945, mais quand je l’entends, j’entends aussi Sétif, j’entends la guerre d’Algérie…</p>
<p class="spip">S. : Quand il y a eu les sifflets du Stade de France, on s’est amusé à faire le test : on a joué la Marseillaise en concert, et évidemment presque tout le monde a sifflé, et pas seulement les Arabes ! On a même demandé aux noirs et aux Arabes de ne pas siffler, pour voir, et évidemment les blancs ont sifflé eux aussi ! Il faut arrêter de se foutre de nous ! Comme si, en France, il n’y avait que les Arabes pour siffler la Marseillaise ! Comme si, chez les franco-français, il n’y avait pas d’anti-patriotisme… Comme si tous les blancs adoraient la Marseillaise, comme si les noirs et les Arabes étaient seuls à la siffler… Stigmatiser, diaboliser, marginaliser les enfants de l’immigration arabo-musulmane, voilà leur projet !</p>
<p class="spip">K. : Ce qui est sifflé, c’est donc ce que cet hymne véhicule. Alors moi, même si je ne suis pas spécialement porté sur tout ce qui est nation, frontière, hymne, je me demande : pourquoi ne pas changer d’hymne ? Pourquoi ne pas prendre un hymne moins équivoque, qui ne porte pas toute cette histoire de violences faites aux colonisés ? Par exemple, Mouss et Hakim ont chanté le Chant des Partisans, un chant majeur de l’histoire de France, le chant des résistants… Personne ne les a sifflés ! Au contraire, ils étaient applaudis par les jeunes des quartiers. Tu sens bien que cet hymne, la Marseillaise, colle bien à cette France réactionnaire, celle de la droite dure… Et c’est pour ça qu’elle est sifflée.</p>
<p class="spip">M. : <em>Tu dis « droite dure » mais le PS aussi s’est insurgé contre les sifflets ! Il y a eu des députés PS pour reprocher aux ministres d’avoir laissé le public siffler sans rien faire.</em></p>
<p class="spip">S. : C’est du politiquement correct. Tout le monde est d’accord pour dénoncer la discrimination raciale. Par contre, on dénonce rarement les privilèges raciaux. Pourtant les deux vont ensemble. S’il y a discrimination, alors il y a privilège. Nous, on s’inscrit dans une lutte qui est une lutte de classes, et dans cette lutte de classes s’inscrit la lutte contre le racisme… On entend rarement parler de privilège racial, de privilège ethnique. Parce que c’est politiquement incorrect : ils ont inventé tout un jargon pour nous mettre sur la touche, pour nous diviser entre nous. Quand tu prends clairement position contre le privilège racial blanc en France, tout le monde, y compris les gens qui subissent ces discriminations eux-mêmes, vient te voir pour te dire « attention, tu bascules dans la victimisation, le racisme anti-blanc… ». Quand tu prends position là-dessus en tant qu’artiste, ce n’est pas reçu comme tel : on va te définir comme un arabe issu de l’immigration, pas comme un intellectuel ou un artiste. Alors que si Blanchard [<a id="nh4" class="spip_note" title="[4] Allusion à Pascal Blanchard, chercheur travaillant sur l&#8217;histoire (&#8230;)&#8221; name=&#8221;nh4&#8243; href=&#8221;http://www.mouvements.info/spip.php?article388#nb4&#8243;>4</a>] dit la même chose, tout le monde va dire « oui, effectivement, c’est indéniable… ». Ou du moins, on ne va pas bondir de la même manière que si c’est moi qui le dis. Il y a un traitement raciste de l’analyse que fait un individu. Le blanc qui siffle la Marseillaise, on va le tolérer plus facilement que l’arabe qui la siffle… L’Arabe sera un « raciste anti-français », le blanc sera juste un « gauchiste ». L’Arabe n’a pas le droit d’être un gauchiste !</p>
<p class="spip">M. : <em>Mais par rapport à cette injonction de fidélité à la nation, au drapeau, à l’hymne, il y a différentes postures possibles. Il y a Abd Al Malik qui dit « La France elle est belle, on l’aime » (dans son dernier titre, C’est du lourd) ; à l’opposé il y a tous ceux qui refusent violemment l’injonction et qui disent « oui, je la siffle, la Marseillaise », et qui éventuellement expliquent pourquoi, par exemple Ekoué, dans un titre de La Rumeur. Ou bien de manière encore plus crue ceux qui disent qu’ils « niquent la France ». Ce que je trouve spécifique chez vous, c’est que vous esquivez, vous partez ailleurs, vous déclinez une identité propre, auto-définie, fils d’immigrés, ch’ti, Chabert, prolo, citoyen du monde, en opposant finalement quelque chose de très radical aux délires sur la francité : l’indifférence.</em></p>
<p class="spip">K. : C’est la même chose que ce que j’expliquais à propos de l’école… Tu vogues dans un monde parallèle. Tu as cultivé cette habitude d’être dans ton monde, d’être dans ta bulle, d’être dans ton truc. Et tu sais qui tu es, ce que tu es, ce que tu fais, pourquoi tu le fais. C’est une forme d’asservissement que de se dire « j’ai besoin de répondre aux questions qu’on me pose ».<br />
Assez vite tu traces ton chemin. Je n’arrive même pas à imaginer devoir répondre à ces questions, soit pour faire plaisir à untel, soit pour vexer untel. Le gotha, ceux qui représentent la culture instituée, ils sont tellement orientés par des préjugés, des a priori, par une méconnaissance de l’autre… Les Finkielkraut, Gallo, BHL, c’est tellement navrant, quand je les vois disserter à la télé !</p>
<p class="spip">S. : Ces gens-là, ils sont dangereux. Ils sont dangereux pour eux, ils sont dangereux pour la société… S’ils sont à ce niveau-là, c’est qu’ils sont dans un délire d’auto-protection. Ils sont paniqués. C’est plutôt eux qui ont du souci à se faire. Nous, on est là, on pousse, on arrive. Et ils l’ont vu, en novembre 2005… Bien entendu ce sont eux qui font les lois et nous qui les subissons, mais ils ont la trouille. La trouille de se faire complètement manger. La trouille que leur fille rencontre un mec comme moi et se retrouve avec un foulard sur la tronche…</p>
<p class="spip">M. : <em>À propos de foulard, vous faites partie des très rares artistes qui évoquent la phobie du foulard qui a déferlé sur la France à partir de 2003 (dans Elle est belle la France, ou Dans ma mairie). Said parlait tout à l’heure de politiquement correct, j’aurais envie de parler plutôt d’« esthétiquement correct ». Ce qui caractérise votre écriture, y compris par rapport à des artistes assez proches de vous comme Zebda, c’est aussi cette manière de parler de tout, même de ce qui fâche, et de manière crue, sans précaution, métaphore ou détour rhétorique. Avec des mots qui ne sont pas « esthétiquement corrects », des mots qu’on n’a pas l’habitude d’entendre dans des productions artistiques, même populaires – sauf peut-être dans le rap « radical », celui de Medine par exemple… Quand vous parlez d’Omar Raddad, dans Elle est belle la France, vous y allez directement, vous le nommez « ce jardinier Arabe, répondant au nom d’Omar Raddad », et vous dites que ce qui lui est arrivé vient du fait qu’il était « pauvre, analphabète et musulman ». La référence au voile, à l’islamophobie, ou le terme même d’« arabe », ce sont presque des gros mots, non seulement dans les formes plus distinguées de la culture, mais aussi dans l’essentiel de la culture de masse ; et chez vous il y a au contraire ce franc-parler qui me paraît propre à une certaine tradition vraiment populaire. Pas seulement un parler simple, à la portée de tous – parce que ça, on le retrouve dans toute la culture de masse : les textes d’Abd Al Malik par exemple sont très simples aussi, voire simplets, mais plutôt une certaine manière d’appeler un chat un chat.</em></p>
<p class="spip">K. : Tu te rends compte de ce que ça veut dire, du niveau de pression psychologique ! On en vient à s’étonner qu’on dise « arabe » quand il faut dire « arabe » ou qu’on dise « musulman » quand il faut dire « musulman » !</p>
<p class="spip">S. : On parlait de culture élitiste tout à l’heure ; avec Abd Al Malik, on est en plein dedans : c’est « le rappeur qui a lu Sartre », et tout le monde lui saute dessus, il est encensé par tout le monde. Moi, j’ai fait un rejet, quand j’étais gamin. J’ai fait un rejet de l’école, de la hiérarchie, de tout ce qui pouvait ressembler, de près ou de loin, à la culture élitiste, à la discipline. J’y suis revenu, aujourd’hui, parce que je suis curieux, peut-être… Les procédés poétiques, je les connais, parce que je fais des ateliers d’écriture. Mais c’est vrai qu’on a envie d’avoir une écriture qui soit la parole des gens de la rue. En plus, on vient du Nord, les gens ont l’accent, le vocabulaire est simple, cru… On a fait le parcours qui est le nôtre et on n’a pas besoin de se positionner par rapport à d’autres. Notre monde a ses limites aussi, comme notre franc-parler, avec, au final, assez peu de poésie, dans le sens métaphorique du terme. Ce qui pose problème, ce n’est pas Abd Al Malik – il a certainement du talent, en plus. Le problème, c’est le traitement qui en est fait dans les médias : un mec des quartiers, un ancien bandit, en plus, qui lit Sartre. Ça fait classe, ça fait mieux que les autres. C’est une forme de colonialisme, ça aussi : « enfin un noir qui nous ressemble, enfin un noir qui a la culture élitiste, enfin un mec des quartiers qui a su s’intégrer ». C’est devenu un symbole de l’intégration intellectuelle.</p>
<p class="spip">K. : Le problème, ce n’est pas de dire si untel est infréquentable ou pas. Le problème, c’est qu’à un moment donné, des gens ont décrété que toi, tu es infréquentable. On veut t’imposer une identité. C’est comme l’histoire du voile. Au moment de la première affaire de voile, Harlem Désir avait dit « laissez les faire, entre le voile et le jean, pour finir, elles choisiront le jean ». Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Elles choisissent le voile ? Et alors ? Ma mère a 50 ans, elle ne porte pas le voile. Elle est de tradition arabe, de culture arabe, et elle aimerait bien pouvoir aller à la piscine sans mecs. Si tu en parles, c’est l’unanimité : 99 % des Français vont te parler de danger pour la République, des islamistes qui veulent imposer leurs lois à la République laïque… Alors qu’on parle juste de ma mère qui aimerait bien aller une fois par semaine à la piscine ! C’est absurde.<br />
C’est toujours la même chose. Quand tu poses des vrais problèmes, tu deviens un problème et on n’a plus envie de t’entendre, on a envie de te cacher parce que tu es dangereux. J’ai connu ça, en tant qu’observateur, quand j’étais à la fac, en sciences. Tariq Ramadan faisait des conférences dans les universités. À l’époque, j’allais voir, intrigué. Il m’a étonné, parce que c’était la première personne que j’entendais dire « un bon musulman est un bon citoyen » et je trouvais que ça dénotait d’autres propos que je pouvais entendre dans le quartier. À cette époque-là, il était ultra-fréquentable, il était même à la mode ! Max Gallo l’appréciait, il était invité sur tous les plateaux télé. Il a toujours défendu le dogme de la compatibilité entre Islam et laïcité. Et puis ces gens-là se sont rendus compte que son discours était dangereux, parce que dire à quelqu’un « oui tu peux être un bon citoyen et un bon musulman, un bon musulman c’est un bon citoyen », ça veut dire qu’il n’y a pas à choisir entre ta tradition, ta culture, et la société. Alors que pour eux, il faut que tu choisisses, et que ton choix se porte sur la société française. Pour eux, les deux ne sont pas compatibles, et un « Islam de France » ne serait pas un vrai Islam. Ils lui ont vite préféré Dalil Boubakeur, et du jour au lendemain, Tariq Ramadan est devenu infréquentable. Alors qu’il n’a jamais prôné la violence…</p>
<p class="spip">M. : <em>Vous avez clairement défini la dimension populaire de votre « Ministère » comme une donnée biographique (vous venez des classes populaires, vous évoluez toujours dans les classes populaires), comme un parti pris esthétique (vous traitez des « affaires populaires », dans une forme artistique populaire, une musique populaire, une écriture populaire) mais aussi comme un engagement politique : un parti pris pour les classes populaires, contre les classes dominantes. Comment ce parti pris se décline, dans les faits, au niveau de vos choix de carrière, par exemple le choix des réseaux de diffusion pour votre musique ? Certains choix sont des actes politiques clairs : une tournée en Palestine qui vous a beaucoup marquée, des concerts gratuits pour des groupes militants comme Survie, les Indigènes de la République, les collectifs de sans-papiers, ou même pour José Bové et pour Besancenot pendant la campagne présidentielle. Dans le même temps, on vous a vus sur France Télévision concourir pour représenter la France à l’Eurovision. C’était assez surprenant, pas une mauvaise surprise d’ailleurs, mais c’est une autre dimension du « populaire » : la volonté de toucher le plus grand nombre. Comment vous situez-vous, justement, par rapport aux grands circuits de diffusion de la culture de masse, notamment les grandes chaînes de télévision ?</em></p>
<p class="spip">K. : On s’est posé beaucoup de questions avant d’accepter le truc de l’Eurovision… Et puis on s’est dit qu’on allait y aller pour gagner une audience plus large… On a fait passer un petit message politique dans le sujet qui nous était consacré, on a joué notre morceau… On aurait pu y aller de manière un peu plus forte, c’est le seul regret.<br />
S. : Personnellement, je ne le referais plus. Quand tu es à la télé, tu es exactement dans ce qu’on dénonçait juste avant. C’est de la vraie censure : tu dois juste faire plaisir, pour que les annonceurs puissent passer leur pub. Avant qu’on monte sur scène, ils nous ont dit, et ils l’ont dit seulement au MAP : « si ça dérape, on coupe la diffusion tout de suite, on a des techniciens qui sont prêts pour ça ». Nous, on était là, on s’est demandés si on montait sur scène ou pas, parce qu’on avait plus vraiment envie de le faire… Aller dans un espace de censure, le cautionner…<br />
K. : Moi, je le referais, mais je profiterais du direct et je ferais un attentat artistique.<br />
S. : Ma position, maintenant, c’est de boycotter ces espaces, les espaces dominants. Je préfère qu’on crée nos propres espaces, des sites internet, des radios, des petites salles… Ces espaces créent des rapports de force.<br />
K. : On nous a invités chez Drucker, quand Besancenot est passé. On a décidé de ne pas y aller…<br />
S. : On ne veut pas cautionner Drucker. Ce n’est pas notre camp, c’est l’ami des puissants, et puis je n’ai pas envie qu’on me dise « arrêtez de vous plaindre, Drucker vous a donné la parole ». Je n’ai pas envie de m’agiter dans leurs espaces, je préfère encore créer mon propre espace, quelque chose qui m’appartienne. Il faut être clair, il faut être audible.<br />
K : Ceci dit, la question a fait débat dans le groupe, et elle le fait à chaque occasion qui nous est présentée : on n’a pas de dogme fixe qui nous permet de répondre en général. On en rediscute à chaque fois, au cas par cas, ça dépend de quel média nous invite, dans quelle émission, pour faire quoi, avec quelle marge de liberté… On n’a pas trouvé LA bonne ligne, et elle n’existe sans doute pas.</p>
<p class="spip"><em>L’entretien s’achève ici : Kaddour doit partir prendre son train. Said répond donc seul à une série de questions.</em></p>
<p class="spip">M. : <em>Le prochain album s’appelle Les Bronzés font du Ch’ti… Bienvenue chez les Ch’tis, ça vous parle ?</em></p>
<p class="spip">S. : Tout d’abord, je ne mets pas en question les intentions ou l’intégrité d’un artiste. Dany Boon fait un film sur le Nord de la France, sur un petit bled du côté de Dunkerque, pourquoi pas… La caricature ne me dérange pas… Mais le problème que pose ce film, c’est qu’il contribue à galvauder le mot « populaire ». Ce n’est pas populaire au sens où nous, on l’entend.</p>
<p class="spip">M. : <em>Pourtant il y a bien une certaine volonté de rendre hommage aux Ch’tis, d’être dans la caricature mais avec bienveillance, de donner une image positive du Nord…</em></p>
<p class="spip">S. : Mais moi je m’en fous, de l’image que je donne ! Je n’ai pas à donner une image positive de moi. On revient à ce qu’on disait tout à l’heure : pourquoi est-ce que j’aurais une image négative ? Pourquoi est-ce que je devrais avoir honte de ce que je suis ? Parce que je suis un arabe ? Parce que je suis un ch’ti ? Parce que je suis de Roubaix ? Pourquoi est-ce que je devrais prouver aux gens que je suis autre chose que ce que je suis ? C’est comme les Palestiniens qui doivent toujours prouver qu’ils ne sont pas des terroristes.</p>
<p class="spip">M. : <em>Mais cette image que donne le film, d’une réalité que tu connais, et que tu chroniques toi aussi dans ton propre travail, tu peux la trouver plus ou moins juste. Le Nord du film de Dany Boon, tu t’y retrouves ? Il ressemble à celui que tu connais ?</em></p>
<p class="spip">S : Peut-être qu’il montre les gens du Nord comme ils sont… Mais en oubliant nos parents… Les noirs et les Arabes, ils n’y sont pas. Ça ressemble au Nord, oui, sauf que mes parents n’y sont pas… C’est la France d’Astérix, alors que le Nord, c’est une terre d’immigration. Mais au fond, ce film, je m’en fous, il y a même des trucs drôles, qui m’ont fait marrer. Mais c’est comme pour Abd Al Malik : le problème, c’est la manière dont il est récupéré. On est dans l’exaltation de la France profonde, d’une France blanche… C’est du nationalisme hyper-maquillé. La grosse différence entre ce film et ma chanson Lillo, c’est que Lillo dénonce des choses : la misère sociale, les contrôles au faciès, les expulsions, les magouilles des socialos, si bien que des gens de tous les quartiers populaires, à Marseille ou aux quatre coins de la France, me disent qu’ils s’y sont reconnus aussi. Mon but, c’est de dénoncer, de déranger. Dany Boon, il ne dérange personne, il ne dénonce rien, il est hyperconsensuel. Il fait un film pour divertir, avec des histoires d’amour, de beuverie… En fait, ces gens-là, Dany Boon, Kad Merad, ils se disent issus des classes populaires, mais ce sont des amis de Sarkozy ! Ce sont les amis du président de la droite dure, du président des racistes et des islamophobes ! Ils ne sont pas dans mon camp. En fait, ils me dégoûtent !</p>
<p class="spip"><em>Propos recueillis à Paris le 22 octobre 2008 et retranscrits par Nicolas Haeringer.</em></p>
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		<title>Sang et chlorophylle. Moi, agité du bocal ou esprit libre ?</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 00:47:53 +0000</pubDate>
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